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  <title>La science, la cité</title>
  <description><![CDATA[Le blog d'Antoine Blanchard alias Enro]]></description>
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<item rdf:about="http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2010/03/09/426-quelques-rendez-vous">
  <title>Quelques rendez-vous</title>
  <link>http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2010/03/09/426-quelques-rendez-vous</link>
  <dc:date>2010-03-09T08:15:02+01:00</dc:date>
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  <dc:subject>G&amp;eacute;n&amp;eacute;ral</dc:subject>
  <description>J'ai publié il y a quelque temps un billet sur le blog collectif du Pris(m)e de tête, sous-titré "Les sciences vues par les sciences humaines et sociales". Celui-ci vient de rejoindre le C@fé des sciences et j'en suis ravi ! Le billet en question se demandait à qui profite la vulgarisation...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>J'ai publié il y a quelque temps un billet sur le blog collectif du <em><a href="http://www.leprisme.eu/blog/">Pris(m)e de tête</a></em>, sous-titré "Les sciences vues par les sciences humaines et sociales". Celui-ci vient de rejoindre le C@fé des sciences et j'en suis ravi&nbsp;! Le billet en question se demandait <a href="http://www.leprisme.eu/blog/?p=317">à qui profite la vulgarisation scientifique</a> et je ne peux que vous encourager à y faire un tour&nbsp;!</p>


<p>Surtout, j'invite les Parisiens à une soirée-débat sur le web 2.0 organisée vendredi 12 mars par l'association <a href="http://scienceouverte.fr/">Science ouverte</a>. J'interviendrai aux côtés de Julien Fayolle (vice-président de Wikimédia France) et Nicolas Loubet (<a href="http://www.groupe-traces.fr">groupe Traces</a> et <a href="http://www.umaps.fr">Umaps</a>) pour parler de blogs, réseaux sociaux, Wikipédia et web collaboratif. Les infos pratiques sont sur la <a href="http://www.facebook.com/event.php?eid=313746567729">page Facebook</a> et le <a href="http://scienceouverte.fr/spip/spip.php?article147">site web de l'événement</a>.</p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2010/03/06/425-les-maths-a-la-sueur-de-son-front-ou-l-imagination-de-son-inconscient">
  <title>Les maths, à la sueur de son front ou l'imagination de son inconscient ?</title>
  <link>http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2010/03/06/425-les-maths-a-la-sueur-de-son-front-ou-l-imagination-de-son-inconscient</link>
  <dc:date>2010-03-06T10:08:34+01:00</dc:date>
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  <dc:creator>Enro</dc:creator>
  <dc:subject>G&amp;eacute;n&amp;eacute;ral</dc:subject>
  <description>Le mathématicien Martin Andler intervenait cette semaine dans le séminaire "Le rôle de l'imaginaire dans la découverte", co-organisé par l'Observatoire de Paris et l'université Versailles-Saint-Quentin. Son sujet était la création en mathématiques et en particulier la place de l'erreur.


L'exemple...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Le mathématicien <a href="http://www.math.uvsq.fr/~andler/">Martin Andler</a> intervenait cette semaine dans le <a href="http://www.lesia.obspm.fr/perso/thomas-widemann/science/history/id.html">séminaire "Le rôle de l'imaginaire dans la découverte"</a>, co-organisé par l'Observatoire de Paris et l'université Versailles-Saint-Quentin. Son sujet était la création en mathématiques et en particulier la place de l'erreur.</p>


<p>L'exemple de Henri Poincaré travaillant sur le <a href="http://drgoulu.com/2008/11/16/le-probleme-a-n-corps/">problème des 3 corps</a> offre un cas intéressant pour aborder cette question&nbsp;: suite à la création d'un prix de mathématiques par le roi de Suède, sur une idée du mathématicien <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gösta_Mittag-Leffler">Gösta Mittag-Leffler</a>, il soumet son travail et remporte le prix et sa dotation de 2 500 couronnes le 21 janvier 1889. Le jeune mathématicien <a href="http://www.math.uio.no/abel/1902/Phragmen.html">Lars Edvard Phragmén</a> (26 ans) est chargé de préparer la publication du long mémoire de Poincaré quand il tombe sur un passage obscur, alerte Mittag-Leffler qui écrit à Poincaré, lequel découvre alors une erreur substantielle à un autre endroit. Poincaré écrit une lettre embarrassée à Mittag-Leffler (en affirmant qu'il entrevoit déjà quelque solution) et il récupère les exemplaires qui circulent déjà. Le scandale est évité, charge à Poincaré de rembourser les frais d'impression soit 3.500 couronnes. Il achève en janvier 1890 la réparation de l'erreur. Le mémoire est publié à l'automne, sans véritable mention de la contribution de Phragmén mais celui-ci bénéficiera de la recommandation de Poincaré qui aidera sa jeune carrière.</p>


<p>L'erreur en question, sur lequel Poincaré travailla si longtemps avant d'en trouver une solution, était son idée que les deux courbes positives et négatives symptotiques coïncident&nbsp;: non seulement ce n'est pas le cas mais pour le montrer, Poincaré dut concevoir l'existence de trajectoires chaotiques. Cette erreur fut féconde<sup>[<a href="#pnote-425-1" id="rev-pnote-425-1">1</a>]</sup> et Martin Andler nous dit que l'erreur est toujours possible et, dans une certaine mesure, la récompense est proportionnelle au risque.</p>


<p>Généralisant au problème de l'invention et de la création en mathématiques, Andler nous rappelle la fameuse citation de Poincaré&nbsp;:</p>


