]> EnroWiki : LivresLus

EnroWiki : LivresLus

HomePage :: BiblioManage :: RecentChanges :: RecentlyCommented :: UserSettings :: You are ec2-107-22-25-119.compute-1.amazonaws.com

Livres lus


2013

- Terry Pratchett. Timbré. 2004 (Pocket, coll. "Fantasy")
- Francis Spufford. Red Plenty. 2010 (Faber and Faber, format ePub)
- J. M. Machado de Assis. L'Aliéniste. 1881 (Éditions Métailié, coll. "Suite brésilienne")

— La science, messieurs, est une chose sérieuse, et elle demande à être traitée avec sérieux. Je n'ai à répondre de mes décisions en tant qu'aliéniste devant personne, Dieu et mes maîtres exceptés. Si vous désirez corriger notre organisation sur le plan administratif, je suis prêt à vous entendre ; mais si votre but est que je me désavoue, vous perdez votre temps. Je pourrais inviter un certain nombre d'entre vous, mandatés par les autres, à venir avec moi voir les malades dans leurs cellules ; mais je me garderai de le faire, car ce serait vous rendre compte de mon système, ce que je ne puis consentir ni à des profanes, ni à des rebelles. (p. 63)


2012

- Stéphane Audeguy. La Théorie des nuages. 2005 (Gallimard, coll. "Folio")
- Éric Chauvier. Somaland. 2012 (Allia)

On nettoie les poubelles des incinérateurs, ou les camions de GLOUBY (un site sous-traitant des autres sites, spécialisé dans le nettoyage des camions transportant des matières dangereuses et lui-même classé à risques). Et quand on est là-bas, même l'odeur du photack on la r'grette (colère tenue en laisse - vieux teckel). Parce que là-bas c'est un mélange (mine dégoûtée), c'est le spécial mix avec des trucs qui puent, c'est même pas imaginable. Ça vous suit la nuit, quand vous vous endormez (colère tenue en laisse - labrador). Vous avez beau vous laver et vous laver encore, prendre trois douches de suite, ça reste, ça pue trop, c'est trop dégueulasse. Le pire c'est quand vous venez juste de vous doucher et que vous sentez le propre et tout, vous ouvrez la fenêtre de la salle de bain, en été, c'est normal, et là, c'est le photack qui rentre et là, y'a plus rien à faire, plus de douche ni rien, c'est fini, ça vous achève, ça pue trop quoi (colère tenue en laisse - dogue argentin). Ça m'est arrivé plusieurs fois. Vous allez vous coucher et tout et vous puez trop toute la nuit et le matin aussi, et c'est pas la peine de penser à se laver parce que le photack ça s'infiltre partout (chien de guerre).

Non, le silène. Le photack on connaît, mais le silène personne n'en parle… Pour la polymérisation du plastique qui sert aux prothèses, il faut aussi du silène, ça vous le savez. C'est ça, le problème. Parler du photack, c'est éviter d'avoir à parler du silène (avec l'air entendu d'un conférencier). C'est pour faire diversion. Parce que le silène ça ne sent rien. Le photack c'est le solvant, on est d'accord qu'on le sent de temps en temps et que c'est peut-être pas si grave (marquant une pause didactique). J'ai demandé à un type à la mairie. Mais le silène, on en parle jamais (ton insistant, altéré peut-être par une once de désespoir). J'ai des preuves de ce que je dis (regard pénétrant).

- Patrick Deville. Peste & choléra. 2012 (Le Seuil, coll. "Fictions & cie")
- Jo Clifford. The Tree of Knowledge. 2011 (Nick Hern Books)
- Cédric Villani. Théorème vivant. 2012 (Grasset)
- Maylis de Kerangal. Naissance d'un pont. 2010 (Gallimard, coll. "Folio")

Dans la chemise banale, les conclusions des premiers sondages opérés par les géotechniciens à Coca et les quantitatifs de l'ouvrage. Assis à sa table, Diderot feuilleta dans cet ordre — qui était à rebours. Aux premiers feuillets, il reconnut son langage, il était là chez lui. Mesures, tableaux, graphiques, ces conclusions détaillaient avec précision les informations livrées par les sondes récemment posées sur le sol de Coca, têtes chercheuses munies de petites charges explosives dont on analysait les déflagrations — bruit, propagation et vibration des ondes de choc — afin de connaître la réalité de la matière, sa morphologie interne, la teneur de sa constitution, sa potentialité. Pour Diderot, ces notes avaient quelque chose de terriblement émouvant : c'était comme de lire ce que répercutaient en surface les petits coups de canne blanche que l'aveugle donne contre le sol pour seulement pouvoir marcher dessus — mais encore fallait-il travailler à se donner ces cannes blanches, justement, à les inventer, puis à les manipuler avec petits coups nets, secs, afin qu'elles soient simplement dignes de confiance. C'était la description sensible d'un tâtonnement gigantesque et c'était là tout ce qu'il aimait, ça ressemblait vraiment à la vie. (pp. 70-71)

