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	<title>EnroWiki : LivresLus</title>
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<div id="page" class="page">
<a id="titelanker1"></a><h2>Livres lus</h2>
<br />
<a id="titelanker2"></a><h3>2026</h3>
- Maurice Renard. <em>Le P&#233;ril bleu</em>. 1910 (Biblioth&#232;que Marabout, coll. &#171;&#160;Science fiction&#160;&#187;)<br />
<div class="indent"><br />
&#8212; Mon ami, poursuivit le duc d'Agn&#232;s, est un&#8230;<br />
&#8212; Je suis <em>sherlockiste</em>, et rien de plus.<br />
M. Le Tellier fut des yeux en point d'orgue.<br />
&#8212; Pla&#238;t-il ?<br />
Tiburce s'effor&#231;a d'atteindre le comble du flegme et de lorgner son interlocuteur bien en face.<br />
&#8212; Je dis que je suis <em>sherlockiste</em>, r&#233;p&#233;ta-t-il, mais alors, il devint si rouge que ses l&#232;vres disparurent dans l'embrasement de tout son visage... <em>Sherlockiste</em> ou <em>holmesien</em>, si vous pr&#233;f&#233;rez ; comme on dit <em>carliste</em> ou <em>garibaldien</em>.<br />
A cette minute. M. Garan figurait assez heureusement l'ironie, M. d'Agn&#232;s la contrari&#233;t&#233;, et M. Le Tellier l'incompr&#233;hension. Ce que voyant, Tiburce reprit :<br />
 &#8212;&#160;&#160;Enfin, monsieur, vous avez bien entendu parler de Sherlock Holmes ?<br />
&#8212;&#160;&#160;Euh... Serait-ce un parent de cette Augusta Holmes qui faisait de la musique ?<br />
&#8212; Nullement. Sherlock Holmes est un virtuose, mais un virtuose d&#233;tective. C'est un policier de g&#233;nie, dont Sir Arthur Conan Doyle a racont&#233; les exploits fantaisistes...<br />
&#8212; Eh ! monsieur, &#224; l'heure o&#249; nous sommes, au diable les romans ! et foin de votre Shylock Hermes !<br />
&#8212; <em>Sherlock</em>, rectifia Tiburce, <em>Sherlock Holmes</em>. Et il poursuivit sans trop s'&#233;mouvoir: &#8212; Eh bien, monsieur, moi, je suis l'&#233;mule vivant de ce h&#233;ros imaginaire, et j'applique aux difficult&#233;s de la vie r&#233;elle sa m&#233;thode incomparable.<br />
Le duc d'Agn&#232;s, s'apercevant que M. Le Tellier s'aga&#231;ait de plus en plus, hasarda timidement :<br />
&#8212; J'affirme... en v&#233;rit&#233;... que Tiburce nous sera d'un grand secours.<br />
Et Tiburce :<br />
&#8212; Ecoutez-moi quelques instants. Si vous manquez de foi, c'est que vous ne comprenez pas. Laissez que je m'explique.<br />
&#187; Voyez-vous, monsieur, ma vocation s'est d&#233;cid&#233;e &#224; l'&#233;poque o&#249; je faisais ma philosophie &#8212; non pas un jour que je piochais quelqu'un de ces scolastiques dont je devais tant ch&#233;rir les &#339;uvres, mais un soir que je lisais le conte de Voltaire intitul&#233; <em>Zadig ou la Destin&#233;e</em>. On y trouve, monsieur, certain morceau qui est comme le prototype de toutes les intrigues polici&#232;res, o&#249; Zadig, quoique n'ayant jamais vu la chienne de la reine, n'en fait pas moins la description frappante au Premier eunuque, gr&#226;ce aux vestiges qu'elle a laiss&#233;s de son passage dans un petit bois.<br />
&#187; Cette lecture m'ouvrit les yeux, et je r&#233;solus de cultiver en moi les dispositions &#224; la perspicacit&#233;, que je sentais imp&#233;rieuses et riches &#8212; soit dit sans fausse modestie.<br />
&#187; A quelque temps de l&#224;, les contes d'Edgar Poe me tomb&#232;rent sous la main; je fus &#233;merveill&#233; par l'esprit sagace du policier Dupin. Enfin, ces derni&#232;res ann&#233;es, toute une litt&#233;rature s'est mise &#224; fleurir &#224; la suite du <em>Crime de la rue Morgue</em>, de <em>La Lettre vol&#233;e</em>, du <em>Myst&#232;re de Marie Roget</em>, et ma vocation se dessina de plus en plus. A vrai dire, Sherlock Holmes domine cette production comme Napol&#233;on domine l'histoire de son temps, mais chacun de ces ouvrages a pourtant son importance et forme un br&#233;viaire du chasseur d'inconnu. Leur ensemble renforc&#233; de plusieurs trait&#233;s de logique, compose la biblioth&#232;que du d&#233;tective amateur &#8212; et cette biblioth&#232;que, monsieur, ne me quitte pas.<br />
Tiburce, disant ces paroles, ouvrit une valise qu'il avait dissimul&#233;e sous la cloche de son macfarlane, et tira de ses profondeurs une kyrielle de volumes solidement reli&#233;s. Il les posa un par un sur le bureau, glissant c&#244;te &#224; c&#244;te Aristote et Maurice Leblanc, Mark Twain et Stuart Mill, Hegel Gaston Leroux, Conan Doyle et Condillac - faisant voisiner <em>Le Parfum de la dame en noir</em> avec les trois premiers tomes du <em>Spectateur</em> et <em>Les Aventures d'Ars&#232;ne Lupin</em> avec <em>La Logique inductive et d&#233;ductive</em>.<br />
&#8212; Voici mes ma&#238;tres, dit-il avec un geste pompeux. Mais n'allez pas croire que l'&#233;tude de ces livres soit mon labeur unique. Je b&#251;che &#233;norm&#233;ment, monsieur, et dans tous les genres, afin d'acqu&#233;rir les connaissances universelles du grand Sherlock. Je ne laisse un manuel d'alg&#232;bre, de menuiserie, de m&#233;decine ou d'&#233;levage, que pour courir &#224; la salle d'escrime, au club de boxe, au gymnase ou bien au man&#232;ge ; et mes vacances, je les emploie &#224; faire de la logique appliqu&#233;e : &#224; passer des principes &#224; la pratique, de la th&#233;orie au service en campagne. (pp. 60-62)</div>
<br />
- Paul Morand. <em>Londres</em>. 1933 (Plon)<br />
<br />
<div class="indent">Le secret, intact depuis 1880, perc&#233; &#224; jour depuis l'ann&#233;e derni&#232;re, de Jack l'Eventreur qui &#233;tait vraiment un Dr Jekyll, son enterrement simul&#233;, les revenants du Quai des Ex&#233;cutions, o&#249; le capitaine Kidd fut pendu, la lecture des anciennes enqu&#234;tes scandaleuses du <em>Pall Mall Gazette</em> sur la traite des blanches, le dilettantisme de l'assassinat en plein brouillard de MM. Burke et Hare, dans les <em>Vies imaginaires</em> de Schwob, les souvenirs des &#233;coles criminelles de Dickens, o&#249; l'on enseigne &#224; retourner une poche avec deux doigts, et l'essai de Villiers de l'Isle-Adam sur le sadisme anglais, d&#233;di&#233; &#224; Huysmans, ces r&#233;cits mythiques de petites Londoniennes, vendues, viol&#233;es ou crucifi&#233;es, qui venaient jusqu'&#224; nous sous le manteau, du fond du dix-huiti&#232;me si&#232;cle, en passant par Jean Lorrain et par Toulet, via les Goncourt, les <em>M&#233;moires de Fanny Hill</em> et les trait&#233;s de flagellation de sir Thomas Buckle (par ailleurs c&#233;l&#232;bre historien de la civilisation), coloraient Londres, pour nous, de reflets de sang et d'acier... (p. 100-101)</div>
<hr />
<br />
<a id="titelanker3"></a><h3>2025</h3>
- Pascal Fioretto. <em>L'Anomalie du train 006</em>. 2021 (Editions Herodios)<br />
- Nathaniel Ian Miller. <em>L&#8217;Odyss&#233;e de Sven</em>. 2021 (J&#8217;ai lu)<br />
<br />
<div class="indent">&#8212; (&#8230;) La mort ou un court s&#233;jour &#224; Craiglockhart ? Que choisiriez-vous ?<br />
&#8212; Je n'ai jamais entendu parler de Craiglockhart.<br />
&#8212; Ah oui, c'est vrai. C'est une institution psychiatrique, &#224; Edimbourg, pour ceux dont les cicatrices de guerre ne sont pas, dirons-nous, imm&#233;diatement visibles. Ceux qui s'aper&#231;oivent que tout ce carnage insens&#233; s'est log&#233; dans leur esprit et qu'ils ne peuvent pas, malgr&#233; tous leurs efforts, l'en retirer, sauf en se tirant une balle."<br />
L'humeur de [lieutenant Matthew Hare] changea avec une soudainet&#233; &#233;tourdissante et il s'assit. Un nuage sembla passer devant lui et il fixa le vide de la pi&#232;ce.<br />
"C'est aussi, poursuivit-il, rien de moins que l'endroit o&#249; j'ai &#233;t&#233; moi-m&#234;me intern&#233;, presque deux ans avant [le po&#232;te et ancien combattant Siegfried] Sassoon. Oui, ce vieux Craiglockhart. Un endroit assez confortable pour devenir tranquillement fou." (p. 182)</div>
<br />
- Marisha Pessl. <em>Int&#233;rieur nuit</em>. 2013 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- JRR Tolkien. <em>La Geste des enfants de H&#250;rin</em>. 1982 (Pocket)<br />
- Arthur Conan Doyle. <em>Le Poss&#233;d&#233;</em>. 1894 (L&#8217;Arbre vengeur)<br />
<hr />
<br />
<a id="titelanker4"></a><h3>2024</h3>
- Diane Setterfield. <em>Le treizi&#232;me conte</em>. 2006 (Plon)<br />
- Georges Duhamel. <em>Les Ma&#238;tres</em>. 1937 (Gallimard, coll. &#171;&#160;Folio&#160;&#187;)<br />
- Leo Perutz. <em>La Neige de saint Pierre</em>. 1933 (Zulma)<br />
- J. M. Erre. <em>Le Myst&#232;re Sherlock</em>. 2012 (Pocket)<br />
- Antoine Wouters. <em>Mahmoud ou la mont&#233;e des eaux</em>. 2021 (Gallimard, coll. &#171;&#160;Folio&#160;&#187;)<br />
- Kim Stanley Robinson. <em>Le Minist&#232;re du futur</em>. 2020 (Bragelonne, coll. &#171;&#160;Bragelonne SF&#160;&#187;)<br />
- Jules Verne. <em>Le Ch&#226;teau des Carpathes</em>. 1892 (Le Livre de poche)<br />
<br />
<div class="indent">Il va sans dire que Franz de T&#233;lek ne put cacher l'&#233;tonnement que ce r&#233;cit lui fit &#233;prouver et les sentiments qu&#8217;il lui sugg&#233;ra. Quoique m&#233;diocrement instruit des choses de science, &#224; l'exemple des jeunes gens de sa condition qui vivaient en leurs ch&#226;teaux au fond de campagnes valaques, c'&#233;tait un homme de bon sens. Aussi, croyait-il peu aux apparitions, et se riait-il volontiers des l&#233;gendes. Un burg hant&#233; par des esprits, cela &#233;tait bien pour exciter son incr&#233;dulit&#233;. A son avis, dans ce que venait de lui raconter ma&#238;tre Koltz, il n'y avait rien de merveilleux, mais uniquement quelques faits plus ou moins &#233;tablis, auxquels les gens de Werst attribuaient une origine surnaturelle. La fum&#233;e du donjon, la cloche sonnant &#224; toute vol&#233;e, cela pouvait s'expliquer tr&#232;s simplement. Quant aux fulgurations et aux mugissements sortis de l'enceinte, c'&#233;tait pur effet d'hallucination. (p. 130)</div>
<br />
<div class="indent">Du reste, le magister Hermod n'a pas cess&#233; de baser ses le&#231;ons sur l&#8217;&#233;tude des l&#233;gendes transylvaines. Longtemps encore, la jeune g&#233;n&#233;ration du village de Werst croira que les esprits de l'autre monde hantent les ruines du ch&#226;teau des Carpathes. (p. 241)</div>
<br />
- Jenni Fagan. <em>La Fille du Diable</em>. 2021 (&#201;ditions M&#233;taili&#233;, coll. "Biblioth&#232;que &#233;cossaise")<br />
<br />
<div class="indent">Notre immeuble comporte neuf &#233;tages, plus un sous-sol et un grenier, il y a d'autres b&#226;timents &#224; c&#244;t&#233; qui comptent bien quatorze &#233;tages et leurs sous-sols sont froids et humides. Mais pour la plupart, ils ne m&#232;nent pas &#224; des catacombes, contrairement au N&#176; 10 Lucken-booth Close. M. Udnam dit que l'entr&#233;e est condamn&#233;e mais si tu vas dans les catacombes qui se trouvent sous cette ville depuis n'importe quel autre point d'acc&#232;s (il y en a sous les arches de la gare), on ne te revoit jamais.<br />
Ce n'est pas pour exag&#233;rer. Autrefois, ils transportaient des cadavres dans les catacombes pour aller les vendre aux professeurs du Coll&#232;ge royal des chirurgiens. Je ne sais pas combien ils touchaient par cadavre. Je ne sais pas combien de corps ils ont transport&#233;s sous ces belles rues mais j'ai entendu dire qu'il y en a eu beaucoup. Les figures embl&#233;matiques de ce commerce de meurtre sur commande s'appelaient Burke et Hare. Il y a un pub qui porte leur nom aujourd'hui. Comme tu peux le deviner, ils ont ici un sens de l'humour assez noir. M&#234;me sous les pav&#233;s de Princes Street, si grandiose et si jolie, on devait transporter des cadavres: les bons &#233;tudiants en m&#233;decine avaient besoin de cadavres &#224; diss&#233;quer, c'&#233;taient pour la plupart des gosses de riches et s'ils avaient besoin de cadavres &#224; diss&#233;quer, on leur en donnait. L'&#233;ducation est une grosse industrie &#224; &#201;dimbourg, et je n'emploie pas le mot industrie par hasard. (p. 49)</div>
<br />
<div class="indent">&#201;dimbourg a souvent un ciel magnifique. Bleu ou rose p&#226;le et, quand il n'y a pas de nuage, c'est &#224; couper le souffle. Parfois le ciel s'emballe de telle mani&#232;re qu'il semble y en avoir deux venant de deux mondes compl&#232;tement diff&#233;rents - qui se pr&#233;cipitent l'un sur l'autre depuis des directions oppos&#233;es, des couches de nuages et une humeur sombre - un soup&#231;on d'&#233;toiles. C'est &#233;tourdissant! (p. 54)</div>
<br />
<div class="indent">M. Udnam ne remontera pas chez Greig ce soir. II n'appellera pas la police. Elle n'a pas envie d'y retourner tout de suite, elle non plus. Une fois dehors, elle s'en grille une. Passe devant le Tron. Il y a des gens dehors, en train de manger et boire. Elle traverse la route et prend la mont&#233;e qui passe devant Old College. Elle s'engage dans Nicolson Street puis redescend et tourne &#224; l'angle jusqu'&#224; ce qu'elle aper&#231;oive Arthur's Seat. C'est le plus beau et le plus gros ancien volcan &#233;teint &#224; jamais pouvoir se dresser en pleine ville. Son moment pr&#233;f&#233;r&#233; pour l&#8217;admirer, c&#8217;est quand le soleil se couche sur les falaises. On dirait qu&#8217;elles sont en feu. Tout le massif devient d'un rose dor&#233;. Puis le soleil dispara&#238;t et les falaises redeviennent noires et maussades. Elle s'adosse &#224; un b&#226;timent. Allume une clope. Il y a des publicit&#233;s partout sur le mur d'en face. Camp Coffee. Hp Sauce. Sunlight Soap. Ces falaises ressemblent aux visages burin&#233;s d'hommes &#226;g&#233;s jetant sur la ville un regard mauvais. Elles l'ont toujours fait. Elles le feront toujours. Fut un temps o&#249; tout ceci n'&#233;tait qu'eau et glace puis sont apparus les plantes et les animaux et enfin les gens, les voitures, le mouvement, la mode et la nourriture, ceux qui ont et ceux qui n'auront jamais. Ces falaises surveillent tout. L&#224;-haut, au sommet: voil&#224; o&#249; elle va. Des &#233;boulis la font chanceler mais elle conna&#238;t trop bien ce chemin pour s'arr&#234;ter et elle sait ce qu'elle veut.<br />
Flora a mal aux cuisses. Ses chaussures ne sont vraiment pas adapt&#233;es.<br />
Elle s'en moque. Tout en haut des falaises, c'est l&#224; qu'elle peut voir &#224; nouveau. La mer est d'un bleu sombre uniforme au loin. Il fait nuit mais Flora sait exactement o&#249; se trouve l'ile. De gros navires doivent &#234;tre amarr&#233;s dans le Firth of Forth. Les marins sont sans doute encore en train de boire dans le port de Leith. Flora voit les fl&#232;ches de toutes les &#233;glises. Une pour chaque pub, dit-on. La silhouette du ch&#226;teau d'&#201;dimbourg et de Holyrood Palace tout en bas. Flora gravit le sentier rocailleux des falaises jusqu'&#224; ce qu'elle voie la ville enti&#232;re scintiller devant elle. Les lumi&#232;res d'&#201;dimbourg sont des points minuscules - comme les &#226;mes humaines. Comme si chaque &#226;me avait le pouvoir d'en allumer une autre. Comme si elles &#233;taient bel et bien toutes li&#233;es entre elles, m&#234;me si c'est rarement l'impression qu'on en a. (pp. 114-115)</div>
<br />
<div class="indent">Je ne l'avais pas remarqu&#233; avant, mais il y a un sous-sol dans notre immeuble, &#233;quip&#233; d'un gros cadenas. Quand les sir&#232;nes des raids a&#233;riens retentissent, nous ne l'utilisons pas. Nous devons descendre dans le bunker de Mary King's Close. C'est comme si on remontait le temps, Leo. L&#224; en bas, les arches sont froides et humides, et &#231;a sent une odeur que je ne parviens m&#234;me pas &#224; d&#233;crire. (p. 121)</div>
<br />
<div class="indent">Je ne l'avais pas vu au d&#233;but. Il y a deux villes &#224; &#201;dim-bourg. Il y en a une au-dessus du sol et une en dessous, une au centre et une en p&#233;riph&#233;rie. Celle du centre semble capable de faire tout ce qu'elle veut et celle de la p&#233;riph&#233;rie peut seulement prendre ce qu'on lui donne; tout &#231;a me semble sacr&#233;ment familier. Il y a l'Edimbourg qu'on montre aux touristes. Et puis l'autre, consid&#233;r&#233;e comme la v&#233;ritable &#201;dimbourg par les gens d'ici. Il y a les h&#244;tels et les boutiques de luxe, les automobiles, les tramways et les lieux de travail, et puis il y a les taudis, la famine, la maladie, la drogue, la prostitution, la criminalit&#233;, le manque ou l'absence d'infrastructures, de plombe-rie, d'eau potable, de droits... si le conseil municipal veut d&#233;molir leurs maisons, il le fait. Tout cela se passe dans des rues situ&#233;es &#224; seulement dix minutes &#224; pied du luxueux centre-ville. (p. 123)</div>
<br />
<div class="indent">Le tonnerre gronde sur le Firth of Forth. La mer est noire. Des tourbillons vomissent des algues et du bois flott&#233;. Les vagues claquent au large du port de Granton.<br />
Les m&#226;ts tremblent et s'entrechoquent. On entend le sifflement des bateaux qui s'engouffrent dans le vent. Tous les pubs de la ville sont en train de fermer. Le personnel des bars se replie pour faire barrage. Ceux qui sont encore dans la rue se pressent. Manteaux sur la t&#234;te. Des parapluies, leurs baleines tordues apparentes et inutiles, sont abandonn&#233;s dans les rues, sur les ponts et aux arr&#234;ts de bus. Les tramways se sont interrompus. Bien-t&#244;t, ils seront mis &#224; l'arr&#234;t pour de bon. Aucun train ne circulera ce soir. Les bus d&#233;rapent sur les chauss&#233;es lisses et humides. Le Water of Leith a d&#233;bord&#233;. Les colonies de Stockbridge sont inond&#233;es. Les habitants &#233;vacuent les niveaux inf&#233;rieurs. Les pompiers sont en &#233;tat d'alerte maximum. &#192; l'Infirmary, la salle des urgences est prise d'assaut. Un homme passe sans arr&#234;t la serpilli&#232;re pour que les chaussures mouill&#233;es ne fassent pas glisser quelqu'un d'autre. Sous la ville, les catacombes sont calmes. Dans le ventre de la ville, on entend des grattements. Les rats d&#233;guerpissent des tunnels. Au bout de la rue, les lumi&#232;res dor&#233;es du N&#176; 10 Luckenbooth Close s'&#233;teignent une &#224; une. (p. 220)</div>