<blockquote><p>Au moment où je mettais le pied sur le marchepied, l'idée me vint, sans que rien dans mes pensées antérieures parût m'y avoir préparé, que les transformations dont j'avais fait usage pour définir les fonctions fuchsiennes étaient identiques à celles de la Géométrie non euclidienne. Je ne fis pas la vérification, je n'en aurais pas eu le temps, puisque à peine dans l'omnibus je repris la conversation commencée; mais j'eus tout de suite une entière certitude. Le retour à Caen, je vérifiai le résultat à tête reposée pour l'acquit de ma conscience.</p></blockquote>


<p>C'est ce que Poincaré écrit à 54 ans dans son essai "Science et méthode", se rappelant un épisode advenu dans sa prime jeunesse. Il donne la même année sa conférence "L'invention mathématique" où il écarte les qualités qui devraient têtre communes aux mathématiciens en admettant que sa mémoire est fragile, son attention limitée, qu'il est un mauvais calculateur et donc un mauvaise joueur d'échec. Les mathématiques, affirme-t-il, ne sont pas un alignement mécanique de calculs ou de raisonnements logiques élémentaires&nbsp;: ce qui compte c'est de sélectionner <q>parmi les innombrables faits qui se présentent, ceux qui ou leur analogie avec d'autres faits, sont susceptibles de conduire à la connaissance d'une loi mathématique</q>. Le raisonnement mathématique fonctionne par analogie et tout le travail (involontaire) consiste à faire émerger au niveau conscient, parmi ces combinaisons diverses produites par l'inconscient, celles qui affecteront le plus la sensibilité du mathématicien par leur beauté et leur harmonie.</p>


<p>On retrouve ici l'idée selon laquelle les mathématiciens décrivent leur travail en mettent en avant élégance, beauté des formes et des structures, imagination&#8230; vs. ce que le grand public (souvent élevé à la dure école des mathématiques) en dit&nbsp;: des chiffres et de la logique qui s'opposent à la liberté de l'imagination. Sauf que ce grand partage est presque trop beau pour être vrai. Je doute que pour tout mathématicien la recherche ne soit qu'esthétique et poésie. J'aurais tendance à voir dans ce discours un travail de fabrication d'une identité professionnelle et surtout de démarcation<sup>[<a href="#pnote-425-2" id="rev-pnote-425-2">2</a>]</sup> vis-à-vis des mathématiques scolaires ou appliquées.</p>


<p>Ainsi, les exemples de mathématiciens qui ont mis en avant la dimension esthétique ou inconsciente de leur travail sont souvent des pointures exceptionnelles et non la généralité. Pensons à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Hadamard">Jacques Hadamard</a>, un des grands mathématiciens du début du XXe siècle français, qui donne dans son <em>Essai sur la psychologie de l'invention dans le domaine mathématique</em> toute sa place à l'intuition. Est-ce parce que ces mathématiciens, après avoir tout prouvé, peuvent se permettre de révéler un peu de leur méthode qui est moins glorieuse qu'on n'aurait pu le penser &#8212; ou bien parce que ces mathématiciens sortent nettement du lot&nbsp;?</p>


<p>Bien des questions restent ouvertes, mais il est crucial de se les poser&nbsp;!</p>
<div class="footnotes"><h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-425-1" id="pnote-425-1">1</a>] S'il n'avait pas fait l'erreur, Poincaré aurait quand même pu soumettre un mémoire avec de nombreuses avancées et remporter le prix — ce n'est donc pas sûr qu'il aurait vu ce que l'erreur l'a forcé à voir.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-425-2" id="pnote-425-2">2</a>] Les sociologues des sciences parlent souvent de travail de démarcation ou <em>boundary-work</em>, en particulier dans la construction de la démarcation entre science et non-science. Cf. Thomas F. Gieryn, "Boundary-Work and the Demarcation of Science from Non-Science : Strains and Interests in Professional Ideologies of Scientists", <em>American Sociological Review</em>, 1983, 48 (6) : 781-795.</p></div>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2010/02/06/423-lecture-hivernale-comment-faire-traire-les-grenouilles-de-christophe-recoura">
  <title>Lecture hivernale : "Comment faire taire les grenouilles" de Christophe Recoura</title>
  <link>http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2010/02/06/423-lecture-hivernale-comment-faire-traire-les-grenouilles-de-christophe-recoura</link>
  <dc:date>2010-02-06T15:32:14+01:00</dc:date>
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  <dc:creator>Enro</dc:creator>
  <dc:subject>G&amp;eacute;n&amp;eacute;ral</dc:subject>
  <description>L'an dernier à cette époque, je lisais un livre à mi-chemin entre le compte-rendu naturaliste et les miscellanées populaires. J'ai décidé d'approfondir cette veine avec Comment faire taire les grenouilles, un ouvrage courageux de Christophe Recoura paru aux petites éditions FYP. Pourquoi...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>L'an dernier à cette époque, je <a href="http://enroweb.com/blogsciences/index.php?2009/01/16/367-lecture-hivernale-le-bestiaire-amazonien-de-francois-feer">lisais un livre</a> à mi-chemin entre le compte-rendu naturaliste et les miscellanées populaires. J'ai décidé d'approfondir cette veine avec <em>Comment faire taire les grenouilles</em>, un ouvrage courageux de Christophe Recoura <a href="http://www.fypeditions.com/comment-faire-taire-les-grenouilles-2000-ans-de-science-extravagante-et-danimaux-curieux/">paru aux petites éditions FYP</a>. Pourquoi courageux&nbsp;? Parce que republier des extraits d'encyclopédies naturalistes, illustré d'images rares servies par une belle photogravure et un beau papier, semble promis à un échec à la fois financier et intellectuel. Qu'est-ce que de vieux grimoires ont à nous apprendre sur les animaux aujourd'hui ?!</p>


