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Anarchisme


Compte-rendu de lecture "Comment je suis devenue anarchiste" d'Isabelle Attard


Chapitre 1 : "Dominer ou être dominée"


Isabelle Attard revient sur son expérience de directrice de musée, où la mise en place d'un fonctionnement horizontal s'est heurté aux habitudes. Elle raconte alors comment elle a proposé un tel fonctionnement à ses collaborateurs parlementaires (proposant même de créer une SCOP pour le personnel de l'Assemblée nationale). Ca a fonctionné, mais c'était très mal perçu à l'extérieur, y compris du fait du comportement sexiste des "mâles blancs de plus de 50 ans".

Pour distribuer sa réserve parlementaire, souvent le fait du prince qui entretient un clientélisme (et à laquelle il a été mis fin), elle a mis en œuvre des jurys citoyens tirés au sort : sa "plus belle réussite de démocratie participative, et bien plus encore". Quitte à, encore une fois, essuyer les critiques de l'élite politique. Isabelle Attard réfléchit donc à l'écart entre cette élite politique qui domine les masses, et qui ne partage pas le pouvoir, et la démocratie réelle.

Elle revient aussi sur sa prise de conscience écologique, un séjour en Laponie lui ayant permis d'opposer la culture des Samis avec la surexploitation des ressources, l'exploitation animale, l'exploitation des peuples autochtones… jusqu'à devenir végétarienne.

Puis elle témoigne du patriarcat, qu'elle n'a réellement connue qu'en tant que candidate EELV. Victime du harcèlement de Denis Baupin, elle raconte comment l'affaire a éclatée, puis l'enquête, puis le procès : "un pays dans lequel se produisent autant de violences sexuelles peut-il se revendiquer 'démocratique' ?"

Malgré tout ça, Isabelle Attard était prête à se présenter à un second mandat mais, devenue élue de la République, elle attirait la méfiance lors de Nuit debout ou dans le mouvement La Belle démocratie : "j'étais devenue une députée bancale". Puis elle fut battue par la vague Macron. C'est alors qu'elle découvre l'éco-anarchisme de Murray Bookchin.

Chapitre 2 : "Le Temps des révélations"


Isabelle Attard explique ensuite la parodie de démocratie qu'est l'Assemblée nationale, ainsi que dysfonctionnements internes aux partis politiques (même Nouvelle donne étant ramené au rang de "publicité mensongère"). Prête à tout remettre en question, elle nous raconte donc la révélation que fut la découverte de l'anarchisme à travers des livres et documentaires… s'étonnant que cette histoire soit gommée et l'anarchisme un "mot qu'il ne faut pas prononcer", un "mot tabou". "L'écologie sociale (courant très proche de l'éco-anarchisme) m'apparut alors comme la meilleure réponse à apporter". Aux définitions qui font de l'anarchie un état de trouble ou de désordre, elle préfère celle-ci :
Système politique qui vise à l'émancipation de toute autorité ou tutelle gouvernementale. L'État est considéré comme n'étant pas nécessaire et aucun individu ne se trouve sous la domination d'un autre. (…) Pour les anarchistes, l'anarchie n'est pas synonyme de chaos, mais correspond à une situation harmonieuse résultant de l'abolition de l'État et de toutes les formes de domination et l'exploitation de l'homme. Elle est fondée sur l'égalité entre les individus, la libre association, la fédération ou l'autogestion, voire parfois le collectivisme. L'anarchie est donc structurée et organisée, sans qu'il y ait une quelconque primauté de l'organisation sur l'individu".

Attard se revendique enfin anarchiste ! Son argumentation convainc mais si la fin de la domination et de l'exploitation, l'égalité réelle… découlent naturellement de son expérience je trouve qu'on prend un peu vite pour acquis que l'État doit disparaître… Le chapitre se termine sur une note d'espoir :
Et si, finalement, tous les évitements, l'invisibilisation du mouvement et le détournement systématique du mot anarchie en synonyme de chaos et de désordre étaient tout simplement destinés à nous faire oublier que la philosophie anarchiste a réussi à transformer la société par le passé et qu'elle peut encore le faire aujourd'hui ?

Chapitre 3 : "L'Anarchie, ça marche"


Isabelle Attard raconte plusieurs expériences utopiques qui s'approchent de l'anarchie et qui sont mal connues : en Ukraine (1917-1920), en Mandchourie (1920), en Aragon (1936 à 1938), au Rojava (Syrie) aujourd'hui, au Chiapas aujourd'hui. Elle témoigne aussi de l'expérience de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes et des lieux de production autogérés (Vio.Me en Grèce, l'horlogerie Lip en France…).

