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	<title>EnroWiki : CommunicationVulgarisationSciences</title>
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		new_event.initKeyEvent("keypress", true, true, document.defaultView, false, false, true, false, 0, 9);
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		event.preventDefault();
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<div id="page" class="page">
<a id="titelanker1"></a><h2>Communication et vulgarisation des sciences</h2>
<br />
<a id="titelanker2"></a><h3>Communication</h3>
<br />
<a id="titelanker3"></a><h4>R&#244;le central dans l'activit&#233; scientifique</h4>
<br />
<strong>Bruno Latour</strong>. <em>La Vie de laboratoire</em>. 1988 (La D&#233;couverte), <a href="http://www.enroweb.com/spip.php?article9">&#233;videmment</a>&#160;<a href="http://www.enroweb.com/spip.php?article9"><img src="http://www.enroweb.com/wiki/images/external.png" alt="external link" /></a>. Notamment :<br />
<div class="indent">(...) les acteurs reconnaissent que la production d&#8217;articles est le but essentiel de leur activit&#233;. La r&#233;alisation de cet objectif n&#233;cessite une cha&#238;ne d&#8217;op&#233;rations d&#8217;&#233;criture qui vont d&#8217;un premier r&#233;sultat griffonn&#233; sur un bout de papier et communiqu&#233; avec enthousiasme aux coll&#232;gues, au classement de l&#8217;article publi&#233; dans les archives du laboratoire. Les nombreux stades interm&#233;diaires (conf&#233;rences avec projection, diffusion de tir&#233;s-&#224;-part, etc.) ont tous un rapport sous une forme ou sous une autre avec la production litt&#233;raire.</div>
<br />
<strong>Michel Callon</strong>, "Introduction, in idem (dir.), <em>La Science et ses r&#233;seaux. Gen&#232;se et circulation des faits scientifiques</em>, La D&#233;couverte, coll. "Textes &#224; l'appui", 1989 :<br />
<div class="indent">M&#234;me s'il disposait des &#233;quipements les plus perfectionn&#233;s, un chercheur resterait paralys&#233; s'il n'&#233;tait r&#233;guli&#232;rement approvsionn&#233; en <em>documents</em> de toute sorte qui le maintiennent en contact non seulement avec ses coll&#232;gues et concurrents, lointains ou proches, connus ou inconnus, mais plus g&#233;n&#233;ralement avec tous ceux qui s'int&#233;ressent &#224; son travail (commanditaires, enseignants&#8230;) ou dont le travail l'int&#233;ress&#233;. Les chercheurs sont des lecteurs et des &#233;crivains particuli&#232;rement attentifs et productifs. Retirez-leur cette litt&#233;rature dont ils se nourrissent et ils se retrouvent d&#233;sempar&#233;s, ne sachant plus ce qui vaut la peine d'&#234;tre approfondi. La troisi&#232;me cat&#233;gorie rassemble donc les articles scientifiques proprement dits, mais aussi les rapports, les notes de travail, les m&#233;moires, les th&#232;ses ou les brevets qui sont lus ou parcourus par les chercheurs pour &#234;tre repris, r&#233;fut&#233;s, transform&#233;s, d&#233;membr&#233;s ou&#8230; tout simplement ignor&#233;s. Pour un chercheur, bien choisir ses lectures est aussi important que de bien choisir ses instruments. (p. 12)</div>
<br />
<strong>Jo&#227;o Cara&#231;o</strong>. <em>Science et communication</em>. 1999 (PUF coll. Que sais-je ?) :<br />