<p class="center"><img src="http://fypeditions.com/wp-content/uploads/2009/12/grenouilles.gif" alt="" /></p>



<p>Ouvrir ce livre, c'est donc embarquer pour un voyage au pays des cabinets de curiosité, où connaissances savantes et contes populaires se mélangent allègrement. Christophe Recoura puise autant chez Albert le Grand (l'alchimiste) que Pline l'ancien (celui qui mourut près de Pompéi, en allant étudier l'éruption du Vésuve), mais aussi l'abbé Spallanzani (qui mit des culottes aux grenouilles) et Quatremère d'Isjnoval (qui fit d'excellentes prédictions météo en regardant les araignées tisser leur toile). Ces étranges savants sont aussi importants que les textes que Ch. Recoura a compilé pour nous, puisque comprendre les auteurs permet de comprendre les auteurs (et réciproquement)&nbsp;: nous sommes dans un monde où la connaissance n'est pas désincarnée mais se raconte.</p>


<p>Nous avons donc là un pot pourri de petites histoires, qui montre que le savoir a eu ses limites et qu'il en a toujours autant. L'auteur lui-même se trompe au moins une fois sur l'ornithorynque, quand il raconte que Wilhelm Haacke et William Caldwell ont découvert simultanément en août 1884 que l'ornithorynque pondait des &#339;ufs (comme on le lit un peu partout). En fait, Haacke (directeur du musée d'Adélaïde) avait découvert le premier &#339;uf d'échidné. Comme il le <a href="http://www.jstor.org/stable/114220" hreflang="en">raconte lui-même</a>&nbsp;:</p>


<blockquote><p>On the 3rd of August, 1884, a number of living specimens of <em>Echidna hystrix</em> were brought to Adelaide from Kangaroo Island, where they had been captured some days previously. I was unable to procure more of them than two, a male and a female, as the others had been disposed of before I heard of them. But those two afforded me the good fortune of making a discovery that, in our days, perhaps no naturalist would have expected to make. I found an egg in the mammary pouch of the female, and was thus enabled to prove that <em>Echidna</em> is really an oviparous mammal. This discovery was made on the 25th of August; it was announced, and the egg was exhibited at the meeting of the Royal Society of South Australia on the 2nd of September; the scientific society referred to being the first one on record, the members of which had an opportunity of examining an egg laid by one of the Monotremata.</p></blockquote>


<p>Si l'époque des articles scientifiques qui se lisent comme des romans et des premières scientifique et naturalistes vous fascine (on montrait pour la première fois que les monotrèmes, des mammifères dont font partie l'échidné et l'ornithorynque, pondent des &#339;ufs&nbsp;: rendez-vous compte !), ce livre est fait pour vous. Vous saurez l'histoire de la découverte du magnétisme animal, du <a href="http://bacterioblog.over-blog.com/article-26654557.html">rhinocéros</a> et du corail qui n'était pas une plante mais un animal&#8230; Et entre découvertes et pseudo-découvertes, votre esprit critique sera soumis à dure épreuve&nbsp;!</p>


<p><em>Nota bene</em>&nbsp;: mon exemplaire m'a été offert par les éditions FYP lors du <a href="http://barcamp.org/BookCampParis2">BookCampParis2 à la Cantine</a> et je les en remercie.</p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2010/02/03/422-pourquoi-paris-7-recrute-un-prix-nobel">
  <title>Pourquoi Paris 7 recrute un prix Nobel</title>
  <link>http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2010/02/03/422-pourquoi-paris-7-recrute-un-prix-nobel</link>
  <dc:date>2010-02-03T14:58:46+01:00</dc:date>
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  <dc:creator>Enro</dc:creator>
  <dc:subject>G&amp;eacute;n&amp;eacute;ral</dc:subject>
  <description>La nouvelle est tombée avec quelque fracas : l'université Paris-Diderot vient de recruter comme professeur le cosmologiste George Smoot. Et alors, me direz-vous ? Elle a recruté 14 professeurs en 2009 et le laboratoire Astroparticule et cosmologie qui l'accueille compte rien de moins que...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>La nouvelle est tombée avec quelque fracas&nbsp;: l'université Paris-Diderot vient de recruter comme professeur le cosmologiste George Smoot. Et alors, me direz-vous&nbsp;? Elle a recruté <a href="http://www.univ-paris-diderot.fr/recrut.php">14 professeurs en 2009</a> et le <a href="http://www.apc.univ-paris7.fr/APC_CS/">laboratoire Astroparticule et cosmologie qui l'accueille</a> compte <a href="http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2010/02/le-nobel-georges-smoot-embauché-à-paris7.html">rien de moins que 180 personnes</a>. Non, la grosse nouvelle, c'est que George Smoot a obtenu en 2006, avec John C. Mather, le prix Nobel de physique pour ses travaux sur le fond diffus cosmologique. Et ça, c'est pas n'importe quoi. Après la surprise, voire l'émotion, vient l'étonnement&nbsp;: que diable vient faire George Smoot à Paris&nbsp;? Lui-même <a href="http://www.univ-paris-diderot.fr/Mediatheque/spip.php?article93">s'explique dans une vidéo</a> qu'il a bien voulu enregistrer pour nous et que l'université a bien voulu sous-titrer. En bref, il est déjà venu à Paris (Collège de France) pendant quelques semaines en 2002 et avait noué de bonnes relations avec les membres du laboratoire APC. Il est revenu en 2008 grâce à une chaire Blaise Pascal et entérine sa collaboration avec Paris 7 par ce recrutement.</p>