<br />
<div class="indent">C'est une ville de dualit&#233;. Le manque d'investissement dans les communaut&#233;s perp&#233;tue cet &#233;tat de fait. &#201;dimbourg n'est que saisons et mouvement - espace, &#233;tendue - moderne, ancien - exp&#233;rience, tradition - conservatistes, escrocs, universitaires, boulangers, conservateurs de mus&#233;e, mendiants, toutes les nombreuses tombes visibles et invisibles. C'est une ville particuli&#232;rement intransigeante. (p. 314)</div>
<br />
- Thomas Bronnec. <em>Collapsus</em>. 2022 (Gallimard, coll. "S&#233;rie noire")<br />
- Bj&#246;rk Larsson. <em>La Derni&#232;re aventure de Long John Silver</em>. 2013 (Grasset)<br />
- Philippe Garnier. <em>La D&#233;mence du percolateur. Courtes r&#234;veries sur les machines et les &#233;motions</em>. 2023 (Premier parall&#232;le)<br />
- Serge Abiteboul, Laurence Devillers et Gilles Dowek. <em>Qui a hack&#233; Garoutzia ?</em>. 2023 (C&amp;F &#233;ditions)<br />
- C&#233;line Minard. <em>Plasmas</em>. 2021 (Rivages)<br />
- Andreas Eschbach. <em>Des milliards de tapis de cheveux</em>. 1995 (L&#8217;Atalante)<br />
<hr />
<br />
<a id="titelanker5"></a><h3>2023</h3>
- William Hjortsberg. <em>Nevermore</em>. 1994 (Gallimard, coll. "Folio policier")<br />
- Pierre Stolze. <em>La Maison Usher ne chutera pas</em>. 1999 (Deno&#235;l, coll. "Pr&#233;sence du futur fantastique")<br />
- Greg Keyes. <em>L&#8217;Empire de la d&#233;raison</em>. 2000 (Pocket, coll. "Fantasy")<br />
- Greg Keyes. <em>L'Alg&#232;bre des anges</em>. 1999 (Pocket, coll. "Fantasy")<br />
- Greg Keyes. <em>Les D&#233;mons du Roi-Soleil</em>. 1998 (Pocket, coll. "Fantasy")<br />
<br />
<div class="indent">&#8212; Les philosophes ne devraient pas se faire concurrence. Ils devraient travailler ensemble. Ils devraient d&#233;verser leurs connaissances dans des oc&#233;ans plut&#244;t que de les diviser en ruisseaux. (Edmond Halley cit&#233; p. 334)</div>
<br />
- Johan Heliot. <em>Question de mort</em>. 2007 (Baleine, Club Van Helsing)<br />
- Ren&#233; Sussan. <em>L&#8217;Anneau de fum&#233;e</em>. 1974 (Den&#246;el, coll. Pr&#233;sence du futur)<br />
<br />
<div class="indent">Insondable na&#239;vet&#233; des savants ! Alors m&#234;me qu'une minute auparavant, il ne voulait rien dire sur le sujet, le voil&#224; qui s'embarquait maintenant dans de longues explications th&#233;oriques (&#8230;) Comme beaucoup de chercheurs, Betsallel, finalement, br&#251;lait de confier ses secrets.</div>
<br />
- Peter Swanson. <em>Huit crimes parfaits</em>. 2020 (Gallmeister)<br />
- Terry Pratchett, Stephen Briggs et Paul Kidby. <em>Les archives d'Ankh Morpork T1: Une anthologie du Disque-Monde</em>. 2019 (L'Atalante)<br />
- Jacques Spitz. <em>L'&#338;il du purgatoire</em>. 1945 (Pocket, coll. Science-fiction / fantasy) <br />
- R&#233;gis Messac. <em>Quinzinzinzili</em>. 1935 (La Table Ronde, coll. "La Petite vermillon")<br />
- Laurent Quintreau. <em>Ce qui nous guette</em>. 2018 (Payot et Rivages)<br />
<br />
<div class="indent">Si la n&#233;cessit&#233; de changer de mod&#232;le &#233;conomique &#233;tait unanimement partag&#233;e ("en finir avec la tyrannie des chiffres et des process", "tuer les algorithmes", "&#233;radiquer le techno-capitalisme qui d&#233;truit les hommes et la plan&#232;te", pour reprendre les mots d'ordre des principaux opposants au pouvoir en place), les solutions politiques pour y parvenir faisaient l'objet des plus grandes divergences. Quoi de commun entre le retour pass&#233;iste et autoritaire &#224; la "naturalit&#233;" pr&#233;conis&#233; par les uns (souvent des religieux ou des survivalistes) et le "hacking redistributif" privil&#233;gi&#233; par les autres (qui n'avait de redistributif que le nom, au vu des quelques actes de piratage de comptes bancaires de particuliers et d'entreprises qui ne firent qu'engraisser d'autres int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, parfois concurrents) ? (p. 123)</div>
<br />
- Xavier Maum&#233;jean. <em>Kafka &#224; Paris</em>. 2015 (Alma)<br />
- Susanna Clarke. <em>Piran&#232;se</em>. 2020 (Robert Laffont)<br />
<br />
<div class="indent">&#8212; &#192; ce sujet, intervins-je, moi aussi j'ai quelque chose &#224; dire. J'ai eu une r&#233;v&#233;lation que je dois maintenant partager avec vous, une r&#233;v&#233;lation qui a des cons&#233;quences de grande port&#233;e pour toutes nos futures recherches. Il nous faut mettre un terme &#224; notre qu&#234;te du Savoir ! Quand nous avons commenc&#233;, nous croyions que c'&#233;tait un effort louable, exigeant toute notre attention, mais il s'av&#232;re que ce n'est pas le cas. Nous devrions y renoncer tout de suite et, &#224; sa place, &#233;tablir un nouveau programme de recherche scientifique ! (p. 86)</div>
<br />
- Ian <span class="missingpage">McEwan</span><a href="http://www.enroweb.com/wiki/wakka.php?wakka=McEwan/edit">?</a>. <em>Machines like Me</em>. 2019 (Jonathan Cape)<br />
<br />
<div class="indent">[Alan Turing :] 'I pleaded guilty to avoid a trial, and refused the treatment. In retrospect, though it didn't seem like it at the time, it was one of the best decisions I ever made. For all but two months of my year in Wandsworth, I had a cell to myself. Being cut off from experimental work, wet-bench stuff and all the usual obligations, I turned back to mathematics. Because of the war, quantum mechanics was moribund from neglect. There were some curious contradictions that I wanted to explore. I was interested in Paul Dirac's work. Above all, I wanted to understand what quantum mechanics could teach computer science. Few interruptions, of course. Access to a few books. People from King's and Manchester and elsewhere came to visit. My friends never let me down. As for the intelligence work, they had me where they wanted me and they left me alone. I was free! I did my best year's work since we broke the Enigma code in '41. Or since the computer logic papers I wrote in the mid-thirties. I even made some headway with the P versus NP problem, though it wasn't formulated in those terms for another fifteen years. I was excited by Crick and Watson's paper on the structure of DNA. I began to work on the first sketches that led eventually to winner-take-all DNA neural networks (&#8230;).'</div>
<br />
<div class="indent">Turing&#8217;s institute drove forward AI and computational biology. He said he wasn&#8217;t interested in becoming richer than he already was. Hundreds of prominent scientists followed his example on open-source publication which would lead, in 1987, to the collapse of the journals &#8216;Nature&#8217; and &#8216;Science&#8217;. He was much criticised for that. Others said that his work had created tens of thousands of jobs around the world in diverse fields &#8211; computer graphics, particle accelerators, protein folding, smart electricity distribution, defence, space exploration. No one could guess the end of such a list. (pp. 39-40)</div>
<hr />
<br />
<a id="titelanker6"></a><h3>2022</h3>
- Pierre Ducrozet. <em>Le Grand vertige</em>. 2020 (Actes Sud, coll. "Domaine fran&#231;ais")<br />
- Alasdair Gray. <em>Pauvres cr&#233;atures</em>. 1992 (&#201;ditions Payot &amp; Rivages)<br />
<br />
<div class="indent">Oui, Baxter m'a appris la libert&#233; en m'entourant de jouets que je n'avais jamais connus petite et en me montrant comment utiliser les instruments (alors appel&#233;s instruments philosophiques) que son p&#232;re employait pour l'instruire. Je ne puis d&#233;crire les d&#233;licieux sentiments de puissance qui m'envahissaient lors que je manipulais les globes terrestres et c&#233;lestes, le zootrope, le microscope, la batterie galvanique, la chambre obscure, les solides r&#233;guliers et les os de Napier. Je devins facilement une bonne manipulatrice &#224; cause de la couture que m'avait apprise ma m&#232;re et de mes exercices sur le piano du couvent. J'avais aussi des libres de botanique, de zoologie, de voyages et d'histoire avec des gravures en couleur devants lesquelles je pouvais r&#234;ver. (p. 233)</div>
<br />
<div class="indent">L'histoire de mon second mari empeste nettement tout ce qui &#233;tait morbide dans le plus morbide des si&#232;cles, le XIXe. Il a ajout&#233; &#224; une histoire d&#233;j&#224; suffisamment bizarre des bizarreries comme celles qu'on peut trouver sur l'inscription de la tombe de James Hogg, additionn&#233;es d'inventions macabres comme celles de Mary Shelley et d'Edgar Allan Poe. De quelle fantaisie victorienne morbide ne s'est-il PAS inspir&#233; ? Je trouve des traces de <em>La Race future</em>, de <em>Dr Jekyll et Mr Hyde</em>, de <em>Dracula</em>, de <em>La Cr&#233;ature de Rider Haggard</em>, des <em>Aventures de Sherlock Holmes</em>, et, h&#233;las, de <em>De l'autre c&#244;t&#233; du miroir</em>, livre plus lugubre que le radieux <em>Alice au Pays des Merveilles</em>. Il a m&#234;me plagi&#233; l'&#339;uvre de deux amis tr&#232;s chers : le <em>Pygmalion</em> de George Bernard Shaw et les romands scientifiques de Herbert George Wells. (p. 240)</div>
<br />
- Paul Fournel. <em>Avant le polar. 99 notes pr&#233;paratoires &#224; l'&#233;criture d'un roman policier</em>. 2016 (Dialogues, coll. "Litt&#233;rature")<br />
- Antoine Bello. <em>L&#8217;Homme qui s&#8217;envola</em>. 2017 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Ren&#233; R&#233;ouven. <em>Les Grandes profondeurs</em>. 1995 (Deno&#235;l, coll. "Pr&#233;sence du fantastique")<br />
<br />
<div class="indent">Je dois le dire, notre s&#233;jour a &#233;t&#233; des plus r&#233;ussis. Nous avons pouss&#233; jusqu'&#224; Bornemouth, o&#249; nous avons salu&#233; Robert-Louis Stevenson, qui, dans sa propri&#233;t&#233; de Skerryvore, soigne, &#224; l'air de la Manche, sa phtisie chronique. Sa femme, Fanny, que je ne connaissais pas, est tout &#224; fait charmante, et elle m'a paru avoir une personnalit&#233; tr&#232;s marqu&#233;e. Nous avons pris le th&#233; au p&#226;le soleil de la mer, sur la longue pelouse bord&#233;e de rhododendrons. A l'abri de son ombrelle rouge, Stevenson m'a confi&#233; qu'il mettait la derni&#232;re main &#224; un roman original et situ&#233; aux antipodes litt&#233;raires de ce qu'il &#233;crit d'habitude.<br />
&#8212; Une aventure scientifique, a-t-il pr&#233;cis&#233;, avec un demi-sourire un peu crisp&#233;. Vous excuserez un litt&#233;raire d'empi&#233;ter sur votre domaine, mon cher.<br />
Il n'a pas voulu m'en dire plus. D'ailleurs, assez curieusement, j'ai eu l'impression que cette conversation n'&#233;tait pas du go&#251;t de sa femme, dont le regard de jais ne quittait pas son visage. Je n'ai m&#234;me pas su le titre de son livre. (p. 40)</div>
<br />
<div class="indent">&#8212; Je vous ferai seulement remarquer, Wilde, que la s&#233;paration m&#233;taphysique entre le Bien et le Mal a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; trait&#233;e par Stevenson.<br />
&#8212; Certes, mais moi, j'utiliserai aussi l'ellipse et la nuance, puisqu'on ne peut pas dire les choses, je me montrerai tout de m&#234;me un peu prolixe quant aux d&#233;bordements de mon personnage ! Savez-vous qu'il m'a laiss&#233; sur ma faim, l'animal ? Qu'est-ce c'est que ces fa&#231;ons d'&#233;crire&#8230; l&#224;, je cite de m&#233;moire : "&#8230; Les volupt&#233;s que je me h&#226;tais de poursuivre sous mon d&#233;guisement de Hyde &#233;taient dignes du ruisseau. Et d&#232;s que Edouard Hyde prit de l'assurance, ses plaisirs inclin&#232;rent rapidement au sadisme. Il s'enivrait de la volupt&#233; que lui procuraient les tourments de ses victimes." Quel ruisseau ? Quel sadisme ? Quelles volupt&#233;s ? Mais c'est qu'on veut savoir, nous, on veut en profiter ! Comment, Stevenson nous met l'eau &#224; la bouche avec ces "crimes honteux" dont se rend coupable son affreux Hyde, et ensuite, passez muscade ! C'est du sans-g&#234;ne litt&#233;raire, je le proclame ! Une honteuse d&#233;robade devant la pudibonderie des temps, un crime contre la libert&#233; de l'Art ! L'avez-vous lu, mon cher ?<br />
&#8212; Pas encore, ai-je r&#233;pondu, tr&#232;s troubl&#233;, mais soyez s&#251;r que je ne manquerai pas de el faire.<br />
&#8212; Et bien, vous serez passionn&#233;, mais frustr&#233;. Stevenson reste bien en de&#231;&#224; de son imagination, il a eu peur de choquer. Croyez-moi, l'hostilit&#233; de notre si&#232;cle envers le r&#233;alisme, c'est la fureur de Caliban se reconnaissant dans un miroir !"<br />
Je n'&#233;tais pas moins de partager son avis, mais j'ai pr&#233;f&#233;r&#233; ne pas le lui dire. (pp. 93-94)</div>
<br />
<div class="indent">Hier, s&#233;ance de rent&#233;e de la S.P.R. L'un de nos correspondants italiens les plus distingu&#233;s, le c&#233;l&#232;bre Cesare Lombroso, &#233;tait pr&#233;sent. Auteur de cet <em>Homme criminel</em> qui a fait grand bruit, il y a douze ans, il veut marier la science m&#233;dicale et la criminologie. Lui, recherche les traces de l'instinct criminel dans la morphologie de l'individu. Et s'il est venu &#224; Londres, ce n'est pas seulement par sympathie pour la cause spiritualiste, mais aussi afin de rencontrer Harry Maudsley. Pionnier de la psychiatrie criminelle, Maudsley poursuit en effet des travaux parall&#232;les aux siens, en ce sens qu'il traque le m&#234;me facteur criminog&#232;ne dans le mental&#8230; Ils &#233;changent depuis quelques ann&#233;es une volumineuse correspondance. (pp. 104-105)</div>
<br />
<div class="indent">"Au fait, m'a-t-il demand&#233;, avez-vous lu <em>Le Horla</em>, son dernier livre ?"<br />
J'ai r&#233;pondu vaguement : "Vous savez, le temps me manque&#8230;<br />
&#8212; Il vous int&#233;resserait. Maupassant reprend un peu l'une de ses nouvelles pr&#233;c&#233;dentes, intitul&#233;e "Lui", o&#249; il exploitait le th&#232;me du double. Mais cette fois, il s'invente une cr&#233;ature invisible et malfaisante, dont on se demande si elle vient des espaces stellaires ou du fond de son &#226;me&#8230;<br />
&#8212; Vraiment ? ai-je murmur&#233;, tr&#232;s troubl&#233;. C'est donc aussi, dans une certaine mesure, le sujet de Stevenson, avec son Monsieur Hyde.<br />
&#8212; L'id&#233;e du double est dans l'air, mon cher ! a affirm&#233; [Henri] James avec une joviale gravit&#233;. A propos, savez-vous que Stevenson va nous quitter ?<br />
&#8212; La phtisie. Il fuit vers le soleil. L'Am&#233;rique d'abord, et peut-&#234;tre ensuite les mers du Sud. Plus rien ne le retient ici depuis qu'il a perdu son p&#232;re, en mai dernier&#8230; Ce n'&#233;tait pas n'importe qui, son p&#232;re, vous savez ? L'un de vos plus grands constructeurs de phares. Vous lui devez Skerryvore, au large de l'Ecosse.<br />
&#8212; C'est le nom de la propri&#233;t&#233; des Stevenson, &#224; Bornemouth.<br />
&#8212; Eh oui, en l'honneur de ce phare, justement. D'ailleurs, c'est fini, Bornemouth, Robert a lou&#233; Skerryvore. Et il a vendu Heriot Row, sa maison d'Edimbourg. lui et Fanny seront &#224; Londres le mois prochain, en route pour Douvres et le grand large. Embarquement le 21 ao&#251;t.<br />
&#8212; J'aimerais bien les rencontrer, ne serait-ce que pour leur faire mes adieux !<br />
&#8212; Je m'en occupe, a r&#233;pondu James aussit&#244;t, nous avons le projet de nous revoir avant leur d&#233;part." (p. 128)</div>
<br />
<div class="indent">Ainsi vous l'avez lu, ce fameux livre ?<br />
&#8212; Oui, r&#233;cemment.<br />
&#8212; Qu'en pensez-vous ?<br />
&#8212; Je suis un peu rest&#233; sur ma faim. Vous allez me juger pervers, mais j'aurais appr&#233;ci&#233; que les d&#233;lires de Hyde fussent un peu mieux d&#233;peints.<br />
&#8212; Ah, mon cher ! s'est-il &#233;cri&#233;, c'est que vous ne savez pas tout !&#8230;" Il m'a consid&#233;r&#233;, l'&#339;il malicieux. "Je vais faire l&#224; &#339;uvre de vip&#232;re. Je devrais &#234;tre tenu &#224; plus de discr&#233;tion, mais, apr&#232;s tout, Gosse et Hendley ne se privent pas de divulguer la chose. Ce que vous avez lu n'est qu'une version tr&#232;s &#233;dulcor&#233;e de l'ouvrage original.<br />
&#8212; Comment cela ?<br />
&#8212; Eh oui : les humeurs puritaines de Fanny Stevenson ! Elle a convaincu Robert de r&#233;&#233;crire son manuscrit.<br />
&#8212; Non !<br />
&#8212; Oh que si !<br />
&#8212; Attendez&#8230; n'y avait-il pas eu un pr&#233;c&#233;dent ?<br />
&#8212; Oui, le roman consacr&#233; &#224; Claire, la fille galante d'Edimbourg, dont je vous avais touch&#233; un mot. Mais celui-l&#224; a &#233;t&#233; d&#233;truit.<br />
&#8212; Et pourquoi avoir retouch&#233; l'histoire de Jekyll et de Hyde ?<br />
&#8212; Toujours pour cause de bonnes m&#339;urs, mon cher ! Ce cher Robert &#8212; pardonnez-moi la formule &#8212; s'&#233;tendait un peu trop sur les cr&#233;atures et les avanies que Hyde leur infligeait dans son sadisme. Fanny a craint le scandale."<br />
J'ai reconnu : "Il est de fait que Stevenson ne s'est gu&#232;re montr&#233; prolixe sur ce sujet particulier&#8230;"<br />