<div class="indent">Cependant, le fait de conjecturer, comme il a &#233;t&#233; dit, n'est qu'une partie du processus de communication. L'autre partie, au moins aussi importante, correspond &#224; la circulation, &#224; la validation et &#224; l'utilisation dans le langage des connaissances g&#233;n&#233;r&#233;es. Il semble donc facile de reconna&#238;tre que la circulation des connaissances scientifiques constitue une partie du processus consistant &#224; faire de la science, c'est &#224; dire, de l'activit&#233; scientifique reconnue en tant que telle. (p. 41)</div>
<br />
<strong>J&#252;rgen Habermas</strong>, <em>La Technique et la science comme "id&#233;ologie"</em>, Gallimard coll. "Tel", 1990 (1&#232;re &#233;dition en allemand, 1968) (trad. Jean-Ren&#233; Ladmiral) :<br />
<div class="indent">On a calcul&#233; que pendant les cent derni&#232;res ann&#233;es, la recherche &#233;tant de plus en plus diff&#233;renci&#233;e, le nombre des revues scientifiques sp&#233;cialis&#233;es a doubl&#233; tous les quinze ans. De nos jours, il para&#238;t de par le monde quelque 50 000 publications scientifiques p&#233;riodiques. Avec cet afflux croissant d'informations que doit assimiler le public scientifique, on voit se multiplier les tentatives pour condenser un tel mat&#233;riel qu'il devient impossible de dominer, pour le trier et le traiter, de telle sorte qu'on puisse en avoir une vue d'ensemble.<br />
Les <em>abstracts</em> ne repr&#233;sentent que la premi&#232;re &#233;tape de tout un processus de traduction qui op&#232;re la transformation de cette mati&#232;re brute que repr&#233;sentent les informations initiales. Il existe toute une s&#233;rie de revues qui ont ainsi pour but d'assurer la communication entre les scientifiques des diff&#233;rentes disciplines, car ces derniers ont besoin d'un interpr&#232;te pour &#234;tre en mesure d'utiliser pour leur propre travail les informations importantes en provenance des secteurs voisins du leur. Plus la recherche se sp&#233;cialise, plus grandes sont les distances qu'une information importante a &#224; franchir avant de pouvoir &#234;tre int&#233;gr&#233;e au travail d'un autre sp&#233;cialsite : ainsi les physiciens s'informent-ils par exemple sur les d&#233;veloppements r&#233;cents de la technique et de la chimie en lisant le <em>Time Magazine</em>. C'est sans doute avec raison que Helmut Krauch suppose qu'en Allemagne aussi, les &#233;change entre scientifiques de disciplines diff&#233;rentes en sont d&#233;j&#224; r&#233;duits &#224; passer par les traductions d'un journalisme scientifique, qui va des comptes rendus bibliographiques de haut niveau aux rubriques scientifiques de la presse quotidienne. [&#8230;] &#201;tant donn&#233; la division du travail tr&#232;s pouss&#233;e, la "publicit&#233;" (<em>&#214;ffentlichkeit</em>) ext&#233;rieure &#224; la science est &#224; beaucoup d'&#233;gards d&#233;j&#224; le plus court chemin permettant une intercompr&#233;hension interne entre des sp&#233;cialistes qui sont maintenant devenus tout &#224; fait &#233;trangers les uns aux autres. Mais cette n&#233;cessit&#233; de traduire les informations scientifiques, qui &#233;mane du processus m&#234;me de la recherche, profite aussi &#224; la communication, tr&#232;s menac&#233;e, qui s'&#233;tablit entre les sciences et le public tr&#232;s large du d&#233;bat (<em>&#214;ffentlichkeit</em>) politique. (pp. 126-128)</div>
<br />
Anouk Barberousse et Laurent Pinon, "Activit&#233; scientifique et &#233;criture", in idem (dir.), <em>&#201;criture scientifique</em>, <em>Genesis</em>, 2003, pp. 7-18 :<br />