<p>Mais ce qui m'intéresse, ce sont les raisons pour lesquelles cette université, en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par la loi sur l'autonomie des universités, a voulu ce recrutement. Quelques hypothèses&nbsp;:</p>
<ul>
<li><a href="http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2010/02/le-nobel-georges-smoot-embauché-à-paris7.html">d'après Sylvestre Huet</a>, avec un prix Nobel dans ses rangs, Paris 7 va faire un bond dans le classement de Shangaï&nbsp;: le nombre de prix Nobel dans le corps professoral de l'institution compte en effet pour 20 % de sa note finale, et celle qui patine aujourd'hui <a href="http://www.arwu.org/ARWU2009_2.jsp">entre les 101e et 151 rangs</a> pourrait remonter dans le top 100 mondial. <strong>Sauf que</strong> le classement de Shanghaï crédite l'institution à laquelle le chercheur était affilié au moment où il reçoit son prix, et pas celle(s) qu'il a rejoint ensuite<sup>[<a href="#pnote-422-1" id="rev-pnote-422-1">1</a>]</sup>&nbsp;!</li>
<li>un prix Nobel va pouvoir mener une recherche d'excellence (selon l'expression consacrée). Les travaux d'Yves Gingras et son équipe québecoise de bibliométrie <a href="http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0004048">ont effectivement montré</a> qu'après 50 ans (Smoot a 65 ans), les chercheurs ont une baisse de productivité et donc diluent moins leurs articles à fort impact, qui restent en nombre à peu près constant &#8212; augmentant ainsi la visibilité et l'excellence nette de leur institution&nbsp;;</li>
<li>en digne prix Nobel, George Smoot possède un excellent réseau constitué de personnes-clés et mène de nombreuses activités qui font vivre ce réseau (comme <a href="http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2010/02/le-nobel-georges-smoot-embauché-à-paris7.html">l'écrit S. Huet</a> avec un soupçon d'ironie&nbsp;: <q> il avait un avion pour le Japon et dirige un centre en Corée</q>). Ne doutons pas qu'il saura développer de nombreux partenariats au sein de Paris 7&nbsp;;</li>
<li>enfin, comme je l'écrivais dans un <a href="http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2008/10/12/322-a-quoi-sert-un-prix-nobel">billet précédent</a>, les prix Nobel ne sont pas que des experts de leur domaine et possèdent souvent une "expertise projetée" qui consiste à  appliquer à un domaine l'expertise acquise dans un autre et leur permet de parler à chacun, d'évaluer différentes options, de faire les choix qui se révéleront finalement les plus pertinents &#8212; bref, d'être l'huile qui va faire mieux tourner les rouages de la science. Dans le cas du laboratoire APC, cela augure d'une dynamique positive et d'un bon développement pour les années à venir.</li>
</ul>

<p>Cette dernière hypothèse semble la plus fondée puisque le <a href="http://sciences.blogs.liberation.fr/files/smoot_cp_2010.pdf">communiqué de presse de l'université</a> (<a href="http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2010/02/le-nobel-georges-smoot-embauché-à-paris7.html">via Sylvestre Huet</a>) explique que G. Smoot <q>ambitionne (&#8230;) de créer un centre de cosmologie, comme celui qu&#8217;il a su développer à l&#8217;Université de Berkeley</q>, lequel <q>permettrait de renforcer la cohérence des laboratoires parisiens</q> en même temps que <q>George Smoot travaillera en interaction avec les différentes équipes de ce laboratoire et orientera ses travaux vers les développements des futures missions spatiales en cosmologie</q>. Finalement, même si les bénéfices seront indirects et longs à venir, je ne pense pas <a href="http://twitter.com/tomroud/status/8586574055">comme Tom Roud</a> que George Smoot prend la place d'un jeune chercheur. Ce qu'il va faire à Paris, sans doute nul autre n'aurait été à même de le faire, et cela bénéficiera en retour à la communauté avec encore plus de postes et de crédits&nbsp;! Où l'on voit également que les insinuations rapides sur la classement de Shanghaï son mal fondées (ou alors l'université Paris-Diderot a bien mal calculé son coup)&#8230;</p>
<div class="footnotes"><h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-422-1" id="pnote-422-1">1</a>] Comme le précise la <a href="http://www.arwu.org/ARWUMethodology2009.jsp">note méthodologique</a> : <q>Award = the total number of the staff of an institution winning Nobel Prizes in Physics, Chemistry, Medicine and Economics and Fields Medal in Mathematics. Staff is defined as those who work at an institution at the time of winning the prize</q></p></div>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2009/12/01/421-enseigner-des-controverses">
  <title>Enseigner des controverses</title>
  <link>http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2009/12/01/421-enseigner-des-controverses</link>
  <dc:date>2009-12-01T00:32:52+01:00</dc:date>
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  <description>J'ai déjà parlé sur ce blog des façons de montrer la "science chaude" en classe et de son intérêt pour l'éducation à la citoyenneté, afin d'apprendre à nos têtes blondes non seulement quelle est l'équation fondamentale de la dynamique mais aussi ce qu'est un expert, comment la science fonctionne (je...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>J'ai déjà <a href="http://enroweb.com/blogsciences/index.php?2008/02/17/260-science-chaude-et-education-a-la-citoyennete">parlé sur ce blog</a> des façons de montrer la "science chaude" en classe et de son intérêt pour l'éducation à la citoyenneté, afin d'apprendre à nos têtes blondes non seulement quelle est l'équation fondamentale de la dynamique mais aussi ce qu'est un expert, comment la science fonctionne (je veux dire <em>réellement</em>), comment confronter les discours pour se faire un avis etc. L'étude des controverses socio-techniques ou questions socialement vives (OGM, virus A/H1N1, réchauffement climatique&#8230;) permet d'entrer dans ces questionnements complexes et assez nouveaux pour l'école.</p>