Nous allons mettre en place un jeu de tensions phénoménal, un système magique de transmission des forces, nous allons toucher la délicatesse même ! Diderot filtre ces commentaires entre ses dents tandis qu'il dessine des schémas sur le tableau, traçant des fléchettes dynamiques (des → et des ↓) sur des F majuscules, et ceux-ci bientôt se font slogans, portés d'une voix claire : le pont suspendu c'est le nec plus ultra de l'ingéniosité humaine, de la débrouillardise, une affaire de répartition des puissances et des masses, le génie de l'équilibre sans quoi il n'est que de la fatigue et de l'usure, des tiraillements, des effondrements, de la laideur. Il déborde d'appétence, les ingénieurs adorent — se remémorent leurs années de maths spé, les problèmes et les colles, les expériences sur les paillasses glacées, l'eau froide et sale au fond des lavabos, la blouse grise, revoient encore le halo de leur lampe de bureau sur les copies doubles à carreaux, ce cercle jaune découpé dans l'obscurité de leur piaule, la tête inquiète de leur mère dans l'entrebâillement de la porte, tu trouves ? tu as bientôt fini ?, couche-toi !, et la fête que c'était de résoudre le problème dans le creux de la nuit, la perception soudaine de leur intelligence nue quand ils chopaient la courbe du pont suspendu, définissaient la fameuse chaînette, le cosinus hyperbolique, se frottaient les paupières une fois établie la formule —, et tous ont soudain le sentiment d'être parfaitement à leur place (…). (pp. 285-286)

- Fabrice Bourland. Le Serpent de feu. 2012 (1018, coll. "Grand détectives")
- Gideon Defoe. Les Pirates ! dans : Une aventure avec les savants. 2004 (J'ai Lu)
- Terry Pratchett. Le Régiment monstrueux. 2003 (Pocket, coll. "Science-fiction")
- Rebecca Skloot. The Immortal Life of Henrietta Lacks. 2010 (Broadway Paperbacks)
- Arthur Conan Doyle. "L'Oncle Jérémie et les siens" in Inédits et introuvables. 1888 (Robert Laffont, coll. "Bouquins")
- Arthur Conan Doyle. "Le Mystère de Cloomber" in Inédits et introuvables. 1888 (Robert Laffont, coll. "Bouquins")

La science vous dira qu'il n'existe pas de pouvoirs comme ceux que proclament les mystiques orientaux. Moi, John Fothergill West, puis répondre avec confiance que la science se trompe. Car qu'est-ce que la science ? La science est le consensus d'opinion des hommes de science, et l'histoire montre qu'ils sont lents à accepter une vérité. La science s'est moquée de Newton pendant vingt ans... La science a prouvé mathématiquement qu'un navire en fer ne pouvait flotter ; et la science a déclaré qu'un navire à vapeur ne pourrait traverser l'Atlantique. Comme le Méhitophélès de Goethe, le fort de nos savants professeurs est : Stets verneinen. Thomas Didymus en est, pour me servir de son jargon, le prototype. Qu'il apprenne que, s'il voulait cesser de croire à l'infaillibilité de ses propres méthodes et regarder à l'est, d'où son venus tous les grands mouvements, il trouvera là une école de philosophes et de savants qui, suivant d'autres voies que les siennes, sont de plusieurs milliards d'années plus avancés que lui, sur tous les ponts essentiels de la science... (p. 121)


2011


- Gyles Brandreth. Oscar Wilde et le nid de vipères. 2010 (10/18, coll. "Grands détectives")
- Terry Pratchett. Ronde de nuit. 2002 (Pocket Fantasy)
- Gyles Brandreth. Oscar Wilde et le cadavre souriant. 2009 (10/18, coll. "Grands détectives")
- Tracy Chevalier. Remarkable Creatures. 2009 (HarperCollins?)
- Cormac McCarthy?. La Route. 2006 (Editions du Seuil, coll. "Points")
- Michael Chabon. Les extraordinaires aventures de Kavalier & Clay. 2000 (10/18)
- Johan Heliot. La lune n'est pas pour nous. 2004 (Folio SF)
- Johan Heliot. La lune seule le sait. 2000 (Folio SF)
- Stephen Fry. The Hippopotamus. 1994 (Arrow Books)
- Julian Barnes. Arthur & George. 2005 (Gallimard, coll. "Folio")