L&#224;-dessus, ayant mentionn&#233; les quelques lignes que [Oscar] Wilde m'avait cit&#233;es, j'ai encha&#238;n&#233; : "Donc, Fanny Stevenson a obtenu que le r&#233;cit soit remani&#233; dans un sens moins sulfureux.<br />
&#8212; En tous cas, consid&#233;rablement affadi, assez pour que la d&#233;licatesse de vos ladies ne soit pas affect&#233;e par son piment&#8230; Dommage, non ? (pp. 128-129)</div>
<br />
<div class="indent">Il a bien chang&#233;, ce pauvre Stevenson, en quelques mois. Je ne suis pas m&#233;decin, mais mon habitude des observations cliniques m'incline &#224; ne gu&#232;re lui accorder plus qu'une dizaine d'ann&#233;es de vie. Et il n'a que trente-sept ans ! La phtisie cause autant de ravages que la syphilis mais elle frappe sans cause et, j'ose l'&#233;crire, sans justification morale. Quand donc en trouvera-t-on le rem&#232;de ? Fanny Stevenson, elle, pr&#233;sente toutes les apparences de la sant&#233;. (p. 130)</div>
<br />
<div class="indent">J'avais oubli&#233; que Robert Stevenson avait &#233;t&#233; le pr&#233;sident de la premi&#232;re soci&#233;t&#233; spirite d'Edimbourg, ce qui se pla&#231;ait d'ailleurs &#224; l'origine de nos relations. Au surplus, ne racontait-on pas qu'il avait baptis&#233; sa cr&#233;ature mal&#233;fique Hyde par r&#233;f&#233;rence au hameau de Hydesville, dans l'Etat de New York, o&#249; les esprits frappeurs s'&#233;taient manifest&#233;s en 1848 ? (p. 137)</div>
<br />
<div class="indent">Un rire douloureux m'a secou&#233;. Je me rappelais combien j'avais moqu&#233; la pauvre Mary Shelley, apr&#232;s avoir lu son <em>Frankenstein</em>. Certes, du point de vue scientifique, le postulat &#233;tait absurde &#8212; ces chairs mortes assembl&#233;es et ramen&#233;es &#224; la vie ! &#8212; mais ce qui avait alors surtout excit&#233; mon ironie, c'&#233;tait la fiction romanesque &#224; laquelle elle avait accomod&#233; ce r&#233;cit pseudo-scientifique : un thaumaturge courant apr&#232;s sa cr&#233;ature pour la tuer avant qu'elle ne tue encore. Quant &#224; Stevenson, qui avait plus ou moins repris le th&#232;me, son Jekyll n'avait pas eu d'autre choix, afin d'arr&#234;ter les crimes de Hyde, que de se supprimer lui-m&#234;me. (p. 186)</div>
<br />
- David Dufresne. <em>Derni&#232;re sommation</em>. 2019 (Points)<br />
- Christopher Priest. <em>Rendez-vous demain</em>. 2022 (Deno&#235;l, coll. "Lunes d'encre")<br />
<br />
<div class="indent">J'avais eu l'impression de faire honneur &#224; la m&#233;moire de mon p&#232;re en poursuivant une carri&#232;re scientifique. Il m'avait inculqu&#233; une forme de pens&#233;e analytique, telle qu'il la comprenait. "Concentre-toi sur les fais, Adler, disait-il toujours. Les faits apportent des indications sur ce qui pourrait suivre. Collecter et comprendre les donn&#233;es est une priorit&#233; absolue." (p. 21)</div>
<br />
<div class="indent">Plus anecdotiquement, j'avais lu autrefois &#224; quel point Beethoven avait &#233;t&#233; malheureux &#224; Vienne en 1816. Il grelotta et souffrit de catarrhe durant toute cette p&#233;riode froid et brumeuse, sa surdit&#233; empirant sous l'effet d'une congestion. Cet &#233;t&#233;-l&#224;, le po&#232;te anglais lord Byron, r&#233;fugi&#233; dans une villa de location sur les rives suisses d'un lac L&#233;man balay&#233; par de violents orages, composa l'un de ses plus c&#233;l&#232;bres po&#232;mes, "Les T&#233;n&#232;bres" : <em>L'astre brillant du jour &#233;tait &#233;teint ; les &#233;toiles, d&#233;sormais sans lumi&#232;re, erraient &#224; l'aventure dans les t&#233;n&#232;bres de l'espace &#233;ternel ; et la Terre refroidie roulait, obscure et noire, dans une atmosph&#232;re sans Lune</em>. Son cercle d'amis pr&#233;sents dans la villa incluait Mary Wollstonecraft Shelley, qui y &#233;crivit dans le m&#234;me temps son roman <em>Frankenstein</em>. (p. 65)</div>
<br />
<div class="indent">Les enregistrements syst&#233;matiques de l'observatoire Dearborn r&#233;pondaient donc parfaitement &#224; mes besoins. Je commen&#231;ai &#224; retranscrire les donn&#233;es dans mes cahiers, en m'effor&#231;ant de d&#233;finir d&#232;s le d&#233;but un format coh&#233;rent puis de m'y tenir. (p. 67)</div>
<br />
- Allan Rune Pettersson. <em>La Tante de Frankenstein</em>. 1978 (Nathan, coll. &#171;&#160;Arc-en-poche/Deux&#160;&#187;)<br />
<br />
<div class="indent">Comme la plupart d'entre vous le savent peut-&#234;tre, la famille Frankenstein est li&#233;e avec le grand po&#232;te anglais, Shelley&#8230; ou plut&#244;t avec sa femme, Mary. Et ce soir le plus jeune membre de notre famille &#8212; que j'appelerai <em>Frankenstein Fils </em> &#8212; r&#233;citera pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de la culture un po&#232;me du dit monsieur Shelley. Mesdames et Messieurs (&#8230;) nous allons maintenant &#233;couter un extrait de <em>Prom&#233;th&#233;e</em>, le titan au supplice qui fait &#233;clater ses cha&#238;nes, drame lyrique de monsieur Shelley. (p. 136)</div>
<br />
- Jean-Bernard Pouy. <em>En attendant Dogo</em>. 2022 (Gallimard, coll. &#171;&#160;La Noire&#160;&#187;)<br />
- Ernest Callenbach. <em>&#201;cotopia</em>. 1975 (Gallimard, coll. &#171;&#160;Folio SF&#160;&#187;)<br />
<br />
<div class="indent">Vous avez commis l&#8217;affreuse erreur, m&#8217;a-t-il dit, de confier vos &#233;tablissements scientifiques &#224; des scientifiques ayant pignon sur rue (&#8230;). Mais ce sont surtout les jeunes chercheurs peu dignes de confiance qui apportent les id&#233;es nouvelles.</div>
<br />
- Richard Powers. <em>Sid&#233;rations</em>. 2021 (Actes Sud)<br />
<br />
<div class="indent">Apr&#232;s un &#226;ge d'or d'une douzaine d'ann&#233;es, l'astrobiologie en &#233;tait r&#233;duite &#224; mendier. Mais je fus &#233;tonn&#233; d'apprendre que m&#234;me le domaine de Currier, malgr&#233; ses applications pratiques, &#233;tait &#224; court d'argent. Je n'aurais jamais imagin&#233; que toute recherche scientifique doive prouver sa rentabilit&#233;. Mais bon, je n'aurais jamais imagin&#233; non plus que le minist&#232;re de l'&#201;ducation couperait les cr&#233;dits aux &#233;coles primaires qui enseignaient la th&#233;orie de l'&#233;volution. (p. 245)</div>
<br />
<div class="indent">&#192; ce stade tardif de l'histoire du monde, tout n'&#233;tait que marketing. Les universit&#233;s &#233;taient contraintes de d&#233;velopper leur marque. Toute action charitable devait battre tambour. (&#8230;) Alors, forc&#233;ment, la science devait faire de la pub. Il m'avait fallu bien du temps pour me dessiller. Mettons &#231;a sur le compte d'une na&#239;vet&#233; juv&#233;nile. (p. 259)</div>
<br />
<div class="indent"><em>Nous les humains, on est juste une exp&#233;rience, pas vrai ? Et tu dis toujours qu'une exp&#233;rience au r&#233;sultat n&#233;gatif n'est pas pour autant une exp&#233;rience rat&#233;e.</em><br />
"Non, c'est vrai. Il y a beaucoup &#224; apprendre d'un r&#233;sultat n&#233;gatif."<br />
Il se leva, plein d'&#233;nergie, pr&#234;t &#224; retourner finir son travail. <em>T'inqui&#232;te pas, papa. Nous, on trouvera peut-&#234;tre pas la solution. Mais la Terre, si.</em> (p. 264)</div>
<br />
- Bram Stoker. <em>Le Repaire du ver blanc</em>. 1911 (Omnibus)<br />
- Bram Stoker. <em>La Dame au linceul</em>. 1909 (Omnibus)<br />
- Bram Stoker. <em>Le Joyau des sept &#233;toiles</em>. 1903 (Omnibus)<br />
<hr />
<br />
<a id="titelanker7"></a><h3>2021</h3>
<br />
- Nicolas Perg&#233; et Fran&#231;ois Rivi&#232;re. <em>Agatha, es-tu l&#224; ?</em>. 2017 (&#201;ditions du Masque)<br />
- Thomas B. Reverdy. <em>Climax</em>. 2021 (Flammarion)<br />
- C&#233;line Minard. <em>Plasmas</em>. 2021 (Payot &amp; Rivages)<br />
- Terry Pratchett. <em>La huiti&#232;me fille</em>. 1987 (Pocket, coll. "Fantasy")<br />
- Herv&#233; Le Tellier. <em>Encyclop&#230;dia Inutilis</em>. 2002 (Le Castor astral, coll. &#171;&#160;Galaxie&#160;&#187;)<br />
- Terry Pratchett. <em>La Couronne du berger</em>. 2015 (Pocket)<br />
- Herv&#233; Le Tellier. <em>L&#8217;Anomalie</em>. 2020 (Gallimard, coll. NRF)<br />
- Terry Pratchett. <em>Je m'habillerai de nuit</em>. 2010 (Pocket)<br />
- Johan Heliot. <em>Frankenstein 1918</em>. 2018 (L&#8217;Atalante)<br />
- Mitch Cullin. <em>Les abeilles de Monsieur Holmes</em>. 2005 (Na&#239;ve)<br />
- Becky Chambers. <em>Apprendre, si par bonheur</em>. 2019 (L&#8217;Atalante)<br />
- Christine Montalbetti. <em>Mon anc&#234;tre Poisson</em>. 2019 (P.O.L.)<br />
<hr />
<br />
<a id="titelanker8"></a><h3>2020</h3>
- Maylis de Kerangal. <em>Un chemin de tables</em>. 2016 (Le Seuil, coll. "Raconter la vie")<br />
- Steve Hodel. <em>L'Affaire du Dahlia noir</em>. 2003 (Le Seuil, coll. "Seuil Policiers")<br />
- Antoine Bello. <em>Ada</em>. 2016 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Bram Stoker. <em>L&#8217;Homme de Shorrox</em>. 1894 (Omnibus)<br />
- Bram Stoker. <em>The Snake&#8217;s Pass</em>. 1890 (Omnibus)<br />
- Bram Stoker. <em>La Coupe de cristal</em>. 1872 (Omnibus)<br />
- C&#233;line Minard. <em>Bacchantes</em>. 2018 (Rivages)<br />
- Bram Stoker. <em>L&#8217;Invit&#233; de Dracula</em>. 1914 (Omnibus)<br />
- Zia Haider Rahman. <em>A la lumi&#232;re de ce que nous savons</em>. 2014 (Christian Bourgois)<br />
<br />
<div class="indent">Maurice, cet homme faible, &#233;tait devenu l'objet de ma col&#232;re. N'est-ce pas ainsi &#8212; nos &#233;motions suscit&#233;es par une chose se portent sur la suivante ? Il suffit de penser aux articles de vulgarisation scientifique des magazines, dans lesquels le journaliste d&#233;crit d'abord le scientifique enfant, le petit gar&#231;on ou la petite fille &#224; la gr&#226;ce irr&#233;sistible, si bien qu'une page plus loin on se surprend &#224; applaudir l'adulte puis, sans raison valable, ses id&#233;es. (p. 492)</div>
<br />
- Raymond Rudorff. <em>Les Archives des Dracula</em>. 1971 (Deno&#235;l, coll. "Pr&#233;sence du fantastique")<br />
<hr />
<br />
<a id="titelanker9"></a><h3>2019</h3>
- Bram Stoker. <em>Dracula</em>. 1897 (Pocket)<br />
- Augusto Cruz. <em>Londres apr&#232;s minuit</em>. 2012 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- David Lagercrantz. <em>Ind&#233;cence manifeste</em>. 2009 (Babel Noir)<br />
- Jodi Picoult. <em>La Tristesse des &#233;l&#233;phants</em>. 2014 (Babel)<br />
- J&#248;rn Riel. <em>Le voyage &#224; Nanga, un racontar exceptionnellement long</em>. 1981 (10/18)<br />
- Marc Jeanson et Charlotte Fauve. <em>Botaniste</em>. 2019 (Grasset)<br />
- Mathias Menegoz. <em>Karpathia</em>. 2014 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Ewa Miendlarzewska. <em>Mirador de la Memoria</em>. 2018 (Prodigy Gold Books)<br />
- Xavier Maum&#233;jean. <em>La Soci&#233;t&#233; des faux visages</em>. 2017 (Alma &#233;diteur)<br />
- Benjamin Markovits. <em>Imposture</em>. 2007 (Christian Bourgois Editeur)<br />
- Ian <span class="missingpage">McEwan</span><a href="http://www.enroweb.com/wiki/wakka.php?wakka=McEwan/edit">?</a>. <em>Reviens-moi</em>. 2001 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Andrew Crumey. <em>Pfitz</em>. 1995 (&#201;ditions de l&#8217;arbre vengeur)<br />
- Olivier Rolin. <em>Le M&#233;t&#233;orologue</em>. 2014 (Le Seuil, coll. "Points")<br />
- Maylis de Kerangal. <em>R&#233;parer les vivants</em>. 2014 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Eleanor Catton. <em>Les Luminaires</em>. 2013 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Gyles Brandreth. <em>Oscar Wilde et les crimes de la Tamise</em>. 2017 (City Editions, coll. "City Poche")<br />
- Charles Williams. <em>Fantasia chez les ploucs</em>. 1956 (Gallimard, coll. "Folio Junior")<br />
- Terry Pratchett. <em>D&#233;raill&#233;</em>. 2013 (Pocket, coll. "Imaginaire")<br />
- Emmanuel Carr&#232;re. <em>Bravoure</em>. 1984 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- August Derleth. <em>L'Ombre venue de l'espace</em>. 1957 (J'ai lu)<br />
- St&#233;phane Audeguy. <em>Histoire du lion Personne</em>. 2016 (Le Seuil, coll. "Points")<br />
- Jean Cou&#233;. <em>L'Homme de la rivi&#232;re Kwa&#239;</em>. 1973 (Robert Laffont, coll. "Plein vent")<br />
<hr />
<br />
<a id="titelanker10"></a><h3>2018</h3>
- Stuart Clark. <em>The Sky's Dark Labyrinth</em>. 2011 (Polygon)<br />
- Kim Stanley Robinson. <em>Galileo's Dream</em>. 2009 (Harper Voyager)<br />
- Ian <span class="missingpage">McEwan</span><a href="http://www.enroweb.com/wiki/wakka.php?wakka=McEwan/edit">?</a>. <em>Samedi</em>. 2005 (Gallimard, coll. &#171;&#160;Folio&#160;&#187;)<br />
- G&#233;rard Klein. <em>Le Temps n'a pas d'odeur</em>. 1963 (Le Livre de poche, coll. "Science-fiction")<br />
- J. Collin de Plancy. <em>Dictionnaire infernal</em>. 1818 (10/18)<br />
- Juan Miguel Aguilera. <em>Le Sommeil de la raison</em>. 2006 (Le Livre de poche)<br />
- Terry Pratchett. <em>Coup de tabac</em>. 2011 (Pocket, coll. "Imaginaire")<br />
- Hope Jahren. <em>Lab Girl</em>. 2016 (Fleet)<br />
- Pierre Bordage. <em>Les Fables de l'Humpur</em>. 1999 (J'ai lu)<br />
- Pippa Goldschmidt. <em>The Need for Better Regulation of Outer Space</em>. 2015 (Freight Books)<br />
- Jean Rolin. <em>Le Traquet kurde</em>. 2018 (P.O.L)<br />
- Michael Bishop. <em>Requiem pour Philip K. Dick</em>. 1987 (Gallimard, coll. "Folio SF")<br />
- Emmanuel Carr&#232;re. <em>Je suis vivant et vous &#234;tes morts</em>. (Seuil, coll. "Points")<br />
- W. Wilkie Collins. <em>Pierre de lune</em>. 1868 (Ph&#233;bus, coll. "Libretto")<br />
- K.W. Jeter. <em>Blade Runner 3</em>. 1996 (J'ai lu, coll. "Science-fiction")<br />
- K.W. Jeter. <em>Blade Runner 2</em>. 1995 (J'ai lu, coll. "Science-fiction")<br />
- Philip K. Dick. <em>Blade runner</em>. 1968 (J'ai lu, coll. "Science-fiction")<br />
- Jacques Spitz. <em>L'Agonie du globe</em>. 1935 (Gallimard, coll. "NRF")<br />
<br />
<div class="indent">L'Histoire, a-t-on dit, est une petite science conjecturale. Encore que par quelque c&#244;t&#233; nous ayons donn&#233;, par notre exemple, de la vraisemblance &#224; cette proposition, nous voudrions rectifier ici le c&#233;l&#232;bre aphorisme. Il faut une confiance de non-initi&#233; pour croire que la Science puisse &#234;tre autre chose qu'une continuelle conjecture, et qu'elle permette par exemple de pr&#233;voir avec certitude l'&#233;volution des choses. &#192; vrai dire, la Science se contente seulement de classer, le plus ing&#233;nieusement et le plus clairement possible, les enseignements de l'exp&#233;rience pass&#233;e. Aussi, retournant la proposition, il nous semblerait plus juste de dire : la Science est une mani&#232;re d'histoire, &#224; peine plus pr&#233;cise que l'Histoire. (p. 2)</div>
<br />
<div class="indent">Quoi qu'il en soit, un curieux mouvement se fit jour dans l'opinion des foules : elles firent grief aux hommes de science de leur impuissance, de m&#234;me que le malade en veut au m&#233;decin qui ne peut le gu&#233;rir. &#201;tait-ce la peine, se disait-on, d'entretenir &#224; grands frais des Universit&#233;s, des Laboratoires, des Facult&#233;s, pour n'en tirer que des parlotes sans efficacit&#233; ? Le ressentiment de l'homme moyen peut s'&#233;valuer au d&#233;tail suivant : lors d'une journ&#233;e des laboratoires qui, selon la coutume, fut organis&#233;e en Angleterre au profit de l'Universit&#233; de Cambridge, l'appel fait &#224; la charit&#233; publique, au lieu des milliers de livres sterlings attendus, ne donna que des shillings. En France on disait p&#233;remptoirement : "Le monde n'a pas besoin de savants". (p. 61)</div>
<br />
<div class="indent">Ma <a href="https://twitter.com/Enroweb/status/1268244384610385920">critique Twitter</a>&#160;<a href="https://twitter.com/Enroweb/status/1268244384610385920"><img src="http://www.enroweb.com/wiki/images/external.png" alt="external link" /></a> : Dans l'&#171; Agonie du globe &#187; (1935), Jacques Spitz met l&#8217;humanit&#233; face &#224; sa perte : alors que la Terre se scinde en deux, tous les regards se tournent vers les scientifiques pour expliquer ce qui arrive et pr&#233;voir ce qui va arriver. Alors, l&#8217;opinion fait grief aux hommes de science de leur impuissance, de m&#234;me que le malade en veut au m&#233;decin qui ne peut le gu&#233;rir. &#201;tait-ce la peine, se dit-on, d&#8217;entretenir &#224; grands frais des Universit&#233;s pour n&#8217;en tirer que des parlotes sans efficacit&#233; ? Une journ&#233;e de charit&#233; organis&#233;e en Angleterre au profit de l&#8217;Universit&#233; de Cambridge ne donne que des shillings au lieu des milliers de livres sterlings attendus. En France, on dit p&#233;remptoirement : &#171; Le monde n&#8217;a pas besoin de savants &#187;.</div>
<br />
- W. Wilkie Collins. <em>La Dame en blanc</em>. 1860 (Bibebook)<br />
- Christopher Miller. <em>L'Univers de carton</em>. 2009 (Cherche midi, coll. "Lot 49")<br />
<hr />
<br />
<a id="titelanker11"></a><h3>2017</h3>
- W. Wilkie Collins. <em>Secret absolu</em>. 1857 (Ph&#233;bus, coll. "Libretto")<br />
- Dan Simmons. <em>Drood</em>. 2009 (Pocket)<br />
- Tania Hershman. <em>Some of us glow more than others</em>. 2017 (Unthank Books)<br />
- Jean-Pierre Ohl. <em>Charles Dickens</em>. 2011 (Gallimard, coll. "Folio biographies")<br />
<br />
<div class="indent">Quand elle [Catherine Thompson Hogarth, l'&#233;pouse de Charles Dickens] lui demande de lui lire &#224; haute voix un livre &#233;cossais, il r&#233;plique m&#233;chamment, devant t&#233;moin : "Je d&#233;teste les histoires &#233;cossaises et tout ce qui est &#233;cossais" (n'oublions pas que les Hogarth sont originaires d'&#201;dimbourg&#8230; [o&#249; elle-m&#234;me est n&#233;e]". (p. 101) N.B : Il lui arrivera quand m&#234;me de publier des pamphlets d&#233;non&#231;ant la cruaut&#233; sociale dans la <em>Edinburgh Review</em>.</div>