<p>Forcément, c'est un vaste sujet et je n'ai fait que l'effleurer &#8212; par curiosité intellectuelle ici, à titre professionnel lors d'un <a href="http://www.deuxieme-labo.fr/blog/atelier-sur-lornithorynque-pour-le-jeune-public/">festival de science</a>. J'ai donc été content d'apprendre qu'une chercheuse en didactique de l'ENS Cachan, Virginie Albe, avait <a href="http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=2125">publié un livre</a> aux Presses universitaires de Rennes sur cette seule question. J'en ai profité pour le lire et mon compte-rendu détaillé est à voir <a href="http://www.liens-socio.org/article.php3?id_article=6089">chez les voisins de Liens socio</a>&nbsp;!</p>


<p>J'en profite également pour signaler que Marine Soichot, doctorante au Muséum national d'histoire naturelle, est <a href="http://www.rechercheencours.fr/REC/Podcast/Entrées/2009/11/27_Au_travers_du_prisme_des_SHS.html">passée il y a quelques jours</a> dans l'émission "Recherche en cours" pour parler du blog <a href="http://www.leprisme.eu/blog/">Pris(m)e de tête</a> et qu'elle a raconté avec talent son travail sur la représentation des controverses (en l'occurrence le réchauffement climatique) au musée. Je vous conseille chaudement de l'écouter&nbsp;!</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2009/11/20/327-lhc-les-choses-serieuses-recommencent">
  <title>LHC, les choses sérieuses (re)commencent...</title>
  <link>http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2009/11/20/327-lhc-les-choses-serieuses-recommencent</link>
  <dc:date>2009-11-20T18:15:30+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Enro</dc:creator>
  <dc:subject>G&amp;eacute;n&amp;eacute;ral</dc:subject>
  <description>...et je ne peux m'empêcher de publier cette vignette empruntée à Vroom Tchac Zowie :



Cliquer sur la case pour lire la suite de l'histoire

Pour en savoir plus, le compte Twitter du CERN relate les événements au fur et à mesure — des événements qui se précipitent à un train (ou...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>...et je ne peux m'empêcher de publier cette vignette empruntée à <a href="http://vroom-tchac-zowie.blogspirit.com/archive/2007/01/02/la-machine.html">Vroom Tchac Zowie</a>&nbsp;:</p>

<p><a href="http://membres.lycos.fr/lecoindupatron/vtz/lamachine.jpg"><img src="/blogsciences/images/casemachine.jpg" alt="" /></a></p>

<p><em>Cliquer sur la case pour lire la suite de l'histoire</em></p>

<p>Pour en savoir plus, le <a href="http://twitter.com/CERN">compte Twitter du CERN</a> relate les événements au fur et à mesure &#8212; des événements qui se précipitent à un train (ou rayon) d'enfer&nbsp;! (<a href="http://sciences.blog.lemonde.fr/2009/11/20/que-font-les-particules-dans-le-lhc/">via "En quête de sciences"</a>).</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2009/11/16/420-consignes-de-securite-et-politique-de-sante">
  <title>Consignes de sécurité et politique de santé</title>
  <link>http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2009/11/16/420-consignes-de-securite-et-politique-de-sante</link>
  <dc:date>2009-11-16T09:29:54+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Enro</dc:creator>
  <dc:subject>G&amp;eacute;n&amp;eacute;ral</dc:subject>
  <description>Alors que je volais en direction d'Édimbourg, le message d'extinction des appareils électroniques lors de l'atterrissage et du décollage a fait naître quelques réflexions. Il est évident qu'un téléphone portable que son propriétaire aurait oublié d'éteindre ne causerait pas pour autant la chute de...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Alors que je volais en direction d'Édimbourg, le message d'extinction des appareils électroniques lors de l'atterrissage et du décollage a fait naître quelques réflexions. Il est évident qu'un téléphone portable que son propriétaire aurait oublié d'éteindre ne causerait pas pour autant la chute de l'appareil, ou nous aurions à déplorer bien plus d'accidents aériens qu'il y en a actuellement<sup>[<a href="#pnote-420-1" id="rev-pnote-420-1">1</a>]</sup>. Ce message est donc plutôt destiné à éviter que l'ensemble des passagers de l'avion laisse leur téléphone et ordinateur allumés, ce qui occasionnerait un rayonnement électromagnétique bien plus important et susceptible sans doute de perturber les instruments de bord.</p>


<p>Ainsi, un message destiné à tous ("Merci d'éteindre vos appareils électroniques") peut être ignoré par une minorité, mais pas au-delà. Or en ne l'explicitant pas, en laissant croire que c'est le moindre appareil qui doit être éteint, on s'expose à la situation suivante&nbsp;: un passager qui n'éteindrait pas son appareil et constaterait que ça ne fait aucune différence sera tenté de répéter l'exercice et, d'effet d'aubaine en effet d'aubaine, tout un vol pourrait désobéir à la consigne. Problème. À l'inverse, si on explique clairement que l'avion ne peut supporter qu'une minorité d'appareils allumés mais qu'on demande un effort collectif, les individus téméraires seraient refroidis.</p>


<p>Ce mécanisme, c'est le même qui régit les politiques de vaccination. Si la vaccination est obligatoire pour tous, la collectivité peut en réalité supporter quelques individus isolés qui refusent le vaccin, ces "free riders" ne compromettant pas l'<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Immunité_grégaire">immunité de groupe</a>. Ils en profiteraient même, constatant alors que la vaccination n'est pas obligatoire (pour eux) et ouvrant une brèche redoutable. Si les campagnes de vaccination expliquaient par contre que la vaccination n'est normalement obligatoire que pour 85 % de la population mais que la responsabilité collective impose que chacun soit vacciné, ce comportement individualiste serait diminué ou au moins responsabilisé.</p>