<div class="indent">Souligner l'importance de l'&#233;criture dans l'activit&#233; scientifique peut ainsi provoquer deux r&#233;actions : on peut consid&#233;rer qu'il s'agit ou bien d'un truisme, ou bien d'un paradoxe scandaleux. En effet, les r&#233;sultats scientifiques doivent n&#233;cessairement &#234;tre transmis pour atteindre ce statut ; et il se trouve qu'ils sont de plus en plus transmis par l'&#233;crit. Les &#233;crits scientifiques sont ainsi, depuis les d&#233;buts de la science moderne au XVIIe si&#232;cle au moins, la m&#233;moire externe des scientifiques. Mais d'autre part, l'acte d'&#233;criture est p&#233;riph&#233;rique dans la vie quotidienne des chercheurs : ce n'est pas pour &#233;crire qu'ils ont choisi leur m&#233;tier. Affirmer que l'&#233;criture tient une place importante dans leur quotidien pourrait passer pour sous-entendre qu'ils consacrent leur temps &#224; des t&#226;ches subsidiaires. (p. 7)</div>
<br />
<a id="titelanker4"></a><h4>Modalit&#233;s, historique</h4>
<br />
cf. <span class="inproceedingsAuthor">Gu&#233;don, Jean-Claude</span>, <span class="inproceedingsTitle">A l'ombre d'Oldenburg : Biblioth&#233;caires, chercheurs scientifiques, maisons d'&#233;dition et le contr&#244;le des publications scientifiques (trad. fran&#231;aise de [[Guedon2001]])</span>, , <span class="inproceedingsYear">2001</span>, <a href="http://www.bpi.fr/uploadfile/oldenburg-jcguedon.pdf">http://www.bpi.fr/uploadfile/oldenburg-jcguedon.pdf</a>&#160;<a href="http://www.bpi.fr/uploadfile/oldenburg-jcguedon.pdf"><img src="http://www.enroweb.com/wiki/images/external.png" alt="external link" /></a><br />
<br />
<strong>Jean-Marc L&#233;vy-Leblond</strong>. "La langue tire la science" in <em>La pierre de touche : la science &#224; l'&#233;preuve</em>. 1996 (Gallimard coll. Folio essais) :<br />
<div class="indent">Et les registres de la communication sont divers, en s'en tenant toujours &#224; l'activit&#233; scientifique professionnelle. On peut en distinguer trois : la communication informelle, pendant le travail d'&#233;laboration du savoir (l'activit&#233; de recherche proprement dite), qui prend place &#224; l'int&#233;rieur du laboratoire ; la communication institutionnelle, d&#232;s lors qu'il s'agit, au sein de la collectivit&#233; scientifique, de faire conna&#238;tre, discuter et valider les r&#233;sultats obtenus ; la communication publique, qui vise la diffusion et la reconnaissance sociale du savoir. Le tableau suivant r&#233;sume et concr&#233;tise ces formes multiples. (p. 235)</div>
<br />
<div style="width: 100%"><table border="1" cellspacing="0">
<tr valign="top"><td style="padding-left:3px;padding-right:3px"> </td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px"><strong>Communication informelle</strong></td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px"><strong>Communication institutionnelle</strong></td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px"><strong>Communication publique</strong></td></tr>
<tr ><td style="padding-left:3px;padding-right:3px"><strong>Communication &#233;crite</strong></td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">Cahiers de laboratoire, courrier (et Internet, etc.)</td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">Articles sp&#233;cialis&#233;s (publications primaires)</td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">Vulgarisation (livres, presse)</td></tr>
<tr ><td style="padding-left:3px;padding-right:3px"><strong>Communication orale</strong></td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">Discussions de travail, &#233;changes (t&#233;l&#233;phone)</td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">Colloques, s&#233;minaires, conf&#233;rences de presse</td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">Enseignement, m&#233;dias (radio, t&#233;l&#233;)</td></tr>