<br />
<div class="indent">(&#8230;) il loue une villa &#224; Broadstairs pour l'&#233;t&#233;, accepte en attendant une invitation &#224; &#201;dimbourg, et part pour l'&#201;cosse le 19 juin [1841], avec Kate mais sans les enfants. La patrie de Scott accueille triomphalement son disciple : "L'h&#244;tel est absolument assi&#233;g&#233;, raconte-t-il &#224; [son meilleur ami] Forster, et j'ai &#233;t&#233; forc&#233; de me r&#233;fugier dans un appartement perdu &#224; l'extr&#233;mit&#233; d'un long couloir, d'o&#249; j'&#233;cris cette lettre. On parle de trois cents invit&#233;s au banquet." Sans doute Dickens pense-t-il alors &#224; cet autre banquet offert par &#201;dimboug &#224; lord Grey qu'il avait couvert en tant que journaliste. Maintenant, &#224; vingt-neuf ans, il est le h&#233;ros du jour et peut mesurer sa popularit&#233; &#224; plus de cinq cents kilom&#232;tres de chez lui.<br />
L'&#201;cosse lui apporte un autre r&#233;confort : le d&#233;paysement et le spectaculaire. Il admire surtout Glencoe, destination romantique par excellence : "Les torrents bouillaient et &#233;cumaient, et faisaient jaillir dans toutes les directions des embruns semblables &#224; la fum&#233;e de vastes incendies. Ces torrents couraient sur les flancs de toutes les collines et de toutes les montagnes, et se pr&#233;cipitaient comme des d&#233;mons en travers de la route, puis s'enfon&#231;aient dans la profondeur des rochets." Cette terminologie fantastique se retrouvera presque mot pour mot dans sa description des Gordon Riots [sujet de son roman <em>Barnab&#233; Rudge</em>, alors en cours d'&#233;criture] ; la sauvagerie de la nature sert de prisme &#224; celle des hommes et la sublime. Si loin qu'il soit de Londres, Dickens ne perd pas son &#339;uvre de vue, bien au contraire : il s'en empare m&#234;me avec plus de d&#233;termination (&#8230;). (pp. 112-113)</div>
<br />
- Jean-Pierre Ohl. <em>Monsieur Dick ou le dixi&#232;me livre</em>. 2004 (La Table Ronde, coll. "La Petite vermillon")<br />
- Charles Dickens, Fruttero et Lucentini. <em>L'Affaire D. ou le crime du faux vagabond</em>. 1989 (Le Seuil, coll. "Points")<br />
- Ian Rankin. <em>La Colline des chagrins</em>. 2001 (Le Livre de poche, coll. "Policier")<br />
<br />
<div class="indent">La r&#233;serve est une tradition &#224; &#201;dimbourg. On garde ses sentiments pour soi et on s'occupe de ses affaires. Certaines personnes attribuent cela &#224; l'&#201;glise et &#224; des personnalit&#233;s telles que John Knox&#8230; elle avait appris que des gens de l'ext&#233;rieur surnommaient la ville "Fort Knox". Mais, du point de vue de Jean, c'&#233;tait davantage li&#233; &#224; la g&#233;ographie d'&#201;dimbourg, &#224; ses falaises rocheuses &#233;touffantes et &#224; son ciel noir, au vent violent de la mer du Nord qui s'engouffrait dans les rues &#233;voquant des canyons. On avait partout l'impression d'&#234;tre domin&#233; et bouscul&#233; par l'environnement. Le trajet entre Portobello et la ville suffisait &#224; lui faire prendre conscience de la nature meurtrissante et meurtrie de l'endroit. (p. 491)</div>
<br />
- Ken Liu. <em>L'Homme qui mit fin &#224; l'histoire</em>. 2011 (B&#233;lial', coll. "Une Heure-Lumi&#232;re")<br />
- Ken <a href="http://www.enroweb.com/wiki/wakka.php?wakka=MacLeod">MacLeod</a>. <em>Intrusion</em>. 2012 (Orbit)<br />
- Ian Rankin. <em>Du fond des t&#233;n&#232;bres</em>. 2000 (Le Livre de poche, coll. "Policier")<br />
<br />
<div class="indent">Certains disent qu'&#201;dimbourg est une ville masqu&#233;e, cachant ses v&#233;ritables sentiments et intentions, affichant des citoyens hautement respectables. Une ville apparemment fig&#233;e dans le temps, o&#249; l'on peut s&#233;journer sans jamais vraiment saisir les r&#232;gles qui la r&#233;gissent. Telle est la ville de Deacon Brodie, o&#249; les passions refoul&#233;es ne s'ext&#233;riorisent qu'&#224; la nuit tomb&#233;e. La ville de John Knox, cet homme grave et invincible. Il ne faut pas moins d'un demi-million de livres pour s'offrir l'une de ses plus belles maisons, mais &#233;taler sa fortune est mal vu dans cette ville o&#249; on pr&#233;f&#232;re rouler en Saab ou en Volvo qu'en Bentley ou en Ferraro. Les gens de Glasgow &#8212; qui se consid&#232;rent comme plus passionn&#233;s, plus celtes &#8212; jugent ceux d'&#201;dimbourg guind&#233;s et conformistes au point de para&#238;tre coinc&#233;s.<br />
La ville cach&#233;e. Preuve historique : lorsque les arm&#233;es des envahisseurs approch&#232;rent, la population s'&#233;clipsa dans les caves et les tunnels d'Old Town. Les maisons pouvaient bien &#234;tre saccag&#233;es, les soldats finiraient par partir &#8212; difficile de savourer une victoire quand les victimes se sont &#233;vapor&#233;es &#8212; et leurs habitants par remonter vers la lumi&#232;re pour se mettre &#224; reconstruire.<br />
Du fond des t&#233;n&#232;bres vers la lumi&#232;re. (p. 290-291)</div>
<br />
- Ian Rankin. <em>La Mort dans l'&#226;me</em>. 1999 (Gallimard, coll. "Folio policier")<br />
<br />
<div class="indent">&#8212; Tu empestes encore, lui dit Patience comme il se mettait au lit.<br />
&#8212; Je d&#233;fends les traditions, r&#233;pondit-il. &#201;dimbourg ne sent pas la rose, c'est bien connu. (p. 591)</div>
<br />
- Terry Pratchett. <em>Allez les mages !</em>. 2009 (Pocket, coll. "Imaginaire")<br />
- Pierre Nord. <em>Qui est le policier ?</em>. 1953 (Club des masques)<br />
- Honor&#233; de Balzac. <em>La Recherche de l'absolu</em>. 1834 (Le Livre de poche)<br />
- Ian Rankin. <em>Le Jardin des pendus</em>. 1997 (Gallimard, coll. "Folio policier")<br />
- Ian Rankin. <em>L'Ombre du tueur</em>. 1997 (Gallimard, coll. "Folio policier")<br />
- Johanna Sinisalo. <em>Jamais avant le coucher du soleil</em>. 2000 (Actes Sud, coll. "Babel")<br />
- Lloyd Osbourne. <em>Un portrait intime de R.L.S. par son beau-fils, Lloyd Osbourne</em>. 1924 (Robert Laffont, coll. "Bouquins")<br />
- Robert Louis Stevenson. <em>Saint-Yves ou le prisonnier d'Edimbourg</em>. 1897 (Robert Laffont, coll. "Bouquins")<br />
<br />
<div class="indent">Tout le long du chemin &#8212; en passant par Princes Street o&#249; il me fallait passer &#8212; le vent me poussait et sifflait dans mes oreilles. La ville enti&#232;re paraissait engloutie comme si l'on avait d&#233;vers&#233; directement un seau rempli d'une eau au go&#251;t sal&#233;, de par la proximit&#233; de la mer. Cette cataracte, soit s'&#233;claircissait, soit tombait encore plus dru, au hasard des rafales. On aurait vraiment cru que tous les lampadaires jusqu'au bout de l'avenue se trouvaient &#233;teints. Puis, &#224; la faveur d'une br&#232;ve &#233;claircie, ils r&#233;apparaissaient, se multipliant et se refl&#233;tant sur les pav&#233;s mouill&#233;s, rendant faiblement visible ce qui, un instant avant, se trouvait plong&#233; dans une obscurit&#233; totale.<br />
Le temps d'atteindre l'angle de la Lothian Road et une nette am&#233;lioration se manifesta. D'abord, je me pr&#233;sentais maintenant de profil, une &#233;paule contre la force du vent ; ensuite, l'&#233;peron rocheux au sommet duquel s'&#233;levait mon ex-prison m'abritait partiellement. Enfin, la violence m&#234;me de cette tornade finit par faiblir nettement. (pp. 1021-1022)</div>
<br />
<div class="indent">(&#8230;) voil&#224; que je me d&#233;couvris totalement incapable de traverser le Pont du Nord ! C'&#233;tait physique, comme si un pr&#233;cipice s'&#233;tait ouvert d'un coup entre nous ; ou m&#234;me, un bras de mer nous s&#233;parant, carr&#233;ment ! Mes jambes refusaient de me rapprocher du ch&#226;teau !<br />
Je me dis alors que c'&#233;tait pure superstition. Pour combattre cette tendance, je me fis des paris avec moi-m&#234;me&#8230; et je les gagnai ! Je me rendis sur l'esplanade de Princes street, allant et venant, m'arr&#234;tant, seul, parfaitement visible &#224; tous, examinant avec insistance le parc d'un bout &#224; l'autre, ainsi que les vieux bastions tout gris de la forteresse, l&#224; m&#234;me o&#249;, d'ailleurs, ces tracas avaient trouv&#233; leur origine. (&#8230;)<br />
Et pourtant, l'impossibilit&#233; de faire face &#224; la vieille ville subsistait : mes jambes refusaient toujours de m'y conduire, pas moyen de traverser la vall&#233;e ! (&#8230;) Je tournai le dos &#224; Princes Street et m'enfuis au hasard, comme si j'avais le diable &#224; mes trousses. (pp. 1076-1077)</div>
<br />
- Jeffrey Eugenides. <em>Le Roman du mariage</em>. 2011 (Le Seuil, coll. "Points")<br />
- Ian Rankin. <em>Ainsi saigne-t-il</em>. 1995 (Gallimard, coll. "Folio policier")<br />
- Ian Rankin. <em>Causes mortelles</em>. 1994 (Gallimard, coll. "Folio policier")<br />
- Ian Rankin. <em>Le Carnet noir</em>. 1993 (Gallimard, coll. "Folio policier")<br />
<br />
<div class="indent">Le dimanche matin vit Rebus attendre en plein vent au sommet de Calton Hill. Il fit le tour de l'observatoire comme les autres promeneurs dominicaux. Sa jambe allait d&#233;cid&#233;ment mieux. Les gens d&#233;signaient du doigt divers points dans le lointain. Des nuages &#233;pars couraient dans le ciel bleu p&#226;le. Nulle part ailleurs dans le monde, constata-t-il, on ne pouvait trouver cette vari&#233;t&#233; g&#233;ographique de bosses, de vall&#233;es et d'affleurements. C'est du culot volcanique, sous le ch&#226;teau d'&#201;dimbourg, que tout &#233;tait parti. Le site &#233;tait trop beau pour ne pas y construire une forteresse. Et la ville s'&#233;tait &#233;tendue tout autour, aussi loin que Wester Hailes et m&#234;me au-del&#224;.<br />
L'observatoire paraissait un curieux b&#226;timent, m&#234;me s'il &#233;tait fonctionnel. De l'autre c&#244;t&#233;, la "Folie" n'&#233;tait rien de plus que cette appellation et ne servait absolument &#224; rien sinon &#224; se faire grimper dessus ou comme support aux graffiti. Elle n'&#233;tait qu'une des faces du temple grec pr&#233;vu &#224; l'origine (apr&#232;s tout, &#201;dimbourg n'&#233;tait-elle pas l'Ath&#232;nes du Nord ?). Le cerveau excentrique qui avait con&#231;u ce projet s'&#233;tait trouv&#233; &#224; court de fonds sit&#244;t apr&#232;s l'&#233;rection du premier quart de la construction. Et seule cette premi&#232;re partie demeurait l&#224; : une s&#233;rie de colonnes dress&#233;es sur un socle si haut que les gamins devaient se faire la court &#233;chelle pour l'escalader. (pp. 434-435)</div>
<br />
- Antoine Bello. <em>Roman am&#233;ricain</em>. 2014 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Ian <span class="missingpage">McEwan</span><a href="http://www.enroweb.com/wiki/wakka.php?wakka=McEwan/edit">?</a>. <em>Nutshell</em>. 2016 (Jonathan Cape)<br />
- Connie Willis. <em>Les Veilleurs</em>. 2013 (J'ai lu, coll. "Science-fiction")<br />
- Robert Louis Stevenson. <em>Hermiston le juge pendeur</em>. 1896 (Robert Laffont, coll. "Bouquins")<br />
<hr />
<br />
<a id="titelanker12"></a><h3>2016</h3>
- Jack London. <em>Histoire des si&#232;cles futurs</em>. 1908-1912 (10/18)<br />
- Jack London. <em>Le Peuple de l'ab&#238;me</em>. 1903 (10/18)<br />
- Jean-Bernard Pouy. <em>L'Angoisse du banc de touche au moment du coup d'envoi</em>. 2001 (&#233;d. Baleine)<br />
- Robert Louis Stevenson. <em>Le Trafiquant d'&#233;paves</em>. 1892 (Robert Laffont, coll. "Bouquins")<br />
<br />
<div class="indent">"Un vieux collaborateur de mon grand-p&#232;re, cr&#233;ature aimable et humble, au penchant marqu&#233; pour le whisky, fut, au d&#233;but de mon s&#233;jour, charg&#233; de me montrer la ville. Accompagn&#233; de cet innocent mais peu artistocratique compagnon, je me rendis au si&#232;ge du roi Arthur et &#224; la colline de Calton, allai &#233;couter l'orchestre jouer dans le parc de Princes Street, inspectai les tr&#233;sors royaux et les traces du sang de Rizzio, et tombai amoureux de la grande forteresse sur son rocher, des innombrables clochers, des immeubles majestueux, des larges perspectives, des rues &#233;troites et anim&#233;es de la vieille ville o&#249; mes anc&#234;tres avaient v&#233;cu et &#233;taient morts avant l'&#232;re de Christophe Colomb." (p. 137)</div>
<br />
- Robert Louis Stevenson. <em>Les Gais Lurons</em>. 1882 (Robert Laffont, coll. "Bouquins")<br />
- Robert Louis Stevenson. <em>Olalla</em>. 1885 (Robert Laffont, coll. "Bouquins")<br />
- Robert Louis Stevenson. <em>Les Gais Lurons</em>. 1887 (Robert Laffont, coll. "Bouquins")<br />
- Robert Louis Stevenson. <em>Nouvelles mille et une nuits 2. Le Dynamiteur</em>. 1885 (10/18)<br />
- Robert Louis Stevenson. <em>Nouvelles mille et une nuits 1. Le Club du suicide</em>. 1882 (10/18)<br />
<br />
<div class="indent">"Toute pr&#233;sentation de l'auteur de <em>Enlev&#233;!</em> serait terrible compromise si l'on n'insistait pas imm&#233;diatement sur le fait qu'il est un &#201;cossais d'&#201;cosse. Deux faits, &#224; mon point de vue, permettent de franchir un grand pas dans l'explication de sa mani&#232;re de composer : son enfance s'est pass&#233;e &#224; l'ombre du ch&#226;teau d'Edimbourg, et deuxi&#232;mement, il est issu d'une famille dont les membres avaient install&#233; de grands phares sur la c&#244;te. Son grand-p&#232;re, son oncle &#233;taient de c&#233;l&#232;bres constructeurs de phares, et leur nom reste associ&#233; avant tout &#224; la tour magnifique et si utile de Skerryvore. Nous exag&#233;rons peut-&#234;tre la fa&#231;on dont le sens de l'"histoire" des choses peut se d&#233;velopper en partant des impressions d'Edimbourg, chez un adolescent imaginatif &#8212; bien que je consid&#232;re cela comme difficile. Les rues sont tellement pleines d'histoire et de po&#233;sie, d'images et de chants, d'associations surgissant de fortes passions et d'&#233;tranges personnages que, pour ma part, je me surprends &#224; &#233;voquer un gamin allant et venant, tandis que je pensais &#8212; avec &#233;merveillement et envie &#8212; aux petits gar&#231;ons qui jouaient le r&#244;le de figurants, de pages ou de lutins dans les grands spectacles sur le th&#233;&#226;tre. L'endroit ressemble &#224; une toile de fond, au d&#233;cor compliqu&#233; d'un drame, et les enfants ont l'air de myst&#233;rieux petits &#234;tres &#233;chapp&#233;s d'un monde magique. Comment cela n'aurait-il pas sollicit&#233; l'imagination de passer et de repasser, en allant &#224; l'&#233;cole, sous le rocher du Ch&#226;teau, en sentant intens&#233;ment la pr&#233;sence, pourtant famili&#232;re, de la citadelle grise se dressant &#224; son sommet, toute chatoyante des tartans et des cornemuses des r&#233;giments &#233;cossais ! L'esprit de M. Stevenson, d&#232;s l'&#226;ge le plus tendre, a &#233;t&#233; meubl&#233; d'images &#233;cossaises qui doivent avoir eu un effet tr&#232;s proche de ce que nous appelons aujourd'hui d&#233;coratif. J'ai trouv&#233; quelque part un article fantaisiste de notre auteur dans lequel il y a un reflet d'apr&#232;s-midi de demi-vacances et, &#224; moins que ma propre imagination ne me joue un tour, du rouge des lumi&#232;res, dans la brume hivernale, des fen&#234;tres haut plac&#233;es de la Vieille Ville &#8212; une d&#233;licieuse rhapsodie sur les feuilles &#224; deux sous d'images pour les marionnettes de la petite enfance, dans l'attitude de la vie, et attendant des ciseaux impatients mais cependant soigneux (&#8230;)<br />
En v&#233;rit&#233;, la couleur de l'&#201;cosse a compl&#232;tement p&#233;n&#233;tr&#233; en lui et bien que, assez curieusement, il n'ait &#233;crit que peu sur son pays natal, son &#339;uvre la plus heureuse montre, je crois, qu'il b&#233;n&#233;ficie du meilleur de son talent. <em>Enlev&#233;!</em> (dont il me soit permis, en passant, de d&#233;plorer le titre mal choisi) d&#233;gage &#224; chaque ligne l'impression de la lande et du loch, c'est la plus belle de ses histoires un peu plus longues ; et <em>Thrawn Jacket</em>, un chef-d'&#339;uvre en treize pages (reprise ensuite dans le volume <em>Les hommes Joyeux</em>) est, parmi les plus courtes histoires, celle dont l'ex&#233;cution est la plus vigoureuse. La deuxi&#232;me consiste en une anecdote macabre sur les ph&#233;nom&#232;nes surnaturels, racont&#233;e en dialecte &#233;cossais ; et l'authenticit&#233; que rev&#234;t ce moyen d'expression &#8212; &#224; la vue duquel le visage du lecteur s'allonge en g&#233;n&#233;ral &#8212; dans les mains de M. Stevenson on prouve &#224; quel point la question de forme reste vivante pour lui et la vari&#233;t&#233; de r&#233;ponses qu'il peut lui donner. Il ne nous serait jamais venu &#224; l'esprit que le style de <em>Voyage avec un &#194;ne</em> ou de <em>Virginibus Puerisque</em>, et le patois de la paroisse de Balweary pouvaient avoir &#233;t&#233; con&#231;us par le m&#234;me esprit. Si c'est une chance pour un g&#233;nie d'avoir un pays tel que l'&#201;cosse comme premi&#232;re source d'inspiration, c'est doublement le cas quand un certain processus de d&#233;tachement, d'extr&#234;me s&#233;cularisation a pris place. M. Stevenson a &#233;t&#233; &#233;mancip&#233; &#8212; il est, pouvons-nous dire, un &#201;cossais du monde. Personne d'autre que lui n'aurait pu, je pense, camper avec un tel m&#233;lange d'observation sympathique et ironique, le personnage du jeune David Balfour, des Basses Terres, un bon gar&#231;on, mais exasp&#233;rant. <em>L'&#239;le au Tr&#233;sor</em>, <em>le Nouvelles Mille et Une Nuits</em>, <em>Prince Othon</em>, <em>Docteur Jekyll et Mr Hyde</em>, ne sont pas tr&#232;s directement bas&#233;s sur l'observation ; mais cette qualit&#233; appara&#238;t avec une extr&#234;me finesse d&#232;s que le sujet trait&#233; est &#233;cossais." &#8212; Henry James (p. 29-32)</div>