<p>Moralités&nbsp;:</p>
<ul>
<li>les vols en avion inspirent des réflexions sur le fonctionnement de nos sociétés</li>
<li>une bonne politique de santé/sécurité est une politique qui va dans les détails et explicite le poids respectif de l'individu et du collectif, quitte à sacrifier sa brièveté.</li>
</ul>
<div class="footnotes"><h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-420-1" id="pnote-420-1">1</a>] J'en veux pour preuve deux personnes qui discutaient devant moi dans la queue pour l'embarquement, l'un disant à l'autre que le mode "Avion" de l'iPhone dispense d'éteindre l'appareil au décollage, l'autre lui rétorquant le contraire — combien de passager oublient ou se dispensent ainsi de suivre la consigne d'extinction ?</p></div>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2009/10/21/419-histoire-et-sociologie-de-l-agriculture-intensive-et-de-son-expertise">
  <title>Histoire et sociologie de l'agriculture intensive et de son expertise</title>
  <link>http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2009/10/21/419-histoire-et-sociologie-de-l-agriculture-intensive-et-de-son-expertise</link>
  <dc:date>2009-10-21T13:22:01+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Enro</dc:creator>
  <dc:subject>G&amp;eacute;n&amp;eacute;ral</dc:subject>
  <description>Depuis un certain temps que mûrit le projet d'entretiens filmés avec des chercheurs en philosophie, histoire et sociologie des sciences, je suis heureux d'annoncer enfin la naissance de la web TV "La science telle qu'elle se fait". C'est une initiative signée Deuxième labo, en partenariat avec deux...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Depuis un certain temps que <a href="http://www.deuxieme-labo.fr/blog/web-tv/">mûrit le projet</a> d'entretiens filmés avec des chercheurs en philosophie, histoire et sociologie des sciences, je suis heureux d'annoncer enfin la naissance de la <a href="http://scienceenaction.blip.tv/">web TV "La science telle qu'elle se fait"</a>. C'est une initiative signée <a href="http://www.deuxieme-labo.fr">Deuxième labo</a>, en partenariat avec deux doctorants de l'université de Strasbourg (Alexis Zimmer et Nils Kessel). Vous pouvez vous abonner pour recevoir les nouvelles vidéos dès leur mise en ligne (<a href="http://scienceenaction.blip.tv/rss">flux RSS</a> / <a href="itpc://scienceenaction.blip.tv/rss/itunes/">podcast iTunes</a>), mais soyez assurés que j'en publierai également un certain nombre sur ce blog.</p>


<p>Première chercheuse à se plier à l'exercice, l'historienne Nathalie Jas (Université d'Orsay/Inra) nous raconte ci-dessous comment en est-on arrivé à l'agriculture moderne et quel a été le rôle de l'agronomie dans ce développement, puis discute le statut de l'agriculture biologique et des pesticides avant d'aborder la question de l'expertise en science.</p>

<p class="center"><embed src="http://blip.tv/play/AYGnkQ4C" type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="390" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2009/10/18/418-radiofrequences-alors-quel-effet">
  <title>Radiofréquences : alors, quel effet ?</title>
  <link>http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2009/10/18/418-radiofrequences-alors-quel-effet</link>
  <dc:date>2009-10-18T14:13:20+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Enro</dc:creator>
  <dc:subject>G&amp;eacute;n&amp;eacute;ral</dc:subject>
  <description>Dans le Zapping de Canal + de vendredi dernier, étaient accolés deux extraits de journaux télévisés. Le premier, "Télématin" de France 2, nous apprenait que l'AFSSET, l'Agence française de sécurité sanitaire, rend public un rapport sur le sujet qui se veut rassurant. Conclusion de deux ans de...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Dans le <a href="http://player.canalplus.fr/#/284576">Zapping de Canal + de vendredi dernier</a>, étaient accolés deux extraits de journaux télévisés. Le premier, "Télématin" de France 2, nous apprenait que <q>l'AFSSET, l'Agence française de sécurité sanitaire, rend public un rapport sur le sujet qui se veut rassurant. Conclusion de deux ans de recherche pour l'agence&nbsp;: les données disponibles n'indiquent pas d'effets sanitaires à court terme ni à long terme de l'exposition aux radiofréquences. Il n'y aurait aucune preuve scientifique sur l'augmentation du risque de tumeur, ni des cancers liés aux ondes électro-magnétiques.</q> Immédiatement après, un extrait du journal de 13 h de TFI donnait la parole au Directeur général de l'AFSSET, Martin Guespéreau, selon lequel&nbsp;: <q>Le rapport de l'AFSSET montre qu'il y a des effets biologiques sur le corps humain. Bien-sûr il y a loin de ces effets à une pathologie, une maladie. Mais pour nous, c'est déjà des signes suffisants pour commencer à agir.</q> Et le journaliste d'enchaîner&nbsp;: <q>L'AFSSET préconie donc de réduire les expositions. Elle recommande l'achat des téléphones portables dont les niveaux d'émission sont les moins élevés.</q></p>


<p>Intéressant, non&nbsp;? Un même rapport, deux conclusions qui semblent à l'opposé l'une de l'autre, et qui s'ignorent mutuellement&nbsp;! Et France 2 qui est beaucoup plus prudent que TF1, alors même que ce dernier appartient au groupe Bouygues, actionnaire majoritaire du troisième opérateur de téléphonie mobile français ?! C'est à y perdre son latin&#8230;</p>