</table></div>
<br />
<strong>Jean-Paul Gaudilli&#232;re</strong>, "Cahiers de laboratoire et traces de la production scientifique : de nouveaux objets pour l'histoire ?", pp. 223-237 in Fran&#231;oise Balibar et Marie-Laure Pr&#233;vost, <em>Pasteur, cahiers d'un savant</em>, CNRS-Editions - Zulma :<br />
<div class="indent">Traces de la production scientifique et modes de reconstruction (p. 229) :</div>
<br />
<div style="width: 100%"><table border="1" cellspacing="0">
<tr valign="top"><td style="padding-left:3px;padding-right:3px"><strong>Mode de reconstruction</strong></td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px"><strong>Textes</strong></td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px"><strong>Dispositifs</strong></td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px"><strong>Audiences</strong></td></tr>
<tr ><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">Temps r&#233;el, non lin&#233;aire</td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">Cahiers, notes</td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">Constructions locales, gestes</td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">&#201;quipe de recherche</td></tr>
<tr ><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">R&#233;trospectif, non lin&#233;aire</td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">Lettres, brouillons</td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">Prototypes, inscriptions, protocoles</td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">R&#233;seaux informels</td></tr>
<tr ><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">R&#233;trospectif, lin&#233;aire</td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">Rapports, articles</td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">Outils standards, notices</td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">Groupes de sp&#233;cialistes</td></tr>
<tr ><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">Prospectif, lin&#233;aire</td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">Articles, manuels, essais</td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">Instruments de d&#233;monstration</td><td style="padding-left:3px;padding-right:3px">&#201;tudiants, public cultiv&#233;</td></tr>
</table></div>
<br />
<strong>Georges Lochak</strong>. <em>D&#233;fense et illustration de la science</em>. 2002 (Ellipses) :<br />
<br />
<div class="indent">Mais au XVIIIe si&#232;cle, les hommes de science fran&#231;ais se tinrent, pour l'essentiel, en dehors de tout cela &#8212; soci&#233;t&#233;s savantes ou universit&#233; &#8212; et ils le rest&#232;rent longtemps, se contentant de correspondre entre eux, et avec leurs pairs &#233;trangers.<br />
Il est int&#233;ressant de noter, tant est lente l'&#233;volution des m&#339;urs, que Fran&#231;ais et &#233;trangers conservaient, du discours p&#233;ripat&#233;ticien et des traditions alchimiques, un penchant pour la pol&#233;mique et un go&#251;t du secret. Ils s'&#233;puisaient en libelles et en d&#233;bats publics, se d&#233;fiaient par voie d'huissier, en concours anonymes, consignaient des th&#233;or&#232;mes sans d&#233;monstration, notaient des r&#233;sultats sous forme d'anagrammes illisibles ou de codes connus d'eux-seuls, pour se perdre ensuite en querelles de priorit&#233;.<br />