<br />
- Ian Rankin. <em>Pi&#232;ge pour un &#233;lu</em>. 1992 (Le livre de poche, coll. "Policier")<br />
- Ian Rankin. <em>Rebus et le loup-garou de Londres</em>. 1992 (Le livre de poche, coll. "Policier")<br />
- Ian <span class="missingpage">McEwan</span><a href="http://www.enroweb.com/wiki/wakka.php?wakka=McEwan/edit">?</a>. <em>D&#233;lire d'amour</em>. 1997 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Stephen Fry. <em>Le Faiseur d'histoire</em>. 1996 (Gallimard, coll. "Folio SF")<br />
- Philip Caveney. <em>One For Sorrow</em>. 2015 (Fledgling Press)<br />
- Jasper Fforde. <em>Le Myst&#232;re du Hareng Saur</em>. 2011 (10/18)<br />
- Terry Pratchett. <em>Monnay&#233;</em>. 2007 (Pocket, coll. "Science-fiction")<br />
- Philip Caveney. <em>Seventeen Coffins</em>. 2014 (Fledgling Press)<br />
- G. K. Chesterton. <em>Trois enqu&#234;tes du P&#232;re Brown</em>. (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Norman Spinrad. <em>R&#234;ve de fer</em>. 1972 (Gallimard, coll. "Folio SF")<br />
- Ferenc Karinthy. <em>&#201;p&#233;p&#233;</em>. 1970 (Zulma)<br />
- Philip Caveney. <em>Crow Boy</em>. 2012 (Fledgling Press)<br />
- Ian Rankin. <em>Le Fond de l'enfer</em>. 1990 (Le livre de poche, coll. "Policier")<br />
- Ewan Blackshore. <em>La Crypte du pendu</em>. 2001 (&#201;ditions du masque)<br />
- Jorge Volpi. <em>Le Temps des cendres</em>. 2006 (&#201;ditions du Seul, coll. "Points")<br />
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- Geoff Ryman (dir.). <em>When it changed</em>. 2009 (Comma Press)<br />
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- Robert Silverberg. <em>Les Temps parall&#232;les</em>. 1969 (Le livre de poche, coll. "Science-fiction")<br />
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- Fran&#231;ois Garde. <em>Pour trois couronnes</em>. 2013 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Mark Frost. <em>La Liste des sept</em>. 1993 (Pocket)<br />
- Leo Perutz. <em>La Troisi&#232;me balle</em>. 1978 (Zulma)<br />
- Fabrice Colin et Mathieu Gaborit. <em>Confessions d'un automate mangeur d'opium</em>. 1999 (Le Serpent &#224; plumes, coll. "Motifs")<br />
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<hr />
<br />
<a id="titelanker13"></a><h3>2015</h3>
- Fran&#231;ois Garde. <em>Ce qu'il advint du sauvage blanc</em>. 2012 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Fran&#231;ois Jacob. <em>La Statute int&#233;rieure</em>. 1987 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Xavier Maum&#233;jean. <em>Le Cycle de Kraven 2. L&#8217;&#200;re du dragon</em>. 2003 (Points)<br />
- Xavier Maum&#233;jean. <em>Le Cycle de Kraven 1. La Ligue des H&#233;ros</em>. 2002 (Points)<br />
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- Fabrice Bourland. <em>Hollywood Monsters</em>. 2015 (10/18, coll. "Grands d&#233;tectives")<br />
- Lynn Shepherd. <em>A Treacherous Likeness</em>. 2013 (Constable &amp; Robinson)<br />
- Poul Anderson. <em>La Patrouille du temps</em>. 1955-1975 (Le livre de poche, coll. "Science-fiction")<br />
- Roger Price. <em>Le Cerveau &#224; sornettes. Trait&#233; de l'&#201;vitisme</em>. 1951 (Wombat, coll. "Les Insens&#233;s")<br />
- Brian W. Aldiss. <em>Frankenstein d&#233;livr&#233;</em>. 1973 (Pocket, coll. "Science-fiction")<br />
<br />
<div class="indent">Combien de fois, dans ma vie pass&#233;e, avais-je affirm&#233; que l'un des bienfaits conf&#233;r&#233;s &#224; l'Occident par le XIXe si&#232;cle avait &#233;t&#233; la lib&#233;ration de la pens&#233;e et des sentiments du joug de la religion organis&#233;e gr&#226;ce &#224; la science. Religion organis&#233;e, en v&#233;rit&#233; ! Qu'avions-nous &#224; la place ? Science organis&#233;e ! Alors que la religion organis&#233;e n'avait jamais &#233;t&#233; tr&#232;s bien organis&#233;e, et allait souvent &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts commerciaux, elle avait &#233;t&#233; forc&#233;e de reconna&#238;tre en paroles, sinon en pratique, qu'il y avait une place dans l'ordre des choses pour le moindre d'entre nous. Mais la science organis&#233;e s'&#233;tait alli&#233;e au gros commerce et au Gouvernement ; elle ne s'int&#233;ressait pas &#224; l'individu &#8212; elle ne s'occupait que de statistiques ! C'&#233;tait la mort de l'esprit<br />
De m&#234;me qu'elle avait graduellement &#233;rod&#233; la libert&#233; du temps, la science avait &#233;rod&#233; la libert&#233; de croyance. Tout ce qui ne pouvait &#234;tre prouv&#233; en laboratoire par une m&#233;thode scientifique &#8212; tout ce qui, en d'autres termes, d&#233;passait la science &#8212; &#233;tait d&#233;bout&#233;. Dieu avait &#233;t&#233; banni depuis longtemps en faveur de nombreuses petites sectes minables qui s'accrochaient &#224; des lambeaux de foi ; on pouvait les tol&#233;rer, puisqu'elles ne concurren&#231;aient pas la soci&#233;t&#233; de consommation dont d&#233;pendait si &#233;troitement la science organis&#233;e.<br />
La mentalit&#233; de Frankenstein avait triomph&#233; &#224; mon &#233;poque. Deux si&#232;cles avaient suffi. La t&#234;te avait triomph&#233; sur le c&#339;ur. (p. 195-196)</div>
<br />
- "Conscience historique". <em>Yellow Submarine</em> n&#176; 132. 2004<br />
- Christophe Lambert. <em>La Br&#232;che</em>. 2005 (Pocket, coll. "Science-fiction")<br />
- William Gibson et Bruce Sterling. <em>La Machine &#224; diff&#233;rences</em>. 1991 (Le livre de poche, coll. "Science-fiction")<br />
- Connie Willis. <em>All Clear</em>. 2010 (J'ai lu)<br />
- Connie Willis. <em>Black-Out</em>. 2010 (J'ai lu)<br />
- Alexander <span class="missingpage">McCall</span><a href="http://www.enroweb.com/wiki/wakka.php?wakka=McCall/edit">?</a> Smith, Ian Rankin et Irvine Welsh. <em>One City</em>. 2005 (Polygon)<br />
- Alan Bennett. <em>So Shocking!</em>. 2011 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Antoine Bello. <em>Les Producteurs</em>. 2015 (Gallimard)<br />
- Terry Pratchett. <em>L'Hiverrier</em>. 2006 (Pocket, coll. "Science fiction")<br />
- Fabrice Colin. <em>Comme des fant&#244;mes. Histoires sauv&#233;es du feu</em>. 2008 (Gallimard, coll. "Folio SF")<br />
- James Bradley. <em>Le R&#233;surrectionniste</em>. 2007 (&#201;ditions Payot et Rivages, coll. "Rivages/noir")<br />
- James D. Watson. <em>La Double h&#233;lice</em>. 1968 (Hachette Litt&#233;ratures, coll. "Pluriel")<br />
- Hugh Howey. <em>Silo g&#233;n&#233;rations</em>. 2013 (Actes sud, coll. "Exofictions")<br />
- Robert J. Myers. <em>Le Sang de Frankenstein</em>. 1975 (Librairie des Champs-Elys&#233;es, coll. "Le Masque fantastique")<br />
- Hugh Howey. <em>Silo origines</em>. 2013 (Actes sud, coll. "Exofictions")<br />
- C&#233;line Minard. <em>Faillir &#234;tre flingu&#233;</em>. 2013 (&#201;ditions Payot &amp; Rivages)<br />
- Elizabeth Redfern. <em>La Musique des sph&#232;res</em>. 2001 (Pocket)<br />
- Mary Shelley. <em>Frankenstein</em>. 1818 (GF Flammarion)<br />
<br />
<div class="indent">En rentrant chez moi, mon premier soin fut de me procurer toutes les &#339;uvres de cet auteur [Agrippa] et, par la suite, celles de Paracelse et d'Albert le Grand. Je parcourus et j'&#233;tudiai avec joie les folles fantaisies de ces &#233;crivains ; elles me parurent des tr&#233;sors connus &#224; bien peu en dehors de moi. (&#8230;) voici que des livres et des hommes nouveaux avaient pouss&#233; plus loin leurs recherches et appris davantage. Je crus sur parole toutes leurs affirmations, et je devins leur disciple. Il peut para&#238;tre &#233;trange que semblables &#339;uvres vissent le jour au dix-huiti&#232;me si&#232;cle ; mais tout en recevant l'instruction dispens&#233;e selon les r&#232;gles des &#233;coles de Gen&#232;ve, j'&#233;tais, dans une large mesure, un autodidacte en ce qui concernait mes recherches favorites. Mon p&#232;re n'avait pas fait d'&#233;tudes scientifiques, et c'est avec la c&#233;cit&#233; d'un enfant, &#224; laquelle s'ajoutait la soif de savoir, qu'on me laissa me d&#233;battre parmi les difficult&#233;s. Sous la direction de mes pr&#233;cepteurs nouveaux, j'abordai avec la plus grande diligence la recherche de la pierre philosophale et de l'&#233;lixir de longue vie ; mais ce dernier absorba bient&#244;t mon attention toute enti&#232;re. La richesse &#233;tait un but inf&#233;rieur &#224; atteindre ; mais quelle gloire ne r&#233;sulterait pas de ma d&#233;couverte, si je pouvais bannir du corps humain la maladie, et, hors les causes de mort violente, rendre l'homme invuln&#233;rable ? (pp. 96-97)</div>
<br />
<div class="indent">&#201;tant enfant, les r&#233;sultats promis par les professeurs modernes des sciences naturelles ne m'avaient pas satisfait. Dans une confusion d'id&#233;es explicable seulement par mon extr&#234;me jeunesse et par l'absence de guide en ces mati&#232;res, j'avais &#224; nouveau suivi les pas de la science le long de la route du temps, et &#233;chang&#233; les d&#233;couvertes des chercheurs r&#233;cents contre les r&#234;ves d'alchimistes oubli&#233;s. D'ailleurs, je m&#233;prisais les usages de la physique moderne : qu'elle &#233;tait loin de ces ma&#238;tres de la science qui cherchaient jadis l'immortalit&#233; et la puissance ! Semblables perspectives, m&#234;me inutiles, avaient de la majest&#233; ; d&#233;sormais, le spectacle n'&#233;tait plus le m&#234;me : l'ambition du chercheur paraissait se limiter &#224; dissiper ces visions sur lesquelles reposait principalement mon int&#233;r&#234;t pour la science ; on me demandait d'&#233;changer des chim&#232;res d'une majest&#233; infinie pour des r&#233;alit&#233;s de peu de prix. (pp. 105-106)</div>
<br />
<div class="indent">Seuls ceux qui les ont &#233;prouv&#233;es peuvent concevoir les s&#233;ductions de la science. Dans d'autres champs d'&#233;tude, vous allez jusqu'o&#249; d'autres sont parvenus avant vous, et o&#249; il ne reste rien &#224; apprendre ; mais dans les recherches scientifiques il existe des chances continuelles de d&#233;couvertes et d'&#233;merveillement. Une intelligence moyenne, qui se livre intimement &#224; un seul sujet d'&#233;tude, arrive infailliblement &#224; une comp&#233;tence remarquable ; et moi, qui poursuivais sans cesse le m&#234;me but et m'absorbais totalement en cette ambition, j'avan&#231;ai si rapidement que je d&#233;couvris, au bout de deux ans, des perfectionnements &#224; un certains instruments de chimie, qui me firent grandement estimer et admirer &#224; l'universit&#233;. (p. 112)</div>
<br />
<div class="indent">Apprenez de moi, sinon par mes pr&#233;ceptes, du moins par mon exemple, combien il est dangereux d'acqu&#233;rir la science, et combien plus heureux est l'homme qui prend sa ville natale pour l'univers, que celui qui aspire &#224; une grandeur sup&#233;rieure &#224; ce que lui permet sa nature. (p. 114)</div>
<br />
<div class="indent">Je visitai &#201;dimbourg, le regard et l'esprit languissants. Pourtant, cette cit&#233; aurait pu int&#233;resser l'&#234;tre le plus infortun&#233;. Clerval ne l'aimait pas autant qu'Oxford, car l'antiquit&#233; de cette derni&#232;re ville le charmait davantage. Mais la beaut&#233; et la r&#233;gularit&#233; de la ville neuve d'&#201;dimbourg, son ch&#226;teau pittoresque et ses environs, les plus agr&#233;ables du monde, la retraite d'Arthur, le puits de Saint-Bernard et les collines de Pentland, le d&#233;dommageaient du changement et le remplissaient de joie et d'admiration. J'&#233;tais, au contraire, impatient d'arriver au terme de mon voyage. (p. 248)</div>
<br />
- Mika Biermann. <em>Un Blanc</em>. 2013 (Anarchasis, coll. "Fictions")<br />
- Hugh Howey. <em>Silo</em>. 2012 (Actes sud, coll. "Exofictions")<br />
- Robert Margerit. <em>L'&#206;le des Perroquets</em>. 1942 (Pocket)<br />
- Fran&#231;ois Vallejo. <em>Fleur et sang</em>. 2014 (Viviane Hamy)<br />
- Neil Gaiman. <em>Des Choses fragiles</em>. 2006 (J'ai lu, coll. "Fantastique")<br />
- Antoine Bello. <em>Mateo</em>. 2013 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Terry Pratchett. <em>Les Recettes de Nounou Ogg</em>. 1999 (Pocket, coll. "Science fiction")<br />
- Sylvain Prudhomme. <em>L'Affaire Furtif</em>. 2010 (Burozo&#239;que, coll. "Le r&#233;pertoire des &#238;les")<br />
- Jean-Marie Blas de Robl&#232;s. <em>L'&#206;le du Point N&#233;mo</em>. 2014 (Zulma)<br />
- Michael Chabon. <em>La Solution finale</em>. 2004 (Robert Laffont, coll. "Pavillons poche")<br />
- Carlos Ruiz Zaf&#243;n. <em>L'Ombre du vent</em>. 2001 (Le Livre de poche)<br />
- F&#233;lix J. Palma. <em>La Carte du temps</em>. 2008 (Pocket)<br />
- Susanna Clarke. <em>The Ladies of Grace Adieu and Other Stories</em>. 2006 (Bloomsbury)<br />
- Susanna Clarke. <em>Jonathan Strange et Mr Norrell</em>. 2004 (Le Livre de poche)<br />
<hr />
<br />
<a id="titelanker14"></a><h3>2014</h3>
- Xavier Maum&#233;jean. <em>La V&#233;nus anatomique</em>. 2004 (Le Livre de poche, coll. "Science-fiction")<br />
- Ren&#233; Sussan. <em>Les Insolites</em>. 1984 (Deno&#235;l, coll. "Pr&#233;sence du futur")<br />
- Thomas Day (dir.). <em>Les Continents perdus. Anthologie</em>. 2005 (Deno&#235;l, coll. "Lunes d'encre")<br />
- Paul West. <em>Le M&#233;decin de Lord Byron</em>. 1989 (Rivages, coll. "Biblioth&#232;que &#233;trang&#232;re")<br />
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<div class="indent">&#8212; Apr&#232;s tout, mon cher Polly, n'&#234;tes-vous pas le m&#233;decin ? Quand j'ai besoin d'&#234;tre soign&#233;, je veux le traitement simple, banal, et non point l'une de vos chim&#232;res auxquelles il manquera toujours quelques petites livres de poudre d'ange pour produire un miracle. Crevez l'abc&#232;s ! &#233;bouillantez la plaie ! Je n'avais pas imagin&#233; que la m&#233;decine &#233;tait si raffin&#233;e &#224; Edimbourg. Le diable me garde de tranchelards trop fut&#233;s ! (p. 32)</div>
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<div class="indent">&#192; l'&#233;poque, Edimbourg &#233;tait la capitale de la m&#233;decine ; l'aristocratie &#233;cossaise entrait et sortait &#224; sa guise des salles d'anatomie et regardait les cadavres &#224; l'&#233;tude, comme si la le&#231;on &#233;tait un divertissement pour &#226;mes blas&#233;es. Quant aux indigents, ils n'arrivaient jamais l&#224;-bas vivants. Jamais apparemment nous n'avions eu un riche cadavre. Ou quand les riches, l'&#233;lite, &#233;corchaient et d&#233;pe&#231;aient les pauvres : c'&#233;tait tout &#224; fait le tableau. La m&#233;decine &#233;tait per&#231;ue comme une r&#233;alit&#233; sociale de bas &#233;tage. Sous-entendu : cela n'arrivait qu'aux pauvres. Seuls les gueux &#233;taient d&#233;coup&#233;s, n'importe comment, pour r&#233;appara&#238;tre, anonymes, dans des dessins abstraits ex&#233;cut&#233;s avec une infaillible pr&#233;cision. Au milieu des cadavres, il arrivait qu'un plaisantin gliss&#226;t l'un des mod&#232;les humains en cire fabriqu&#233;s &#224; dessein : ils &#233;taient fendus par-devant et la tripaille d&#233;gringolait. Il &#233;tait difficile de distinguer le faux cadavre du vrai, car l'on fumait trop de cigares pour tuer la puanteur et l'on avait trop l'habitude de d&#233;tourner les yeux d&#232;s que l'on ne travaillait pas directement. Quelqu'un plongeait sa lame dans la cire color&#233;e et de grands &#233;clats de rire volaient au-dessus des tables ; puis l'on se remettait &#224; l'ouvrage et le mannequin &#233;tait emport&#233; en des lieux moins s&#233;rieux. (p. 175-176)</div>
<br />
- Christopher Priest. <em>Le Prestige</em>. 1995 (Gallimard, coll. "Folio SF")<br />
- Daniel Vaxelaire. <em>Les Mutins de la libert&#233;</em>. 1995 (Ph&#233;bus)<br />
- Xavier Maum&#233;jean. <em>Ganesha - M&#233;moires de l'Homme-&#201;l&#233;phant</em>. 2000 (&#201;ditions Mn&#233;mos, coll. H&#233;lios)<br />
- Vikas Swarup. <em>Meurtre dans un jardin indien</em>. 2008 (10/18)<br />
- St&#233;phane Audeguy (dir.). <em>Des fant&#244;mes</em>. <em>La Nouvelle revue fran&#231;aise</em> n&#176; 602. 2012 (Gallimard)<br />
- Alain Gnaedig. <em>L'Homme arm&#233;</em>. 2011 (L'Arbre vengeur)<br />
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<div class="indent">&#192; sa droite, le Ch&#226;teau toisait de sa hauteur de granit les grouillements de l'Old Town, ses vieux immeubles d'o&#249; montaient miasmes, toux et cris, &#233;clats de bagarres ivrognes, g&#233;missements de passes bon march&#233;, effluves de bi&#232;re, de gras, de choux. Et les po&#234;les &#224; charbon dispensaient avec ardeur leur poussi&#232;re et leur suie.<br />
&#192; sa gauche, c'&#233;tait le monde polic&#233; de la New Town, avec ses enseignes de prestige, ses banques et ses maisons de commerce. Il passa sans les voir les demeures de ma&#238;tre o&#249; les passions et les intrigues avaient le bon go&#251;t de se perdre dans le silence des vastes drawing-rooms, il longea un instant le Club o&#249;, &#224; cette heure, les avocats et les hommes d'affaires ne combinaient plus. Certains s'esquivaient peut-&#234;tre par une porte d&#233;rob&#233;e et rejoindraient leurs ma&#238;tresses dans l'&#233;troite Rose Street et son alignement de pubs, de tavernes, et de lupanars discrets. (p. 12)</div>