<p>La lecture du <a href="http://www.afsset.fr/index.php?pageid=415&amp;newsid=497&amp;MDLCODE=news">communiqué de presse de l'AFSSET</a> est moins équivoque&nbsp;: les experts convoqués par l'agence ont recensé 3 500 références et examiné de manière approfondie 1 000 d'entre elles (publiées entre la sortie du rapport de 2005 et avril 2009). Une dizaine d'entre elles (considérées par l'AFSSET comme incontestables<sup>[<a href="#pnote-418-1" id="rev-pnote-418-1">1</a>]</sup>) <q>met en évidence l'existence d'effets des radiofréquences sur des fonctions cellulaires</q>, sans qu'aucun mécanisme d'action n'ait pu être identifié et alors même que les preuves épidémiologiques se font attendre. Mais en face, 69 études ne rapportent aucun effet particulier &#8212; et l'agence explique qu'au total, <q>le niveau de preuve n'est pas suffisant pour retenir en l'état des effets dommageables pour la santé comme définitivement établis</q> mais considère qu'ils constituent <q>des signaux indéniables</q>. Ce sont les signes dont parlait Martin Guespéreau sur TF1, qui justifient les deux recommandations de l'Agence&nbsp;:</p>
<ul>
<li>développer les recherches afin de lever les incertitudes qui demeurent</li>
<li>réduire les expositions du public.</li>
</ul>

<p>Une recommandation non négligeable est passée sous silence dans le communiqué de presse&nbsp;: l'agence reconnaît l'intérêt d'un protocole d'accueil et de suivi des patients hypersensibles, vous savez, ceux qu'on a longtemps fait passer pour mythomanes et dont le cas n'est toujours pas réglé malgré le militantisme de nombreuses associations&#8230;</p>


<p>Comme très souvent, la méthodologie de l'expertise a été largement ignorée par les médias&nbsp;; or l'agence nous raconte que <q>les sciences humaines ont été prises en compte dans le processus d'expertise</q> (en les personnes de Yannick Barthe, Annie Moch et Marc Poumadere, membres du groupe de travail, d'Olivier Borraz et Danielle Salomon, auditionnés, et de Francis Chateauraynaud et Josquin Debaz qui ont envoyé une contribution écrite) et <q>un observateur issu du monde associatif aura suivi l'intégralité des débats</q>. La <a href="http://www.afsset.fr/upload/bibliotheque/403036549994877357223432245780/09_10_ED_Radiofrequences_Avis.pdf">lecture de l'avis</a> est plus riche encore&nbsp;: lorsqu'il a été proposé aux associations Priartém, Agir pour l'environnement, le Criirem et Robin des toits de nommer un représentant commun, seules les deux premières ont accepté. Une cinquième association invitée à être auditionnée, Next-up, a même carrément décliné. Cette nouvelle façon de faire découle de la charte dite "d'ouverture à la société" co-signée par l'AFSSET, l'Ineris et l'IRSN.</p>


<p>Étonnamment, pendant que l'on s'écharpe (ou se passionne, c'est selon) pour ce rapport d'expertise, on ne parle pas de l'étude européenne Interphone, qui pourraient apporter justement les preuves épidémiologiques qui nous manquent. Celle que d'aucuns qualifient déjà d'échec faisait l'objet d'<a href="http://larecherche.fr/content/recherche/article?id=26013">une enquête</a> dans le numéro de septembre de <em>La Recherche</em>, mettant en évidence les nombreuses difficultés d'une expertise contradictoire. On y revient&#8230;</p>
<div class="footnotes"><h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-418-1" id="pnote-418-1">1</a>] L'agence note dans <a href="http://www.afsset.fr/upload/bibliotheque/403036549994877357223432245780/09_10_ED_Radiofrequences_Avis.pdf">son avis</a> que <q>le nombre important des travaux présentant des lacunes méthodologiques s’explique par le fait que les expériences visant à rechercher les effets des radiofréquences sont justement construites de manière à mettre en évidence des effets faibles et s’appuient donc sur des variations de systèmes biologiques très sensibles susceptibles d’artefacts</q>.</p></div>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2009/10/11/417-l-ecriture-scientifique-de-pierre-gilles-de-gennes">
  <title>L'écriture scientifique de Pierre-Gilles de Gennes</title>
  <link>http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2009/10/11/417-l-ecriture-scientifique-de-pierre-gilles-de-gennes</link>
  <dc:date>2009-10-11T13:05:06+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Enro</dc:creator>
  <dc:subject>G&amp;eacute;n&amp;eacute;ral</dc:subject>
  <description>Je lis rarement le magazine Pour la science, par contre je suis un inconditionnel des numéros spéciaux Les Génies de la science qui paraissent tous les 3 mois. Ou plutôt paraissaient, puisque le numéro d'août-octobre 2009 consacré à Pierre-Gilles de Gennes sera le dernier, cette publication n'ayant...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p><em>Je lis rarement le magazine </em>Pour la science<em>, par contre je suis un inconditionnel des numéros spéciaux </em>Les Génies de la science<em> qui paraissent tous les 3 mois. Ou plutôt paraissaient, puisque le numéro d'août-octobre 2009 consacré à Pierre-Gilles de Gennes sera le dernier, cette publication n'ayant pas rencontré le succès escompté. Je vous encourage donc à vous ruer en kiosque pour (éventuellement) faire mentir cette triste décision et je republie pour l'occasion <a href="http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2007/05/23/168-pierre-gilles-de-gennes">un billet</a> sur ce physicien passionnant.</em></p>