Pendant pr&#232;s d'un si&#232;cle apr&#232;s sa formation, l'Acad&#233;mie des Sciences de Paris ne publia pas ses Comptes rendus pour ne pas en r&#233;v&#233;ler le contenu scientifique et l'on se demandait si publier la critique d'un livre encourage sa lecture ou, au contraire, la d&#233;courage en en r&#233;v&#233;lant la teneur. (p. 96)</div>
<br />
<a id="titelanker5"></a><h4>Communication sur Internet</h4>
<br />
cf. <span class="phdthesisAuthor">Pignard-Cheynel, Nathalie</span>, <span class="phdthesisTitle">La communication des sciences sur Internet. Strat&#233;gies et pratiques</span>, <span class="phdthesisSchool">Universit&#233; Grenoble 3</span>, <span class="phdthesisAddress">Grenoble, France</span>, <span class="phdthesisYear">2004</span>, <a href="http://sciences-medias.ens-lsh.fr/scs/IMG/pdf/These_PIGNARD-6.pdf">http://sciences-medias.ens-lsh.fr/scs/IMG/pdf/These_PIGNARD-6.pdf</a>&#160;<a href="http://sciences-medias.ens-lsh.fr/scs/IMG/pdf/These_PIGNARD-6.pdf"><img src="http://www.enroweb.com/wiki/images/external.png" alt="external link" /></a><br />
<br />
<a id="titelanker6"></a><h3>Vulgarisation, m&#233;diation</h3>
<br />
<a id="titelanker7"></a><h4>Comment vulgariser ?</h4>
<br />
<strong>Bruno Latour</strong>, <em>Le M&#233;tier de chercheur, regard d'un anthropologue</em>, INRA &#233;ditions, coll. "Sciences en questions", 2001 :<br />
<div class="indent">(&#8230;) n'est-il pas paradoxal de vouloir toujours int&#233;resser le public aux faits, alors que pas un seul scientifique ne s'yn int&#233;resse ? Le scientifique s'int&#233;resse pr&#233;cis&#233;ment &#224; ce qui n'est pas encore un fait. La source de son int&#233;r&#234;t, de sa passion, c'est le tri entre ce qui sera jug&#233; scientifiquement valable et ce qui ne le sera pas. Le ressort de l'int&#233;r&#234;t &#224; l'int&#233;rieur de la communaut&#233; scientifique n'est donc pas celui qu'on utilise &#224; l'ext&#233;rieur de cette communaut&#233; pour diffuser la science. Il y a l&#224; mati&#232;re &#224; r&#233;flexion ! (p. 45)</div>
<br />
<strong>Harry Collins et Trevor Pinch</strong>, <em>Tout ce que vous devriez savoir sur la science</em>, &#233;ditions du Seuil, coll. "Points sciences", 2001 (pp. 189-190) :<br />
<div class="indent">Le d&#233;bat sur l'appr&#233;hension publique de la science est &#233;galement fauss&#233; par une confusion entre m&#233;thode et contenu. C'est la m&#233;thode que nous voulons voir expliqu&#233;e, mais c'est le contenu de la science que la plupart des gens curieux de ces questions attendent qu'on leur r&#233;v&#232;le &#8212; autrement dit, ce que les puissants croient &#234;tre le contenu de la science. La raison invoqu&#233;e par ceux qui se pr&#233;occupent de faire conna&#238;tre la science au public est que les questions scientifiques et techniques sont de plus en plus souvent impliqu&#233;es dans le processus politique. Les citoyens, lorsqu'ils votent, ont besoin d'un minimum de connaissances pour d&#233;cider s'ils pr&#233;f&#232;rent voir augmenter le nombre des centrales thermiques ou des centrales nucl&#233;aires, augmenter la production de bl&#233; ou la propret&#233; des rivi&#232;res, la vivisection ou les progr&#232;s de la m&#233;decine, ou encore savoir su ce sont l&#224; les seules alternatives. Peut-&#234;tre existe-t-il des solutions neuves &#8212; force mar&#233;motrice, agriculture biologique, test des m&#233;dicaments sans vivisection. Les "vulgarisateurs" semblent croire que si l'homme de la rue connaissait mieux les questions scientifiques, il serait mieux &#224; m&#234;me de d&#233;cider de toutes ces choses.<br />