<br />
<div class="indent">La nuit commen&#231;ait &#224; tomber quand l'inspecteur se mit &#224; descendre vers Leith et le bord de mer. &#192; mesure qu'il s'approchait, les odeurs de goudron, de varech et d'algues se firent plus fortes, accompagn&#233;es d'effluves d'eaux croupies et us&#233;es. La silhouette massive du Forth Bridge se refl&#233;tait sur le bras de mer. <span class="missingpage">MacLachlan</span><a href="http://www.enroweb.com/wiki/wakka.php?wakka=MacLachlan/edit">?</a> ne pouvait s'emp&#234;cher de penser que c'&#233;tait le m&#234;me ing&#233;nieur qui avait dessin&#233; les plans du Tay Bridge, lequel s'&#233;tait effondr&#233; quelques ann&#233;es plus t&#244;t. Encore une catastrophe. L'histoire de l'&#201;cosse semblait irr&#233;m&#233;diablement ponctu&#233;e par des calamit&#233;s. &#201;tait-ce l&#224; un signe pour lui ? Les chantiers navals &#233;taient d&#233;sormais presque endormis et seules les grues semblaient veiller sur les carcasses de navires en construction. <span class="missingpage">MacLachlan</span><a href="http://www.enroweb.com/wiki/wakka.php?wakka=MacLachlan/edit">?</a> longea les docks, avec ses masses de bois empil&#233;es, ses d&#233;p&#244;ts de tonneaux et de f&#251;ts vides qui partiraient bient&#244;t rejoindre les distilleries, ses entrep&#244;ts de lin et de grain.<br />
&#192; Leith, il se dirigea vers une gargote d'ouvriers situ&#233;e sur le front de mer. Un chien-loup montait la garde sur le seuil. Sentant un regard pos&#233; sur lui, le chien leva la t&#234;te. De toutes les lumi&#232;res qui &#233;tincelaient sur le Forth, les yeux de l'animal &#233;taient les plus fines, et les plus expressives. Le cerb&#232;re examina <span class="missingpage">MacLachlan</span><a href="http://www.enroweb.com/wiki/wakka.php?wakka=MacLachlan/edit">?</a> un moment, puis se retourna paisiblement vers la mer, pour reprendre son guet, les yeux braqu&#233;s sur les t&#233;n&#232;bres mouvantes o&#249; l'humanit&#233; jouait sans conteste le r&#244;le le moins captivant. (pp. 92-93)</div>
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- Josephine Tey. <em>La Fille du temps</em>. 1951 (10/18, coll. "Grands d&#233;tectives")<br />
- Antoine Bello. <em>&#201;loge de la pi&#232;ce manquante</em>. 1998 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Arthur Conan Doyle. "Un Duo" in <em>In&#233;dits et introuvables</em>. 1899 (Robert Laffont, coll. "Bouquins")<br />
- Italo Calvino. <em>Cosmicomics</em>. 1965 (Le Livre de poche)<br />
- Johan Heliot. <em>Johan Heliot vous pr&#233;sente ses hommages</em>. 2013 (Les Moutons &#233;lectriques, coll. "La Biblioth&#232;que volta&#239;que")<br />
- Arthur Conan Doyle. "Les Lettres de Stark Munro" in <em>In&#233;dits et introuvables</em>. 1895 (Robert Laffont, coll. "Bouquins")<br />
- Arthur Conan Doyle. "Idylle de banlieue" in <em>In&#233;dits et introuvables</em>. 1892 (Robert Laffont, coll. "Bouquins")<br />
- Arthur Conan Doyle. "Girdlestone et Cie" in <em>In&#233;dits et introuvables</em>. 1892 (Robert Laffont, coll. "Bouquins")<br />
<br />
<div class="indent">Le jour solennel ne tarda pas &#224; arriver, et on n'aurait pu souhaiter un temps plus beau. La matin&#233;e avait &#233;t&#233; brumeuse, mais, &#224; mesure que le soleil avait paru, le brouillard s'&#233;tait dissip&#233; jusqu'&#224; ce qu'il n'en rest&#226;t qu'un soup&#231;on flottant comme une plume sur les sombres murs du ch&#226;teau d'Edimbourg, et s'enroulant en guirlandes f&#233;eriques autour des colonnes inachev&#233;es du monument national sur la Carlton Hill.<br />
La vaste &#233;tendue des jardins de Prince's Street, entre la vieille ville et la ville moderne, &#233;tait verdoyante et printani&#232;re. Les larges pelouses bien soign&#233;es contrastaient avec l'entassement bizarre des vieilles maisons maussades qui les dominent d'un c&#244;t&#233; et la grandeur massive de la montagne au-del&#224;, qui se tient comme un lion accroupi veillant jour et nuit sur l'ancienne capitale des rois d'&#201;cosse. Des voyageurs ayant explor&#233; le monde entier n'ont pu d&#233;couvrir un coup d'&#339;il plus beau. (p. 630)</div>
<br />
- Arthur Conan Doyle. "Raffles Haw" in <em>In&#233;dits et introuvables</em>. 1892 (Robert Laffont, coll. "Bouquins")<br />
- Arthur Conan Doyle. "Le Parasite" in <em>In&#233;dits et introuvables</em>. 1894 (Robert Laffont, coll. "Bouquins")<br />
- Daniel Kehlmann. <em>Les Esprits de Princeton</em>. 2012 (Actes Sud, coll. "Papiers")<br />
- C&#233;line Minard. <em>Le Dernier monde</em>. 2007 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Leo Perutz. <em>Le Cavalier su&#233;dois</em>. 1936 (&#201;ditions Ph&#233;bus, coll. "Libretto")<br />
- Aki Shimazaki. <em>Zakuro</em>. 2008 (Lem&#233;ac / Actes Sud)<br />
- Allegra Goodman. <em>Intuition</em>. 2006 (&#201;ditions du Seuil)<br />
- Roy Lewis. <em>La V&#233;ritable Histoire du dernier roi socialiste</em>. 1990 (Actes Sud, coll. "Babel")<br />
- Claro. <em><span class="missingpage">CosmoZ</span><a href="http://www.enroweb.com/wiki/wakka.php?wakka=CosmoZ/edit">?</a></em>. 2010 (Actes Sud, coll. "Babel")<br />
- Antoine Bello. <em>Les Funambules</em>. 1996 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Leo Perutz. <em>Le Tour du cadran</em>. 1918 (Christian Bourgois, coll. "Titres")<br />
- Terry Pratchett. <em>Jeu de nains</em>. 2005 (Pocket, coll. "Fantasy")<br />
- Arto Paasilinna. <em>Le Li&#232;vre de Vatanen</em>. 1975 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Ian <span class="missingpage">McEwan</span><a href="http://www.enroweb.com/wiki/wakka.php?wakka=McEwan/edit">?</a>. <em>Solaire</em>. 2010 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Antoine Bello. <em>Les &#201;claireurs</em>. 2009 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Antoine Bello. <em>Les Falsificateurs</em>. 2007 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Gyles Brandreth. <em>Oscar Wilde et le myst&#232;re de Reading</em>. 2012 (10/18, coll. "Grands d&#233;tectives")<br />
- S&#233;bastien Balibar. <em>Chercheur au quotidien</em>. 2014 (&#201;ditions du Seuil, coll. "Raconter la vie")<br />
- Beno&#238;t Peeters. <em>La Biblioth&#232;que de Villers</em> suivi de <em>Tombeau d'Agatha Christie</em>. 1980 (&#201;ditions Labor, coll. "Espace Nord")<br />
- Pierre Bayard. <em>Qui a tu&#233; Roger Ackroyd ?</em>. 1998 (Les &#201;ditions de minuit)<br />
- Agatha Christie. <em>Le Meurtre de Roger Ackroyd</em>. 1926 (Le Livre de poche)<br />
<hr />
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<a id="titelanker15"></a><h3>2013</h3>
- Antoine Bello. <em>Enqu&#234;te sur la disparition d'&#201;milie Brunet</em>. 2010 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- Yves Delange. <em>Jean-Henri Fabre et Louis Pasteur : conversation au bord de la Sorgue</em>. 2011 (L'Harmattan)<br />
- Ken Grimwood. <em>Replay</em>. 1986 (Editions du Seuil, coll. "Points")<br />
- Didier Decoin. <em>Une Anglaise &#224; bicyclette</em>. 2011 (Le livre de poche)<br />
- Jean Echenoz. <em>Des &#233;clairs</em>. 2010 (Les &#233;ditions de minuit)<br />
- Jonathan Wable. <em>Six photos noircies</em>. 2013 (&#201;ditions Attila)<br />
- Arthur Conan Doyle. "Autres myst&#232;res et aventures" in <em>In&#233;dits et introuvables</em>. 1879-1914 (Robert Laffont, coll. "Bouquins")<br />
- Arthur Conan Doyle. "Myst&#232;res et aventures" in <em>In&#233;dits et introuvables</em>. 1889 (Robert Laffont, coll. "Bouquins")<br />
- Terry Pratchett. <em>Un Chapeau de ciel</em>. 2004 (Pocket, coll. "Fantasy")<br />
- Terry Pratchett. <em>Les Ch'tits hommes libres</em>. 2003 (Pocket, coll. "Fantasy")<br />
- Gyles Brandreth. <em>Oscar Wilde et les crimes du Vatican</em>. 2011 (10/18, coll. "Grands d&#233;tectives")<br />
- Marcel Schwob. <em>Vies imaginaires</em>. 1896 (GF Flammarion)<br />
- Terry Pratchett. <em>Timbr&#233;</em>. 2004 (Pocket, coll. "Fantasy")<br />
- Francis Spufford. <em>Red Plenty</em>. 2010 (Faber and Faber, format ePub)<br />
- J. M. Machado de Assis. <em>L'Ali&#233;niste</em>. 1881 (&#201;ditions M&#233;taili&#233;, coll. "Suite br&#233;silienne")<br />
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<div class="indent">&#8212; La science, messieurs, est une chose s&#233;rieuse, et elle demande &#224; &#234;tre trait&#233;e avec s&#233;rieux. Je n'ai &#224; r&#233;pondre de mes d&#233;cisions en tant qu'ali&#233;niste devant personne, Dieu et mes ma&#238;tres except&#233;s. Si vous d&#233;sirez corriger notre organisation sur le plan administratif, je suis pr&#234;t &#224; vous entendre ; mais si votre but est que je me d&#233;savoue, vous perdez votre temps. Je pourrais inviter un certain nombre d'entre vous, mandat&#233;s par les autres, &#224; venir avec moi voir les malades dans leurs cellules ; mais je me garderai de le faire, car ce serait vous rendre compte de mon syst&#232;me, ce que je ne puis consentir ni &#224; des profanes, ni &#224; des rebelles. (p. 63)</div>
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<br />
<a id="titelanker16"></a><h3>2012</h3>
- St&#233;phane Audeguy. <em>La Th&#233;orie des nuages</em>. 2005 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
- &#201;ric Chauvier. <em>Somaland</em>. 2012 (Allia)<br />
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<div class="indent">On nettoie les poubelles des incin&#233;rateurs, ou les camions de GLOUBY (<em>un site sous-traitant des autres sites, sp&#233;cialis&#233; dans le nettoyage des camions transportant des mati&#232;res dangereuses et lui-m&#234;me class&#233; &#224; risques</em>). Et quand on est l&#224;-bas, m&#234;me l'odeur du photack on la r'grette (<em>col&#232;re tenue en laisse - vieux teckel</em>). Parce que l&#224;-bas c'est un m&#233;lange (<em>mine d&#233;go&#251;t&#233;e</em>), c'est le sp&#233;cial mix avec des trucs qui puent, c'est m&#234;me pas imaginable. &#199;a vous suit la nuit, quand vous vous endormez (<em>col&#232;re tenue en laisse - labrador</em>). Vous avez beau vous laver et vous laver encore, prendre trois douches de suite, &#231;a reste, &#231;a pue trop, c'est trop d&#233;gueulasse. Le pire c'est quand vous venez juste de vous doucher et que vous sentez le propre et tout, vous ouvrez la fen&#234;tre de la salle de bain, en &#233;t&#233;, c'est normal, et l&#224;, c'est le photack qui rentre et l&#224;, y'a plus rien &#224; faire, plus de douche ni rien, c'est fini, &#231;a vous ach&#232;ve, &#231;a pue trop quoi (<em>col&#232;re tenue en laisse - dogue argentin</em>). &#199;a m'est arriv&#233; plusieurs fois. Vous allez vous coucher et tout et vous puez trop toute la nuit et le matin aussi, et c'est pas la peine de penser &#224; se laver parce que le photack &#231;a s'infiltre partout (<em>chien de guerre</em>).</div>
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<div class="indent">Non, le sil&#232;ne. Le photack on conna&#238;t, mais le sil&#232;ne personne n'en parle&#8230; Pour la polym&#233;risation du plastique qui sert aux proth&#232;ses, il faut aussi du sil&#232;ne, &#231;a vous le savez. C'est &#231;a, le probl&#232;me. Parler du photack, c'est &#233;viter d'avoir &#224; parler du sil&#232;ne (<em>avec l'air entendu d'un conf&#233;rencier</em>). C'est pour faire diversion. Parce que le sil&#232;ne &#231;a ne sent rien. Le photack c'est le solvant, on est d'accord qu'on le sent de temps en temps et que c'est peut-&#234;tre pas si grave (<em>marquant une pause didactique</em>). J'ai demand&#233; &#224; un type &#224; la mairie. Mais le sil&#232;ne, on en parle jamais (<em>ton insistant, alt&#233;r&#233; peut-&#234;tre par une once de d&#233;sespoir</em>). J'ai des preuves de ce que je dis (<em>regard p&#233;n&#233;trant</em>).</div>
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- Patrick Deville. <em>Peste &amp; chol&#233;ra</em>. 2012 (Le Seuil, coll. "Fictions &amp; cie")<br />
- Jo Clifford. <em>The Tree of Knowledge</em>. 2011 (Nick Hern Books)<br />
- C&#233;dric Villani. <em>Th&#233;or&#232;me vivant</em>. 2012 (Grasset)<br />
- Maylis de Kerangal. <em>Naissance d'un pont</em>. 2010 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
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<div class="indent">Dans la chemise banale, les conclusions des premiers sondages op&#233;r&#233;s par les g&#233;otechniciens &#224; Coca et les quantitatifs de l'ouvrage. Assis &#224; sa table, Diderot feuilleta dans cet ordre &#8212; qui &#233;tait &#224; rebours. Aux premiers feuillets, il reconnut son langage, il &#233;tait l&#224; chez lui. Mesures, tableaux, graphiques, ces conclusions d&#233;taillaient avec pr&#233;cision les informations livr&#233;es par les sondes r&#233;cemment pos&#233;es sur le sol de Coca, t&#234;tes chercheuses munies de petites charges explosives dont on analysait les d&#233;flagrations &#8212; bruit, propagation et vibration des ondes de choc &#8212; afin de conna&#238;tre la r&#233;alit&#233; de la mati&#232;re, sa morphologie interne, la teneur de sa constitution, sa potentialit&#233;. Pour Diderot, ces notes avaient quelque chose de terriblement &#233;mouvant : c'&#233;tait comme de lire ce que r&#233;percutaient en surface les petits coups de canne blanche que l'aveugle donne contre le sol pour seulement pouvoir marcher dessus &#8212; mais encore fallait-il travailler &#224; se donner ces cannes blanches, justement, &#224; les inventer, puis &#224; les manipuler avec petits coups nets, secs, afin qu'elles soient simplement dignes de confiance. C'&#233;tait la description sensible d'un t&#226;tonnement gigantesque et c'&#233;tait l&#224; tout ce qu'il aimait, &#231;a ressemblait vraiment &#224; la vie. (pp. 70-71)</div>
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<div class="indent">Nous allons mettre en place un jeu de tensions ph&#233;nom&#233;nal, un syst&#232;me magique de transmission des forces, nous allons toucher la d&#233;licatesse m&#234;me ! Diderot filtre ces commentaires entre ses dents tandis qu'il dessine des sch&#233;mas sur le tableau, tra&#231;ant des fl&#233;chettes dynamiques (des &#8594; et des &#8595;) sur des F majuscules, et ceux-ci bient&#244;t se font slogans, port&#233;s d'une voix claire : le pont suspendu c'est le nec plus ultra de l'ing&#233;niosit&#233; humaine, de la d&#233;brouillardise, une affaire de r&#233;partition des puissances et des masses, le g&#233;nie de l'&#233;quilibre sans quoi il n'est que de la fatigue et de l'usure, des tiraillements, des effondrements, de la laideur. Il d&#233;borde d'app&#233;tence, les ing&#233;nieurs adorent &#8212; se rem&#233;morent leurs ann&#233;es de maths sp&#233;, les probl&#232;mes et les colles, les exp&#233;riences sur les paillasses glac&#233;es, l'eau froide et sale au fond des lavabos, la blouse grise, revoient encore le halo de leur lampe de bureau sur les copies doubles &#224; carreaux, ce cercle jaune d&#233;coup&#233; dans l'obscurit&#233; de leur piaule, la t&#234;te inqui&#232;te de leur m&#232;re dans l'entreb&#226;illement de la porte, tu trouves ? tu as bient&#244;t fini ?, couche-toi !, et la f&#234;te que c'&#233;tait de r&#233;soudre le probl&#232;me dans le creux de la nuit, la perception soudaine de leur intelligence nue quand ils chopaient la courbe du pont suspendu, d&#233;finissaient la fameuse cha&#238;nette, le cosinus hyperbolique, se frottaient les paupi&#232;res une fois &#233;tablie la formule &#8212;, et tous ont soudain le sentiment d'&#234;tre parfaitement &#224; leur place (&#8230;). (pp. 285-286)</div>
<br />
- Fabrice Bourland. <em>Le Serpent de feu</em>. 2012 (1018, coll. "Grand d&#233;tectives")<br />
- Gideon Defoe. <em> Les Pirates ! dans : Une aventure avec les savants</em>. 2004 (J'ai Lu)<br />
- Terry Pratchett. <em>Le R&#233;giment monstrueux</em>. 2003 (Pocket, coll. "Fantasy")<br />
- Rebecca Skloot. <em>The Immortal Life of Henrietta Lacks</em>. 2010 (Broadway Paperbacks)<br />
- Arthur Conan Doyle. "L'Oncle J&#233;r&#233;mie et les siens" in <em>In&#233;dits et introuvables</em>. 1888 (Robert Laffont, coll. "Bouquins")<br />
- Arthur Conan Doyle. "Le Myst&#232;re de Cloomber" in <em>In&#233;dits et introuvables</em>. 1888 (Robert Laffont, coll. "Bouquins")<br />
<br />
<div class="indent">La science vous dira qu'il n'existe pas de pouvoirs comme ceux que proclament les mystiques orientaux. Moi, John Fothergill West, puis r&#233;pondre avec confiance que la science se trompe. Car qu'est-ce que la science ? La science est le consensus d'opinion des hommes de science, et l'histoire montre qu'ils sont lents &#224; accepter une v&#233;rit&#233;. La science s'est moqu&#233;e de Newton pendant vingt ans... La science a prouv&#233; math&#233;matiquement qu'un navire en fer ne pouvait flotter ; et la science a d&#233;clar&#233; qu'un navire &#224; vapeur ne pourrait traverser l'Atlantique. Comme le M&#233;hitoph&#233;l&#232;s de Goethe, le fort de nos savants professeurs est : <em>Stets verneinen</em>. Thomas Didymus en est, pour me servir de son jargon, le prototype. Qu'il apprenne que, s'il voulait cesser de croire &#224; l'infaillibilit&#233; de ses propres m&#233;thodes et regarder &#224; l'est, d'o&#249; son venus tous les grands mouvements, il trouvera l&#224; une &#233;cole de philosophes et de savants qui, suivant d'autres voies que les siennes, sont de plusieurs milliards d'ann&#233;es plus avanc&#233;s que lui, sur tous les ponts essentiels de la science... (p. 121)</div>
<hr />
<br />