Alors que la "logique individualiste d'ultralibéralisme" domine (notamment dans le mouvement self help), la notion d'entraide "longuement étudiée par l'anarchiste Pierre Kropotkine" semble un préalable aux luttes collectives qui pourront seules sauver la planète. Le pouvoir, lui, corrompt : "le pouvoir devient vite une addiction dans laquelle tombent les nouveaux élus, pourtant pleins de convictions démocratiques au départ". Pour citer Élisée Reclus :
N'abdiquez donc pas, ne remettez donc pas vos destinées à des hommes forcément incapables et à des traîtres futurs. Ne votez pas ! Au lieu de confier vos intérêts à d'autres, défendez-les vous-mêmes ; au lieu de prendre des avocats pour proposer un mode d'action futur, agissez !".

Isabelle Attard s'attarde sur l'action directe (non violente), contre la "servitude volontaire" (La Boétie). Pas de Grand Soir mais, pour citer Errico Malatesta, "avancer vers l'anarchie, aujourd'hui, demain, toujours". En conclusion, elle appelle à inventer l'anarchisme du XXIe siècle : "l'anarchisme est la seule pensée politique capable d'apporter une réponse résiliente au monde post-capitalisme et post-effondrement".


Extraits de "Two Cheers for Anarchism"de James C. Scott


Pour en savoir plus sur cet ouvrage et son auteur : https://press.princeton.edu/books/paperback/9780691161037/two-cheers-for-anarchism external link
Traduction française : https://luxediteur.com/catalogue/petit-eloge-de-lanarchisme-2/ external link

One need not have an actual conspiracy to achieve the practical effects of a conspiracy

principle attributed to Chuang Tzu, "We make the path by walking."

the core purpose of representative democracy is precisely to allow democratic majorities to realize their claims, however ambitious, in a thoroughly institutionalized fashion. It is a cruel irony that this great promise of democracy is rarely realized in practice.

Nevertheless, it is undeniable that most episodes of major reform have not been initiated without major disorders and the rush of elites to contain and normalize them. One may legitimately prefer the more "decorous" forms of rallies and marches that are committed to nonviolence and seek the moral high ground by appealing to law and democratic rights. Such preferences aside, structural reform has rarely been initiated by decorous and peaceful claims.

The job of trade unions, parties, and even radical social movements is precisely to institutionalize unruly protest and anger.

Virtually all the great emancipatory movements of the past three centuries have initially confronted a legal order, not to mention police power, arrayed against them. They would scarcely have prevailed had not a handful of brave souls been willing to breach those laws and customs (e.g., through sit-ins, demonstrations, and mass violations of passed laws). Their disruptive actions, fueled by indignation, frustration, and rage, made it abundantly clear that their claims could not be met within the existing institutional and legal parameters.

One sees in the newspapers photographs of beaming city officials and architects looking down on the successful model as if they were in helicopters, or gods. What is astounding, from a vernacular perspective, is that no one ever experiences the city from that height or angle. The presumptive ground-level experience of real pedestrians—window-shoppers, errand-runners, aimlessly strolling lovers—is left entirely out of the urban-planning equation.

The more highly planned, regulated, and formal a social or economic order is, the more likely it is to be parasitic on informal processes that the formal scheme does not recognize and without which it could not continue to exist, informal processes that the formal order cannot alone create and maintain.

when an electrical failure incapacitated traffic lights, the result was improved flow rather than congestion. As an experiment, he replaced the busiest traffic-light intersection in Drachten, handling 22,000 cars a day, with a traffic circle, an extended cycle path, and a pedestrian area. In the two years following the removal of the traffic light, the number of accidents plummeted to only two, compared with thirty-six crashes in the four years prior.

the state has nearly always been the implacable enemy of mobile peoples—Gypsies, pastoralists, itinerant traders, shifting cultivators, migrating laborers—as their activities are opaque and mobile, flying below the state's radar. For much the same reason states have preferred agribusiness, collective farms, plantations, and state marketing boards over smallholder agriculture and petty trade. They have preferred large corporations, banks, and business conglomerates to smaller-scale trade and industry. The former are often less efficient than the latter, but the fiscal authorities can more easily monitor, regulate, and tax them.
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