Comment peut-on penser cela ? C'est une des plus grandes illusions de notre temps. Pourquoi ? Parce que, dans ces d&#233;bats, on trouvera toujours des docteurs et des professeurs pour d&#233;fendre des opinions oppos&#233;es. Les arguments sont en grande partie forg&#233;s dans les universit&#233;s. Les d&#233;fenseurs des deux bords <strong>p. 190 -&gt;</strong> ont donc des connaissances en des domaines pr&#233;cis qui d&#233;passent de beaucoup celles que l'on pourra jamais esp&#233;rer attendre de l'homme de la rue et tous savent comment d&#233;fendre leur point de vue avec nettet&#233; et sans commettre d'erreurs &#233;videntes. La raison pour laquelle de tels d&#233;bats sont insolubles en d&#233;pit de toutes ces comp&#233;tences est ce que nous tent&#233; de d&#233;montrer dans ce livre. En d'autres termes, nous avons montr&#233; qu'il est impossible aux chercheurs de trancher leurs d&#233;saccords en affinant leurs exp&#233;riences, en acqu&#233;rant de nouvelles connaissances, en faisant progresser les th&#233;ories ou en clarifiant leur pens&#233;e. Il est vain de croire que le public en g&#233;n&#233;ral puisse faire mieux.<br />
Nous sommes d'accord avec les m&#233;diateurs de la science pour affirmer que <strong>le citoyen a besoin d'&#234;tre assez inform&#233; pour se prononcer sur des questions techniques, mais il n'est pas n&#233;cessaire que l'information porte sur le contenu de la science : elle doit concerne les rapports entre les experts et les hommes politiques, les m&#233;dias et le reste de la population</strong>. Le citoyen sait de longue main comment s'y retrouver au milieu d'avis divergents qui pr&#233;tendent &#234;tre autre chose que ce qu'ils sont. "Qui croire ?" n'est pas la seule question ; il y en a deux : "Qui croire ?" et "Les scientifiques sont-ils des dieux ou des charlatans ?" La seconde est celle qui rend le d&#233;bat si incertain du fait, comme nous l'avons dit, que deux options seulement sont propos&#233;es.</div>
<br />
<a id="titelanker8"></a><h4>Mise en culture de la science</h4>
<br />
<strong>Jean-Marc L&#233;vy-Leblond</strong>, "Pour des centres culturels scientifiques et techniques" <em>in L'Esprit de sel</em>, Points Seuil, 1984 :<br />
<div class="indent">La science, aujourd'hui, n'est pas int&#233;gr&#233;e &#224; la culture, qu'elle soit savante ou populaire &#8212; et la technique, si elle en est moins absente, n'y est gu&#232;re reconnue. Par ailleurs, il n'y a plus de culture professionnelle, digne de ce nom, propre aux milieux scientifiques. Lorsqu'on parle de "culture scientifique et technique", ce ne peut donc &#234;tre pour la partager ou la d&#233;velopper &#8212; mais bien pour la cr&#233;er : il s'agit de <em>mettre en culture</em> la science et la technique. Une condition n&#233;cessaire de cette mise en culture est &#233;videmment la prise en compte des sciences sociales et humaines.<br />
Il s'agit l&#224; d'une <em>politique</em>, au sens plein du terme, qui vise ins&#233;parablement des <em>objectifs sociaux, &#233;conomiques, culturels</em> :<br />
<ul><li> permettre l'&#233;largissement de la d&#233;mocratie aux choix technologiques (&#233;nergie, d&#233;fense, sant&#233;, etc.) qui conditionnent notre avenir.
</li><li> Assurer une base collective de comp&#233;tence scientifique et technique, et promouvoir l'aptitude &#224; l'innovation, pour un d&#233;veloppement industriel contr&#244;l&#233;.
</li><li> R&#233;pondre au l&#233;gitime besoin qu'a chacun de conna&#238;tre le monde, dans sa dimension sociale autant que naturelle.