<p>L'immense chercheur et prix Nobel Pierre-Gilles de Gennes nous a quittés le 18 mai 2007. Après la <a href="http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3382,36-913194,0.html">biographie toute officielle</a> que vous pouvez lire sur <em>Le Monde</em> et les quelques souvenirs personnels <a href="http://tomroud.com/2007/05/22/de-gennes/">partagés par Tom Roud</a> et <a href="http://chezmatthieu.blogspot.com/2007/05/pierre-gilles-de-gennes-est-mort.html">Matthieu</a>, je voudrais m'attarder sur un aspect moins connu de de Gennes&nbsp;: son écriture. Celle-ci a été longuement étudiée par Anouk Barberousse<sup>[<a href="#pnote-168-1" id="rev-pnote-168-1">1</a>]</sup>, travail qui a été le prétexte à une <a href="http://www.diffusion.ens.fr/index.php?idconf=209&amp;res=conf">table-ronde à l'ENS</a> en 2003 avec Etienne Guyon et de Gennes lui-même (de la 16e à  la 30e minute). Guyon souligne la qualité dans l'expression, dans la calligraphie, dans le soin du mot juste (surtout les néologismes) de son ancien professeur. Il souligne aussi l'usage particulier des tableaux noirs que P.-G. de Gennes, très grand, remplissait entièrement bien qu'ils occupent des murs entiers dans son bureau &#8212; se refusant à utiliser des projecteurs et des transparents préparés à l'avance, même dans ses plus récentes conférences.</p>


<p>Une des hypothèses de départ de ce travail est que dans le domaine étudié, celui des films de polymères, comme tout au long de sa carrière, de Gennes publie surtout des articles courts <q>destinés à être examinés et publiés dans les délais les plus brefs</q>. Ce qui correspond à son habitude de lancer des propositions nouvelles assez peu détaillées, rapidement mises en forme (format de publication dit <em>Rapid Notes</em> ou <em>Letters</em>), dont il attend que ses pairs les développent théoriquement et les testent expérimentalement. Tiraillé ainsi entre la faconde de celui qui introduit de nouveaux concepts et la concision, entre l'implicite et l'explicite, de Gennes a dû développer un style qui lui est propre.</p>


<p><strong>Quel est ce style ?</strong> De Gennes ne cite que les travaux qui se rattachent précisément à la théorie qu'il élabore, et occulte sans pitié les résultats expérimentaux qui ne lui paraissent pas fiables. Dès l'introduction, il souligne les avantages de son modèle par rapport aux modèles existants &#8212; et en souligne les lacunes en conclusion. Dans le développement, il utilise toutes les ressources du langage pour paraître limpide, en français comme en anglais (ses concepts de "reptation", "brosse" ont fait florès, d'autres émergent comme "régime sandwich" ou "peau"). Des résultats intermédiaires sont passés sous silence<sup>[<a href="#pnote-168-2" id="rev-pnote-168-2">2</a>]</sup>. Les figures, notamment celle ci-dessous, sont au centre de l'article et du texte&nbsp;; le sens de certains symboles utilisés ne peut même être saisi <q>qu'au prix d'un traitement complexe de la figure et de son rapport avec le texte</q>. Et avec les multiples renvois, rien ne coule de source dans le développement&nbsp;! Dans la conclusion, il fait appel non seulement aux connaissances partagées avec ses pairs mais aussi aux jugements et évaluations implicites des théories en jeu.</p>


<p class="center"><a href="http://fr.arxiv.org/abs/cond-mat/0009176"><img src="/blogsciences/images/de_Gennes.png" alt="" /></a></p>


<p><strong>Quel cheminement lui permet d'y parvenir ?</strong> Dans le cas présent, de Gennes réagissait à un poster présenté lors d'un colloque en septembre 1999. Ce poster présente un résultat qualifié de surprenant&nbsp;: une discontinuité. De Gennes y voit un <q>sacré mystère de la nature</q> qu'il s'attache à  résoudre. Dès la fin du mois, il fait circuler un premier brouillon de son modèle, et demande aux auteurs du poster de réagir&nbsp;:</p>

<blockquote><p>When you read the note, you may well conclude that it is nonsense: then drop it. If not, would you be interested in making the comparison? We could then publish together an augmented version.</p></blockquote>


<p><strong>Résultat</strong>&nbsp;: deux articles publiés en 2000 dans <em>The European Physical Journal E</em> et les <em>Comptes-rendus de l'Académie des sciences de Paris</em>, de respectivement 3 et 8 pages (c'est peu !). Pourquoi pas dans des revues plus prestigieuses&nbsp;? Parce que celles-ci son souvent américaines et que de Gennes souhaite <q>contribuer à l'excellence des revues européennes dans ce domaine</q>, ce qu'un jeune chercheur peut moins facilement se permettre&nbsp;!</p>


<p>Dans ce même numéro de la revue <em>Genesis</em>, un commentaire d'Etienne Guyon revient sur l'importance des images chez Pierre-Gilles de Gennes&nbsp;: prompt à faire des schémas et des figures, il passe aussi son temps libre à  peindre. Et ses sujets d'étude se prêtent tous à des visualisations directes, de taille macroscopique (la turbulence, les milieux granulaires, les systèmes moléculaires organisés comme les cristaux liquides etc.)&nbsp;!</p>
<div class="footnotes"><h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-168-1" id="pnote-168-1">1</a>] Anouk Barberousse, "Dessiner, calculer, transmettre : écriture et création scientifique chez Pierre-Gilles de Gennes", <em><a href="http://www.jeanmichelplace.com/fr/revues/detail.cfm?ProduitCode=5&amp;ProduitID=613">Genesis</a></em>, n° 20, 2003, pp. 145-162 (<a href="http://www-ihpst.univ-paris1.fr/_sources/abar_calcul.pdf">preprint</a>).</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-168-2" id="pnote-168-2">2</a>] Il peut ainsi exceller dans son aptitude, au dire de ses collaborateurs, <q>à saisir l'essentiel d'un phénomène et à en isoler les effets importants</q>.</p></div>]]></content:encoded>
</item>

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