<a id="titelanker17"></a><h3>2011</h3>
<br />
- Gyles Brandreth. <em>Oscar Wilde et le nid de vip&#232;res</em>. 2010 (10/18, coll. "Grands d&#233;tectives")<br />
- Terry Pratchett. <em>Ronde de nuit</em>. 2002 (Pocket Fantasy)<br />
- Gyles Brandreth. <em>Oscar Wilde et le cadavre souriant</em>. 2009 (10/18, coll. "Grands d&#233;tectives")<br />
- Tracy Chevalier. <em>Remarkable Creatures</em>. 2009 (<span class="missingpage">HarperCollins</span><a href="http://www.enroweb.com/wiki/wakka.php?wakka=HarperCollins/edit">?</a>)<br />
- Cormac <span class="missingpage">McCarthy</span><a href="http://www.enroweb.com/wiki/wakka.php?wakka=McCarthy/edit">?</a>. <em>La Route</em>. 2006 (Editions du Seuil, coll. "Points")<br />
- Michael Chabon. <em>Les extraordinaires aventures de Kavalier &amp; Clay</em>. 2000 (10/18)<br />
- Johan Heliot. <em>La lune n'est pas pour nous</em>. 2004 (Folio SF)<br />
- Johan Heliot. <em>La lune seule le sait</em>. 2000 (Folio SF)<br />
- Stephen Fry. <em>The Hippopotamus</em>. 1994 (Arrow Books)<br />
- Julian Barnes. <em>Arthur &amp; George</em>. 2005 (Gallimard, coll. "Folio")<br />
<br />
<div class="indent">Il [Arthur Conan Doyle]&#160;adh&#233;ra &#224; l'Association rationaliste, et jugea leur travail n&#233;cessaire, mais fonci&#232;rement destructeur et donc st&#233;rile. La d&#233;molition des anciennes croyances avait certes &#233;t&#233; essentielle au progr&#232;s humain, mais &#224; pr&#233;sent que ces vieux &#233;difices avaient &#233;t&#233; ras&#233;s, o&#249; l'homme pouvait-il trouver refuge dans ce paysage d&#233;vast&#233; ? Comment pouvait-on d&#233;cider sans sourciller que l'histoire de ce que l'esp&#232;ce s'accordait, depuis des mill&#233;naires, &#224; appeler l'&#226;me touchait maintenant &#224; son terme ? Les &#234;tres humains continueraient d'&#233;voluer, et par cons&#233;quent leur esprit, &#226;me ou quoi que ce f&#251;t devait aussi &#233;voluer. M&#234;me un sceptique idiot pouvait comprendre &#231;a. (p. 127)</div>
<br />
<div class="indent">Mais maintenant les ph&#233;nom&#232;nes m&#233;tapsychiques avaient des d&#233;fenseurs en la personne de savants &#233;minents et d'une &#233;vidente probit&#233;, tels William Crookes, Olivier Lodge et Alfred Russell Wallace. Cela signifiait que les hommes qui comprenaient le mieux le monde naturel &#8212; les grands physiciens et naturalistes &#8212; &#233;taient aussi devenus nos guides vers le monde surnaturel. (p. 128)</div>
<br />
- Fabrice Bourland. <em>Le diable du Crystal Palace</em>. 2010 (10/18, coll. "Grands d&#233;tectives")<br />
<hr />
<br />
<a id="titelanker18"></a><h3>2010</h3>
<br />
- Terry Pratchett. <em>Procrastination</em>. 2002 (Pocket, coll. "Fantasy")<br />
- Fabrice Bourland. <em>La Derni&#232;re enqu&#234;te du Chevalier Dupin</em>. 2009 (10/18)<br />
- Lucy Wadham. <em>The Secret Life of France</em>. 2009 (Faber and Faber)<br />
- Daniel Kehlmann. <em>Les Arpenteurs du monde</em>. 2005 (Babel)<br />
<br />
<div class="indent">Parfois il [Carl Friedrich Gauss] en venait m&#234;me &#224; supposer que les lois de la physique fonctionnaient elles aussi de fa&#231;on purement statistique, et qu'elles admettaient par cons&#233;quent des exceptions : les fant&#244;mes, par exemple, ou bien la transmission de pens&#233;e. (p. 13)</div>
<br />
- Terry Pratchett. <em>La V&#233;rit&#233;</em>. 2000 (Pocket, coll. "Fantasy")<br />
- Fabrice Bourland. <em>Les Portes du sommeil</em>. 2008 (10/18)<br />
- Fabrice Bourland. <em>Le Fant&#244;me de Baker Street</em>. 2008 (10/18)<br />
- Jean-Paul Dubois. <em>Vous plaisantez, monsieur Tanner</em>. 2006 (Le Seuil, coll. "Points")<br />
- Virginie Linhart. <em>Le jour o&#249; mon p&#232;re s'est tu</em>. 2008 (&#201;ditions du Seuil)<br />
- Robert Linhart. <em>L'&#233;tabli</em>. 1978 (Editions de minuit)<br />
- Mathias Malzieu. <em>La M&#233;canique du c&#339;ur</em>. 2007 (J'ai Lu)<br />
- Gyles Brandreth. <em>Oscar Wilde et le jeu de la mort</em>. 2008 (10/18, coll. "Grands d&#233;tectives")<br />
- Ian Rankin. <em>L'&#201;trangleur d'&#201;dimbourg</em>. 1987 (Le Livre de poche)<br />
- Gyles Brandreth. <em>Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles</em>. 2007 (10/18, coll. "Grands d&#233;tectives")<br />
- Pierre Boulle. <em>L'enl&#232;vement de l'ob&#233;lisque</em>. 2009 (Pocket)<br />
<hr />
<br />
<a id="titelanker19"></a><h3>2009</h3>
<br />
- Terry Pratchett. <em>Le Cinqui&#232;me &#233;l&#233;phant</em>. 1999 (Pocket Fantasy)<br />
- Jasper Fforde. <em>Le D&#233;but de la fin</em>. 2007 (10/18)<br />
- Reif Larsen. <em>The Selected Works of T. S. Spivet</em>. 2009<br />
- Alison Lurie. <em>Des amis imaginaires</em>. 1967 (&#201;ditions Payot / Rivages)<br />
- Pierre Bayard. <em>Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ?</em>. 2007 (&#201;ditions de minuit)<br />
- Antal Szerb. <em>La L&#233;gende de Pendragon</em>. 1934 (&#201;ditions Ibolya Vir&#225;g)<br />
<br />
<div class="indent">Pensez &#224; Platon parlant de l'Atlantide dans le <em>Tim&#233;e</em>&#8230; Il y avait un monde, une grande &#238;le qui a sombr&#233; dans la mer. C'est de l&#224; que les pr&#234;tres &#233;gyptiens avaient rapport&#233; leurs secrets. L'&#238;le engloutie n'est qu'un symbole, le symbole de la connaissance magique qui a, par la suite, sombr&#233; dans la conscience des hommes et n'appara&#238;t plus que de-ci de-l&#224; dans les r&#234;ves&#8230; (&#8230;) Et il y a toujours eu des hommes ou des soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes, poursuivi-t-il, qui affirmaient &#234;tre les d&#233;tenteurs du savoir ancien. Apr&#232;s les pr&#234;tres &#233;gyptiens, ce fut le culte des myst&#232;res &#224; Alexandrie, apr&#232;s Alexandrie, ce furent la cabale juive et les gnostiques, apr&#232;s les gnostiques, ce furent les templiers, apr&#232;s la cabale, ce furent les mystiques du haut Moyen &#194;ge, Pic de la Mirandole, l'abb&#233; Trith&#232;me, Cardan, Raymond Lulle, Paracelse et enfin les rose-croix. Les rose-croix sont les derniers maillons de la cha&#238;ne&#8230; (&#8230;) Apr&#232;s vient le rationalisme. Les hommes se sont mis &#224; r&#233;fl&#233;chir de fa&#231;on m&#233;thodique et scientifique. Ils ont invent&#233; la machine &#224; vapeur et la d&#233;mocratie. Et l'ancienne connaissance est devenue un paradoxe, nos esprits syst&#233;matiques ne la comprennent plus, de m&#234;me que nous ne pouvons pas comprendre les superstitions des N&#232;gres. Les sciences occultes qui viennent apr&#232;s ne sont qu'escroquerie et parodie. L'irrationnel est le bal masqu&#233; de l'homme rationnel. Les francs-ma&#231;ons du XVIIIe si&#232;cle, les spiritistes, les th&#233;osophes comme Saint-Germain et Cagliostro affirmaient &#234;tre ag&#233;s de plusieurs milliers d'ann&#233;es. Ils mentaient, sans aucun doute. Mais si beaucoup de gens mentent en pr&#233;tendant conna&#238;tre le Prince de Galles, peut-on en d&#233;duire que l'existence du Prince de Galles n'est qu'une superstition&#8230; Avec nos ch&#233;mas de pens&#233;e actuels, nous ne pouvons pouvons plus saisir ces choses. (p. 125)</div>
<br />
- revue <em>Fiction</em> n&#176; 9. 2009 (Les Moutons &#233;lectriques)<br />
- Terry Pratchett. <em>Carpe jugulum</em>. 1998 (Pocket Fantasy)<br />
- Jasper Fforde. <em>Sauvez Hamlet !</em>. 2004 (10/18)<br />
- Shakespeare. <em>Hamlet</em>. 1603 (GF-Flammarion)<br />
<hr />
<br />
<a id="titelanker20"></a><h3>2008</h3>
<br />
- Fran&#231;ois Feer. <em>Bestiaire amazonien</em>. 2008 (Le Dilettante)<br />
- revue <em>Fiction</em> n&#176; 8. 2008 (Les Moutons &#233;lectriques)<br />
- Terry Pratchett, Ian Stewart et Jack Cohen. <em>La Science du Disque-monde</em>. 1999 (L'Atalante)<br />
<br />
<div class="indent">Une universit&#233; ressemble beaucoup &#224; un r&#233;cif de corail. Elle offre des eaux calmes et des particules alimentaires aux organismes d&#233;licats mais merveilleusement con&#231;us qui seraient incapables de survivre aux coups de boutoir du ressac de la r&#233;alit&#233;, o&#249; les gens posent des questions comme : "Ce que vous faites, &#231;a sert &#224; quelque chose ?" et autres absurdit&#233;s. (p. 197)</div>
<br />
<div class="indent">Parfois, la meilleure des r&#233;ponses est une question plus int&#233;ressante encore. (p. 15)</div>
<br />
<div class="indent">Le plus important progr&#232;s technologique qu'ait apport&#233; le Moyen ce fut un meilleur collier de cheval de trait. (p. 92)</div>
<br />
<div class="indent">La science ne cherche pas &#224; construire un ensemble de "faits" connus. C'est une m&#233;thode qui consiste &#224; poser des interrogations g&#234;nantes et &#224; les soumettre &#224; l'&#233;preuve de la r&#233;alit&#233;, &#233;vitant ainsi la propension de l'homme &#224; croire ce qui lui fait du bien. (p. 117)</div>
<br />
- Edgar Allan Poe. <em>Marginalia</em>. 2007 (Allia)<br />
<br />
<div class="indent">L'&#233;norme multiplication des livres, dans toutes les branches de la connaissance, est l'un des plus grands fl&#233;aux de cet &#226;ge ; car elle constitue l'un des plus s&#233;rieux obstacles &#224; l'acquisition d'un savoir positif. Le lecteur voit sa route encombr&#233;e d'un v&#233;ritable fatras, au milieu duquel il doit chercher, &#224; t&#226;tons, quelques bribes de mat&#233;riaux utiles &#233;parpill&#233;s au hasard. (p. 111)</div>
<br />
<div class="indent">La th&#233;orie de la chance ou, comme disent les math&#233;maticiens, le calcul des probabilit&#233;s a cette particularit&#233; remarquable que sa v&#233;rit&#233; en g&#233;n&#233;ral est en proportion directe de son inexactitude en particulier. (pp. 124-125)</div>
<br />
<div class="indent">Tous les hommes de g&#233;nie ont leurs d&#233;tracteurs ; mais ce serait faire une fausse distribution du terme moyen de d&#233;duire, partant de l&#224;, que tous ceux qui ont des d&#233;tracteurs sont des hommes de g&#233;nie. (p. 129)</div>
<br />
- Bill Bryson. <em>A short history of nearly everything</em>. 2003 (Broadway Books)<br />
- revue <em>Fiction</em> n&#176; 7. 2008 (Les Moutons &#233;lectriques)<br />
- Terry Pratchett. <em>Maurice et ses rongueurs savants</em>. 2001 (Pocket)<br />
- Alfred Sch&#252;tz. <em>L'&#233;tranger</em>. 1975 (Allia)<br />
- Jasper Fforde. <em>Le Puits des histoires perdues</em>. 2003 (10/18)<br />
- Terry Pratchett. <em>Le Dernier continent</em>. 1998 (Pocket Fantasy)<br />
<br />
<div class="indent">&#8212; Pardon ? Est-ce que j'ai bien compris ? Vous &#234;tes un dieu de l'&#233;volution ? fit Cogite.<br />
&#8212; Euh&#8230; c'est mal ? s'inqui&#233;ta le dieu.<br />
&#8212; Mais elle s'exerce depuis une &#233;ternit&#233;, monsieur !<br />
&#8212; Ah bon ? Mais j'ai commenc&#233; il y a quelques ann&#233;es seulement ! Vous voulez dire que quelqu'un d'autre s'en occupe ?<br />
&#8212; Je le crains, monsieur, fit Cogite. On &#233;l&#232;ve des chiens pour la f&#233;rocit&#233;, des chevaux pour la vitesse et&#8230; ben, m&#234;me mon oncle fait des prodiges avec ses noix, monsieur&#8230;<br />
&#8212; Et tout le monde sait qu'une rivi&#232;re et un pont, &#231;a s'croise aussi, ahaha, dit Ridculle.<br />
&#8212; Ah oui ? fit s&#233;rieusement le dieu de l'&#233;volution. J'aurais cru que &#231;a ne donnerait rien d'autre que du bois tout mouill&#233;. Oh la la. (p. 174)</div>
<br />
- revue <em>Fiction</em> n&#176; 6. 2007 (Les Moutons &#233;lectriques)<br />
<hr />
<br />
<a id="titelanker21"></a><h3>2007</h3>
<br />
- J. K. Rowling. <em>Harry Potter and the Deathly Hallows</em>. 2007 (Bloomsbury)<br />
- Terry Pratchett. <em>Va-t-en guerre</em>. 1997 (Pocket Fantasy)<br />
- Iain Pears. <em>Le Cercle de la croix</em>. 1997 (Pocket)<br />
- Thomas Kuhn. <em>La Structure des r&#233;volutions scientifiques</em>. 1983 (Flammarion, coll. "Champs")<br />
- revue <em>Fiction</em> n&#176; 5. 2007 (Les Moutons &#233;lectriques)<br />
- Terry Pratchett. <em>Le p&#232;re Porcher</em>. 1996 (Pocket Fantasy)<br />
- revue <em>Fiction</em> n&#176; 4. 2006 (Les Moutons &#233;lectriques)<br />
<br />
<div class="indent">(&#8230;) le gardien de ch&#232;vres s'&#233;tait retrouv&#233; aux prises avec une id&#233;e bouleversante. Et si les plan&#232;tes ne se pr&#233;cipitaient pas sur leur orbite au milieu du n&#233;ant, avec seulement la gravit&#233; pour les maintenir en place ? Et si elles &#233;taient mont&#233;es sur des sph&#232;res transparentes en rotation autour de l'axe de la Terre ? Et si le firmament &#233;tait aussi m&#233;canique qu'une clepsydre ? Et si les objets c&#233;lestes &#233;taient beaucoup plus proches et beaucoup plus petits que quiconque jusqu'&#224; pr&#233;sent l'avait suppos&#233; ? Comment, en fin de compte, les gens allaient-ils pouvoir red&#233;finir leur propre importance dans l'univers global ? Ils ne seraient plus des &#233;l&#233;ments infinit&#233;simaux plac&#233;s par hasard dans un coin de l'immensit&#233; mais des points centraux, essentiels, de l'organisation cosmique. (Rhys Hugues, "Le Cosmos de cristal", pp. 141-142)</div>
<hr />
<br />
<a id="titelanker22"></a><h3>2006</h3>
- Giovanni Busino. <em>Sociologie des sciences et des techniques</em>. 1998 (PUF coll. Que sais-je ?)<br />
- Isabelle Pailliart (dir.). <em>La Publicisation de la science</em>. 2005 (Presses universitaires de Grenoble)<br />
- Marguerite Yourcenar. <em>L'&#338;uvre au Noir</em>. 1968 (Gallimard coll. Folio)<br />
- Jean-Paul Dubois. <em>Une vie fran&#231;aise</em>. 2004 (Le Seuil coll. Points)<br />
- Jean-Marc L&#233;vy-Leblond. <em>La pierre de touche : la science &#224; l'&#233;preuve...</em> 1996 (Gallimard coll. Folio essais)<br />
- James Morrow. <em>Le dernier chasseur de sorci&#232;res</em>. 2003 (10/18 coll. Domaine &#233;tranger)<br />
- Nicolas Witkowski. <em>Une histoire sentimentale des sciences</em>. 2003 (Le Seuil coll. Points sciences)<br />
<br />
<div class="indent">"Toujours, dans les questions douteuses, l'ignorant croit, le demi-savant d&#233;cide, l'homme instruit examine." [Jean-Baptiste Biot]</div>
<br />
<div class="indent">"Mon cher enfant, j'ai tant aim&#233; les sciences pendant ma vie, que cela me fait battre le c&#339;ur." [Jean-Baptiste Biot &#224; son jeune discplie Louis Pasteur]</div>
<br />
- Jasper Fforde. <em>D&#233;livrez-moi !</em>. 2002 (10/18)<br />
- Paolo Rossi. <em>Aux origines de la science moderne</em>. 2004 (Le Seuil coll. Points sciences)<br />
- Marie-Pierre Demarcq, Jean de Pr&#233;neuf et Sophie de Sivry (ed.). <em>M&#233;moires de la mer : cinq si&#232;cles de tr&#233;sors et d'aventures</em>. 2005 (Gallimard coll. Folio)<br />
- Kerstin Ekman. <em>Les brigands de la for&#234;t de Skule</em>. 1988 (Le Seuil coll. Points fantasy)<br />
- Georges Lochak. <em>D&#233;fense et illustration de la science : le savant, la science et l'ombre</em>. 2002 (Ellipses)<br />
<br />
<div class="indent">Journalistes (non scientifiques), historiens (pas ceux des sciences), philosophes (les moins scientifiques possible), sociologues, penseurs en tout genre, m&#233;decins, tous ont une opinion, bas&#233;e sur une m&#233;connaissance solidement assise sur des lectures de seconde main. Et une opinion sur quoi ? Pas sur des sujets techniques, bien s&#251;r. Ce qui les int&#233;resse, c'est l'univers (au moins), les rapports entre science et religion, le hasard, le d&#233;sordre, la complexit&#233;, l'action &#224; distance, tout ce qui incline &#224; la magie.<br />
Les sujets les plus courus sont des probabilit&#233;s, le chaos, l'ind&#233;terminisme, les fractals, les incertitudes, l'ordre &#233;mergent du d&#233;sordre, les &#233;tats virtuels, le stochastique, la d&#233;coh&#233;rence, la t&#233;l&#233;portation, les attracteurs &#233;tranges, le vide quantique, les catastrophes, l'intrication, l'effet papillon, les fluctuations, le paradoxe EPR... Plus des notions astronomiques qu'on adore ne pas comprendre : les quasars, les lentilles gravitationnelles, les pulsars, les trous noirs, la masse manquante, le sacro-saint big bang. Et quelques mots math&#233;matiques comme les "r&#233;sultats ind&#233;cidables" qui fleurent bon l'impuissance. (p. 261)</div>
<br />
- Rapha&#235;l Colson et Andr&#233;-Fran&#231;ois Ruaud. <em>Science-fiction, une litt&#233;rature du r&#233;el</em>. 2006 (Klinsieck)<br />
- Urs Widmer. <em>Les Hommes jaunes</em>. 1976 (10/18)<br />
- Jo&#227;o Cara&#231;o. <em>Science et communication</em>. 1999 (PUF coll. Que sais-je ?)<br />
<br />
<div class="indent">La n&#233;cessit&#233; de divulguer les r&#233;sultats et d'autres &#233;v&#232;nements scientifiques, ainsi que de faire conna&#238;tre au public les opinions et les interrogations des scientifiques, le besoin d'&#233;valuer les impacts des grands projets technologiques et, surtout, d'analyser les progr&#232;s scientifiques en termes d'implications futures, sont r&#233;els, urgents et s&#233;rieux. L'opinion publique, les segments sp&#233;cialis&#233;s de la population, les acteurs et les agents &#233;conomiques et politiques ne peuvent pas &#234;tre &#233;trangers ni s'ali&#233;ner des grandes questions de la science, pour la science, concernant la science. L'&#233;largissement et l'approfondissement de la culture scientifique est une t&#226;che primordiale dans toutes les soci&#233;t&#233;s qui souhaitent pouvoir continuer d'&#234;tre avanc&#233;es. (p. 103)</div>
<br />
