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Police


Compte-rendu de « Que fait la police ? » de Paul Rocher


Autrement dit, en matière de police, la hausse des dépenses publiques est associée à un impact nul voire négatif sur la quantité et la qualité du service rendu.
Spécialiste reconnu de la police, à laquelle il a dédié pas moins de 18 ouvrages scientifiques, David H. Bayley décrédibilise définitivement l'équation « plus de police, moins de délinquance »: « Premièrement des analyses répétées ont systématiquement échoué à trouver une connexion entre le nombre de policiers et le taux de criminalité. Deuxièmement, il a été démontré que les stratégies principales adoptées par la police moderne ont peu ou pas d'effet sur le crime. »
La comparaison des dépenses publiques consacrées à la police et à l'enseignement exposée dans le chapitre précédent montre que la part des premières a augmenté alors que celle des secondes a diminué. Cette évolution est en soi un indicateur de l'étatisme autoritaire en vigueur en France depuis trente ans. Mais son ampleur apparaît encore plus clairement si on rapporte l'évolution des dépenses aux besoins. En supposant une adéquation entre services et besoins policiers au début des années 1990, on observe qu'à un besoin constant correspond une hausse significative des moyens : alors que sur trente ans la délinquance est stable, les dépenses policières augmentent de près de 35 %.

Un constat similaire s'impose en matière de garde à vue: « La comparaison des années 2002 et 2006 fait principalement ressortir une augmentation de près de 40% du nombre de gardes à vue, presque deux fois supérieure à celle des mises en cause et presque neuf fois supérieure à celle, légère, des incarcérations. » (Laurent Mucchielli). Le discours policier attribue cet écart croissant entre l'activité policière et les décisions de justice au « laxisme » de cette dernière. La sociologie avance une autre interprétation : « La forte augmentation de la répression policière ne présume en rien de la gravité des faits pour lesquels les personnes sont poursuivies, ni de la solidité des enquêtes. Dès lors, si une bonne partie des faits supplémentaires amenés par les policiers est en réalité de faible gravité et/ou que les dossiers sont davantage montés dans la précipitation et comportent plus d'irrégularités procédurales ou de preuves insuffisantes (c'est la rançon de la précipitation et de la fabrique du chiffre pour le chiffre imposé par ce "nouveau management" de la sécurité), il devient beaucoup moins surprenant que les magistrats ne suivent pas automatiquement les policiers. » (Laurent Mucchielli) (p. 90)

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