</li></ul>Une telle politique exige avant tout l'organisation d'&#233;changes et de confrontations entre les producteurs de science et de techniques (chercheurs, ing&#233;nieurs, mais aussi techniciens et ouvriers, tant dans les institutions de recherche que dans les entreprises), les diffuseurs (enseignants, journalistes, commerciaux), le "public" &#8212; organis&#233; (associations, syndicats, collectivit&#233;s locales, comit&#233;s d'entreprise, PMI) ou pas &#8212; et les responsables politiques et institutionnels. Ces confrontations, voire ces conflits, &#233;viteront tout d&amp;&#233;rapage de l'entreprise d'acculturation vers une extension sournoise du pouvoir des experts. &#192; l'encontre d'une politique technocratique ou paternaliste, il ne s'agit pas seulement de partager le savoir, mais de le changer. Multiplier les &#233;changes des milieux scientifiques techniques avec le corps social doit modifier, et la science et la soci&#233;t&#233;. On ne peut mettre la science en culture sans la mettre en question.<br />
Une telle politique ne peut &#234;tre men&#233;e :<br />
<ul><li> ni par les institutions de recherche et d'enseignement (Universit&#233;, CNRS, CNDP, etc.), qui se sont au fil des ans referm&#233;es sur elles-m&#234;mes, et qu'il s'agit pr&#233;cis&#233;ment de d&#233;senclaver pour valoriser et f&#233;conder leurs activit&#233;s,
</li><li> ni par les institutions culturelles existantes (mus&#233;es, biblioth&#232;ques, centres culturels), m&#234;me lorsqu'elles prennent en compte certains &#233;l&#233;ments scientifiques et techniques (mus&#233;ums d'histoires naturelle, mus&#233;es industriels), car elles sont plus tourn&#233;es vers la protection patrimoniale et la conservation du pass&#233; que vers l'ouverture au questionnement social et la pr&#233;paration de l'avenir (reste que ces deux types d'institutions constitueront des interlocuteurs privil&#233;gi&#233;s pour les nouveaux organismes, qui devront travailler en &#233;troite concertation avec elles &#8212; et leur permettre d'accro&#238;tre leur efficacit&#233;).
</li></ul>Une telle politique exige des moyens nouveaux. Elle doit &#234;tre multiforme et conjuguer des initiatives d'ampleurs tr&#232;s diverses. Mais pour qu'apparaissent pleinement le caract&#232;re novateur et l'&#233;chelle nationale de cette entreprise, pour lui assurer un caract&#232;re durable et &#233;viter sa marginalisation ou sa gadg&#233;tisation, pour mat&#233;rialiser l'engagement de fond de l'&#201;tat et des collectivit&#233;s locales, pour &#233;quilibrer le poids et contre-balancer l'inertie des institutions traditionnelles, il convient d'ancrer cette politique sur la cr&#233;ation de quelques foyers importants autonomes et permanents que, faute de mieux, on nommera Centres culturels scientifiques et techniques (CCST).</div>
<br />
<strong>Jean Caune</strong>, "La culture scientifique et technique en question", in Isabelle Pailliart (dir.), <em>La publicisation de la science</em>, Presses universitaires de Grenoble, 2005 :<br />
<div class="indent">Au d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt, Jean-Marc L&#233;vy-Leblond, dans cette perspective, proposait de "mettre en culture la science et la technique" en prenant en compte les sciences sociales et humaines (<em>L&#8217;esprit de sel</em>, 1982, p. 304). Ce projet, vingt ans plus tard, reste largement en friche. On peut se demander si les conditions de sa mise en &#339;uvre ont &#233;t&#233; r&#233;ellement prises en compte. La "mise en culture de la science" ne rel&#232;ve pas d'un processus unilat&#233;ral de diffusion. Elle consiste &#224; articuler, par le biais des pratiques sociales, l'insertion des savoirs et des conditions de la connaissance dans les processus de formation et d'expression des personnes et dans la trame des liens symboliques dans la Cit&#233;. (p. 168)</div>
<br />
cf. <span class="techreportAuthor">Kunth, Daniel</span>, <span class="techreportTitle">La place du chercheur dans la vulgarisation scientifique</span>, <span class="techreportInstitution">Minist&#232;re de la recherche et de l'espace --- D&#233;l&#233;gation &#224; l'information scientifique et technique</span>, <span class="techreportYear">1992</span>, <a href="http://sciences-medias.ens-lsh.fr/scs/IMG/pdf/rapport_Kunth-3.pdf">http://sciences-medias.ens-lsh.fr/scs/IMG/pdf/rapport_Kunth-3.pdf</a>&#160;<a href="http://sciences-medias.ens-lsh.fr/scs/IMG/pdf/rapport_Kunth-3.pdf"><img src="http://www.enroweb.com/wiki/images/external.png" alt="external link" /></a></div>


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