<div class="indent">Cependant, le fait de conjecturer, comme il a &#233;t&#233; dit, n'est qu'une partie du processus de communication. L'autre partie, au moins aussi importante, correspond &#224; la circulation, &#224; la validation et &#224; l'utilisation dans le langage des connaissances g&#233;n&#233;r&#233;es. Il semble donc facile de reconna&#238;tre que la circulation des connaissances scientifiques constitue une partie du processus consistant &#224; faire de la science, c'est &#224; dire, de l'activit&#233; scientifique reconnue en tant que telle. (p. 41)</div>
<br />
- Terry Pratchett. <em>Pieds d'argile</em>. 1996 (Pocket Fantasy)<br />
- &#201;mile Guy&#233;not. <em>L'Origine des esp&#232;ces</em>. 1961 (PUF coll. Que sais-je ?)<br />
- Charles Darwin. <em>L'Origine des esp&#232;ces</em>. 1859 (GF Flammarion)<br />
<br />
<div class="indent">La cro&#251;te terrestre, avec ses restes enfouis, ne doit pas &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un mus&#233;e bien rempli, mais comme une maigre collection faite au hasard et &#224; de rares intervalles. (p. 545)</div>
<br />
- Albert Camus. <em>La Peste</em>. 1947 (Le Livre de poche)<br />
<br />
<div class="indent">Ils pariaient en somme sur le hasard et le hasard n'est &#224; personne. (p. 154)</div>
<br />
- Peter Ackroyd. <em>Le Golem de Londres</em>. 1994 (10/18)<br />
<br />
<div class="indent">[Charles Dickens] expose encore plus nettement les id&#233;es de Babbage dans son roman inachev&#233;, <em>Le Myst&#232;re d'Edwin Drood</em>, o&#249; la mort et le meurtre occupent une place centrale [&#8230;]. (p.132)</div>
<br />
- Connie Willis. <em>Le Grand Livre</em>. 1992 (J'ai lu SF)<br />
- revue <em>Fiction</em> n&#176;3. 2006 (Les Moutons &#233;lectriques)<br />
- Henri Cueco. <em>Le Collectionneur de collections</em>. 1995 (Le Seuil coll. Points)<br />
<br />
<div class="indent">L'esprit collectionneur donne un recul propice &#224; des jugements scientifiques que l'on peut tenir pour proches de l'objectivit&#233;. (p.99)</div>
<br />
- Peter Ackroyd. <em>Londres, la biographie</em>. 2000 (Stock coll. Les mots &#233;trangers)<br />
<br />
<div class="indent">(&#8230;) on peut affirmer que le crit&#232;re du cockney furent &#233;tablis dans les ann&#233;es 1880, &#233;poque o&#249; l'on assista &#224; l'&#233;mergence de ce qu'on peut appeler le cockney moderne. Sa repr&#233;sentante la plus flamboyante fut sans doute Elsa Doolitle, le personnage interpr&#233;t&#233; dans la com&#233;die musicale <em>My Fair Lady</em> par Julie Andrews sur sc&#232;ne et Audrey Hepburn dans le film. <em>There's menners f'yer</em> [<em>That's manners for you</em>] &#8212; "Ben, c'&#233;ti des mani&#232;res, &#231;a ?" ; <em>Te-oo banches o' voylet</em> [<em>Two bunches of violet</em>] &#8212; "Deux bouquets de violettes" ; <em>Ow eez yee-ooa san, is 'e ?</em> [<em>Oh, he's your son, is he ?</em>] &#8212; "Ah bon, c'est vot' fils ?" Cette derni&#232;re phrase t&#233;moigne du talent de Shaw dans le domaine de la reproduction phon&#233;tique, mais la chose n'est pas toujours facile pour l'oreille ou pour l'&#339;il. (p. 190)</div>
<br />
<div class="indent">On a souvent tent&#233; de relever la trajectoire de Londres par le biais de lignes de force qui relieraient certains sites suivant des alignements rectilignes. L'une d'elles relierait Highgate Hill au nord &#224; Pollard's Hill (Norbury) au sud, en touchant au passage un nombre surprenant d'&#233;glises et de chapelles. On s'est efforc&#233; de relier diverses &#233;glises construites par Nicholas Hawksmoor ou d'aligner St Pancras Old Church, le British Museum et l'Observatoire de Greenwich dans une topographie signifiante. Dans un sens, c'est un retour &#224; la magie li&#233;e &#224; la terre, jadis pratiqu&#233;e par les tribus celtes de la r&#233;gion ; c'est aussi une reconnaissance du pouvoir du lieu. (p. 254)</div>
<br />
<div class="indent">Bien s&#251;r, ce qui marqua &#224; jamais l'East End et cr&#233;a son identit&#233; aux yeux du monde ext&#233;rieur, fut la s&#233;rie de meurtres attribu&#233;s &#224; Jack l'&#201;ventreur, entre la fin de l'&#233;t&#233; et le d&#233;but de l'automne 1888. La nature des meurtres, aussi soudains que brutaux, d&#233;signa en effet cette zone comme un quartier d'une incroyable violence et d'une incomparable d&#233;pravation, mais il &#233;tait tout aussi symptomatique que les meurtres aient &#233;t&#233; commis dans l'obscurit&#233; de venelles malodorantes. Le fait que l'assassin n'ait jamais &#233;t&#233; captur&#233; semblait confirmer l'impression selon laquelle le bain de sang &#233;manait directement des rues inf&#226;mes, que l'&#201;ventreur, en fait, ne faisait qu'un avec l'East End. (pp. 788-789)</div>
<br />
- Eric-Emmanuel Schmitt. <em>La Secte des &#233;go&#239;stes</em>. 1994 (Le Livre de poche)<br />
<br />
<div class="indent">Teint&#233; de philosophie anglaise, assez pour saisir les probl&#232;mes, trop peu pour les r&#233;soudre, [Gaspard Languenhaert] partait de quelques remarques acceptables, dont il tirait des cons&#233;quences invraisemblables. Ainsi, disait-il, soit que je m'&#233;l&#232;ve jusque dans les nues, soit que je descende dans les ab&#238;mes, je ne sors point de moi-m&#234;me, et ce n'est jamais que ma propre pens&#233;e que j'aper&#231;ois. Donc, le monde n'existe pas en soi, mais en moi. Donc, la vie n'est que mon r&#234;ve. Donc, je suis &#224; moi seul toute la r&#233;alit&#233;&#8230; Au dire des contemporains, ce jeune homme passa all&#233;grement du soup&#231;on l&#233;gitime port&#233; sur les limites de notre connaissance &#224; cette affirmation que les choses n'&#233;taient qu'<em>en lui</em>, que <em>par</em> et <em>pour</em> lui.</div>
<br />
- Daniel Defoe. <em>Journal de l'ann&#233;e de la peste</em>. 1722 (Gallimard coll. Folio classique)<br />
<br />
<div class="indent">De m&#234;me que l'on fuyait &#224; pr&#233;sent loin de la ville, je dois faire remarquer que la Cour &#233;tait partie de bonne heure, d&#232;s le mois de juin, et s'&#233;tait install&#233;e &#224; Oxford, o&#249; il plut &#224; Dieu de la pr&#233;server. La maladie n'en toucha, que je sache, aucun membre; mais il faut avouer que jamais on n'en vit le moindre faire montre de reconnaissance, et gu&#232;re de r&#233;formation personnelle, en d&#233;pit de tous les avertissements signalant &#224; tous ces gentilhommes &#8212; sans entorse &#224; la charit&#233; &#8212; que leurs vices criants n'avaient sans doute pas peu contribu&#233; &#224; attirer ce terrible jugement sur la nation enti&#232;re. (p. 49)</div>
<br />
- Bernard Lamarche-Vadel. <em>Conf&#233;rences de Bernard Lamarche-Vadel. La bande-son de l'art contemporain</em>. 2005 (Institut fran&#231;ais de la mode - &#201;ditions du Regard)<br />
- David Vandermeulen. <em>Fritz Haber. Tome 1: L'Esprit du temps</em>. 2005 (Delcourt coll. Mirages)<br />
- Eric-Emmanuel Schmitt. <em>La Part de l'autre</em>. 2001 (Le Livre de poche)<br />
- Colin Ronan. <em>Histoire mondiale des sciences</em>. 1983 (Le Seuil coll. Points sciences)<br />
- Stephen Jay Gould. <em>Le Renard et le h&#233;risson</em>. 2003 (Le Seuil coll. Science ouverte)<br />
<br />
<div class="indent">(&#8230;) aucune conclusion factuelle de la science (touchant &#224; ce qu'"est" la nature) ne peut &#224; elle seule d&#233;terminer une v&#233;rit&#233; &#233;thique (touchant &#224; ce que nous "devrions" faire).</div>
<br />
<div class="indent">(&#8230;) les chercheurs, sp&#233;cialement depuis qu'ils ont acquis la puissance et l'autorit&#233; en tant que membres d'une institution d&#233;sormais bien &#233;tablie, se sont aventur&#233;s au-del&#224; de leurs domaines d'expertise personnels et ont pris part &#224; des d&#233;bats &#233;thiques en arguant &#8212; ce qui est illogique &#8212; de la sup&#233;riorit&#233; de leur savoir factuel. (Ma connaissance technique de la g&#233;n&#233;tique du clonage ne me conf&#232;re aucun droit d'influencer des d&#233;cisions l&#233;gales ou morales de cr&#233;er, par exemple, une copie g&#233;n&#233;tique d'un enfant mort.) (p. 65)</div>
<br />
<div class="indent">Or je ne puis, en tant que chercheur, que consid&#233;rer ce vaste champ d'&#233;tude de l'analyse sociale de la science comme non seulement important et respectable, mais aussi salutaire pour les scientifiques. Ils songent trop rarement aux fondements historiques et au contexte social de leur recherche, et b&#233;n&#233;ficieraient grandement d'une meilleure compr&#233;hension de ces influences non scientifiques sur leurs croyances et leurs pratiques. (p. 109)</div>
<br />
- Philip K. Dick. <em>Nouvelles. Tome 1 (1947-1953)</em>. 1987 (Deno&#235;l coll. Lunes d'encre)<br />
<br />
<div class="indent">Ainsi, ce monde [Lilliput] existe vraiment. Les <em>deux</em> existent. Et peut-&#234;tre aussi les autres. Le Pays des Merveilles, Oz, Pellucidar, Erewhon, toutes les contr&#233;es imaginaires, tous les r&#234;ves&#8230; ("Le vaisseau arraisonn&#233;", p. 577)</div>
<br />
<div class="indent">"Voyez-vous, Larry, je sais une chose que personne d'autre ne sait dans ce monde-ci. Je l'ai apprise quand j'&#233;tais petite. Une chose qui&#8230;<br />
&#8212; Minute. Que voulez-vous dire par "dans ce monde-ci" ? Qu'il y en a de plus beaux ? De meilleurs ? Comme chez Platon ? Que ce monde-ci n'est qu'une&#8230;<br />
&#8212; Pas du tout !" Allison fron&#231;a les sourcils. "Nous vivons dans le meilleur des mondes, Larry. Le meilleur des mondes possibles. (&#8230;) C'est <em>mon</em> monde ; il n'appartient qu'&#224; moi. Avec tout ce qu'il contient. Les gens, les choses&#8230; tout y est &#224; moi. (&#8230;) Vous ne saisissez donc pas ? Tout cela est &#224; moi. Toutes ces choses sont l&#224; pour moi, pour mon bonheur exclusif."<br />
Larry s'&#233;carta imperceptiblement. "Ah bon ? Vous savez, comme principe philosophique, &#231;a reste difficile &#224; soutenir. Je l'admets, Descartes a dit que seuls nos sens nous permettaient de conna&#238;tre le monde, et que ces sens refl&#232;tent notre propre&#8230;" ("Le monde qu'elle voulait", p. 817)</div>
<br />
<div class="indent">"On a toujours class&#233; la parano&#239;a parmi les maladies mentales. Mais c'est une erreur ! Elle n'entra&#238;ne pas de perte de contact avec la r&#233;alit&#233; &#8212; bien au contraire, le parano&#239;aque est en <em>prise directe</em> avec le r&#233;el. Empiriste ultime lib&#233;r&#233; des inhibitions &#233;thico-culturelles, le parano&#239;aque voit les choses telles qu'elles sont <em>vraiment</em> ; il est en fait le <em>seul</em> homme sain d'esprit. J'ai lu <em>Mein Kampf</em>, d&#233;clara Lemuel. Ce qui m'a fait d&#233;couvrir que je n'&#233;tais pas le seul." Il r&#233;cita mentalement sa pri&#232;re d'action de gr&#226;ces : <em>Je ne suis pas le seul. Il y en a d'autres.</em> ("Non-O", pp. 1362-1363)</div>
<br />
- revue <em>Fiction</em> n&#176;2. 2005 (Les Moutons &#233;lectriques)<br />
<hr />
<br />
<a id="titelanker23"></a><h3>2005</h3>
<br />
- Eric-Emmanuel Schmitt. <em>Mes &#233;vangiles</em>. 2004 (Albin Michel)<br />
- <em>Moissons futures</em> (anthologie). 2005 (La D&#233;couverte)<br />
- Ray Bradbury. <em>L'Homme illustr&#233;</em>. 1951 (Folio SF)<br />
- Terry Pratchett. <em>Masquerade</em>. 1995 (Pocket Fantasy)<br />
- revue <em>Fiction</em> n&#176;1. 2005 (Les Moutons &#233;lectriques)<br />
- Charles Dickens. <em>De grandes esp&#233;rances</em>. 1861 (Le Livre de Poche)<br />
- Ian R. <a href="http://www.enroweb.com/wiki/wakka.php?wakka=MacLeod">MacLeod</a>. <em>Les &#206;les du Soleil</em>. 2005 (Folio SF)<br />
- Terry Pratchett. <em>Les Tribulations d'un mage en Aurient</em>. 1994 (Pocket Fantasy)<br />
- Jasper Fforde. <em>L'Affaire Jane Eyre</em>. 2001 (10/18)<br />
- Jerome K. Jerome. <em>Three Men in a Boat</em>. 1889 (Penguin Classics)<br />
<br />
<div class="indent">In later years, Reading seems to have been regarded as a handy place to run down to, when matters were becoming unpleasant in London. Parliament generally rushed off to Reading whenever there was a plague on at Westminster; and in 1625, the Law followed suit, and all the courts were held at Reading. It must have been worth while having a mere ordinary plague now and then in London to get rid of both the lawyers and the Parliament. (p. 144)</div>
<br />
<div class="indent">The river &#8212; with the sunlight flashing from its dancing wavelets, gilding gold the grey-green beech-trunks, glinting through the dark, cool wood paths, chasing shadows o'er the shallows, flinging diamonds from the mill-wheels, throwing kisses to the lilies, wantoning with the weirs' white waters, silvering moss-grown walls and bridges, brightening every tiny townlet, making sweet each lane and meadow, lying tangled in the rushes, peeping, laughing, from each inlet, gleaming gay on many a far sail, making soft the air with glory &#8212; is a golden fairy stream. (p.163)</div>
<br />
- Val&#233;rie Peugeot (sous la direction de). <em>Pouvoir savoir. Le d&#233;veloppement face aux biens communs de l'information et de la propri&#233;t&#233; intellectuelle</em>. 2005 (C&amp;F &#201;ditions)<br />
- Charlotte Bront&#235;. <em>Jane Eyre</em>. 1847 (Le Livre de Poche)<br />
<br />
<div class="indent">Je repris mon livre l'<em>Histoire des Oiseaux de Grande-Bretagne</em> de [Thomas] Bewick. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, je me souciais peu de son texte, et pourtant, tout enfant que j'&#233;tais, il y avait certaines pages de l'introduction que je ne pouvais me dispenser de lire : celles qui d&#233;crivent les repaires des oiseaux de mer, les &#171; <em>rocs et promontoires solitaires</em> &#187; qu'ils sont seuls &#224; habiter, la c&#244;te de Norv&#232;ge, parsem&#233;e depuis son extr&#233;mit&#233; m&#233;ridionale, le cap Lindeness ou Naze, jusqu'au Cap Nord. [&#8230;] Je ne pouvais non plus passer sans m'y attarder sur l'&#233;vocation des rivages d&#233;serts de Laponie, de Sib&#233;rie, du Spitzberg, de la Nouvelle-Zemble, de l'Islande, du Groenland, avec les &#171; <em>vastes &#233;tendues de la zone arctique, ces r&#233;gions d&#233;sol&#233;es aux mornes espaces, ces r&#233;servoirs de gel et de neige o&#249; des champs de glace compacte amoncel&#233;e pendant des si&#232;cles d'hiver, v&#233;ritables sommets alpestres vitrifi&#233;s, entass&#233;s les uns sur les autres, entourent le p&#244;le et concentrent les rigueurs accumul&#233;es de l'extr&#234;me froid</em> &#187;.</div>
<br />
- Christophe Lambert. <em>Clone connexion</em>. 2002 (Mango Jeunesse)<br />
- J. K. Rowling. <em>Harry Potter and the Half-Blood Prince</em>. 2005 (Bloomsbury)<br />
- Dan Brown. <em>Anges et d&#233;mons</em>. 2000 (Latt&#232;s)<br />
- Philippe Aigrain. <em>Cause commune</em>. 2005 (Fayard coll. Transversales)<br />
- Martin Lunn. <em>Da Vinci Code Decoded</em>. 2004 (Disinformation)<br />
- Dan Brown. <em>The Da Vinci Code</em>. 2003 (Corgi Books)<br />
- Octave Uzanne et Albert Robida. &#8220;La Fin des Livres&#8221; in <em>Contes pour les bibliophiles</em>. 1895 (<a href="http://www.gutenberg.org/etext/2820">Projet Gutenberg</a>&#160;<a href="http://www.gutenberg.org/etext/2820"><img src="http://www.enroweb.com/wiki/images/external.png" alt="external link" /></a>)<br />
<br />
<div class="indent">Il faut que les livres disparaissent ou qu&#8217;ils nous engloutissent; j&#8217;ai calcul&#233; qu&#8217;il para&#238;t dans le monde entier quatre-vingts &#224; cent mille ouvrages par an, qui tir&#233;s &#224; mille en moyenne font plus de cent millions d&#8217;exemplaires, dont la plupart ne contiennent que les plus grandes extravagances et les plus folles chim&#232;res et ne propagent que pr&#233;jug&#233;s et erreurs.</div>
<br />
- Neal Stephenson. <em>Cryptonomicon</em> (3 tomes). 1999 (Le Livre de Poche SF)<br />
- Alberto Manguel. <em>Journal d'un lecteur</em>. 2004 (Actes Sud)<br />
- Robert Louis Stevenson. <em>Le ma&#238;tre de Ballantrae</em>. (Gallimard 1000 soleils)<br />
- Rafael Sabatini. <em>Captain Blood</em>. 1922 (Ph&#233;bus libretto)<br />
- Marcel Schwob. <em>Vies imaginaires</em>. 1896 (GF Flammarion)<br />
- Robert Louis Stevenson. <em>L'&#238;le au tr&#233;sor</em>. 1883 (Gallimard 1000 soleils)<br />
- Patrick S&#252;skind. <em>Das Parfum</em>. 1985 (Diogenes)<br />
- Sophie Lepeau. <em>Il faut d&#233;sob&#233;ir &#224; Bov&#233;</em>. 2005 (&#201;ditions de La Martini&#232;re coll. Doc en stock)<br />
- Jane Austen. <em>Orgueil et pr&#233;jug&#233;s</em>. 1813 (10/18)<br />
- Herman Melville. <em>Moby Dick</em>. 1851 (Gallimard 1000 soleils)<br />
<br />
<div class="indent">Les Fran&#231;ais sont des gars faits pour peindre l'action. Regardez toutes les peintures de l'Europe ; o&#249; trouvez-vous une telle suite d'actions vivantes et comme respirantes sur la toile ailleurs que dans cette triomphale galerie de Versailles, o&#249; le spectateur poursuit son chemin &#224; travers les grandes batailles de la France ; chaque &#233;p&#233;e y semble &#234;tre une lueur de l'aurore bor&#233;ale et, successivement, les divers rois arm&#233;s et empereurs s'&#233;lancent comme une charge de centaures couronn&#233;s.</div>
<br />
<div class="indent">Car les petites constructions peuvent &#234;tre achev&#233;es par les architectes qui les ont con&#231;ues ; mais les grandes, les vraies, laissent toujours leur couronnement &#224; la charge de la post&#233;rit&#233;. Dieu me garde de jamais compl&#233;ter quelque chose &#224; la mienne. Ce livre entier n'est qu'une esquisse. M&#234;me pas ! Rien que l'esquisse d'une esquisse. Oh Temps, Force, Argent et Patience !</div></div>


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