Il [Arthur Conan Doyle] adhéra à l'Association rationaliste, et jugea leur travail nécessaire, mais foncièrement destructeur et donc stérile. La démolition des anciennes croyances avait certes été essentielle au progrès humain, mais à présent que ces vieux édifices avaient été rasés, où l'homme pouvait-il trouver refuge dans ce paysage dévasté ? Comment pouvait-on décider sans sourciller que l'histoire de ce que l'espèce s'accordait, depuis des millénaires, à appeler l'âme touchait maintenant à son terme ? Les êtres humains continueraient d'évoluer, et par conséquent leur esprit, âme ou quoi que ce fût devait aussi évoluer. Même un sceptique idiot pouvait comprendre ça. (p. 127)

Mais maintenant les phénomènes métapsychiques avaient des défenseurs en la personne de savants éminents et d'une évidente probité, tels William Crookes, Olivier Lodge et Alfred Russell Wallace. Cela signifiait que les hommes qui comprenaient le mieux le monde naturel — les grands physiciens et naturalistes — étaient aussi devenus nos guides vers le monde surnaturel. (p. 128)

- Fabrice Bourland. Le diable du Crystal Palace. 2010 (10/18, coll. "Grands détectives")


2010


- Terry Pratchett. Procrastination. 2002 (Pocket, coll. "Fantasy")
- Fabrice Bourland. La Dernière enquête du Chevalier Dupin. 2009 (10/18)
- Lucy Wadham. The Secret Life of France. 2009 (Faber and Faber)
- Daniel Kehlmann. Les Arpenteurs du monde. 2005 (Babel)

Parfois il [Carl Friedrich Gauss] en venait même à supposer que les lois de la physique fonctionnaient elles aussi de façon purement statistique, et qu'elles admettaient par conséquent des exceptions : les fantômes, par exemple, ou bien la transmission de pensée. (p. 13)

- Terry Pratchett. La Vérité. 2000 (Pocket, coll. "Fantasy")
- Fabrice Bourland. Les Portes du sommeil. 2008 (10/18)
- Fabrice Bourland. Le Fantôme de Baker Street. 2008 (10/18)
- Jean-Paul Dubois. Vous plaisantez, monsieur Tanner. 2006 (Le Seuil, coll. "Points")
- Virginie Linhart. Le jour où mon père s'est tu. 2008 (Éditions du Seuil)
- Robert Linhart. L'établi. 1978 (Editions de minuit)
- Mathias Malzieu. La Mécanique du cœur. 2007 (J'ai Lu)
- Gyles Brandreth. Oscar Wilde et le jeu de la mort. 2008 (10/18, coll. "Grands détectives")
- Ian Rankin. L'Étrangleur d'Édimbourg. 1987 (Le Livre de poche)
- Gyles Brandreth. Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles. 2007 (10/18, coll. "Grands détectives")
- Pierre Boulle. L'enlèvement de l'obélisque. 2009 (Pocket)


2009


- Terry Pratchett. Le Cinquième éléphant. 1999 (Pocket Fantasy)
- Jasper Fforde. Le Début de la fin. 2007 (10/18)
- Reif Larsen. The Selected Works of T. S. Spivet. 2009
- Alison Lurie. Des amis imaginaires. 1967 (Éditions Payot / Rivages)
- Pierre Bayard. Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ?. 2007 (Éditions de minuit)
- Antal Szerb. La Légende de Pendragon. 1934 (Éditions Ibolya Virág)

Pensez à Platon parlant de l'Atlantide dans le Timée… Il y avait un monde, une grande île qui a sombré dans la mer. C'est de là que les prêtres égyptiens avaient rapporté leurs secrets. L'île engloutie n'est qu'un symbole, le symbole de la connaissance magique qui a, par la suite, sombré dans la conscience des hommes et n'apparaît plus que de-ci de-là dans les rêves… (…) Et il y a toujours eu des hommes ou des sociétés secrètes, poursuivi-t-il, qui affirmaient être les détenteurs du savoir ancien. Après les prêtres égyptiens, ce fut le culte des mystères à Alexandrie, après Alexandrie, ce furent la cabale juive et les gnostiques, après les gnostiques, ce furent les templiers, après la cabale, ce furent les mystiques du haut Moyen Âge, Pic de la Mirandole, l'abbé Trithème, Cardan, Raymond Lulle, Paracelse et enfin les rose-croix. Les rose-croix sont les derniers maillons de la chaîne… (…) Après vient le rationalisme. Les hommes se sont mis à réfléchir de façon méthodique et scientifique. Ils ont inventé la machine à vapeur et la démocratie. Et l'ancienne connaissance est devenue un paradoxe, nos esprits systématiques ne la comprennent plus, de même que nous ne pouvons pas comprendre les superstitions des Nègres. Les sciences occultes qui viennent après ne sont qu'escroquerie et parodie. L'irrationnel est le bal masqué de l'homme rationnel. Les francs-maçons du XVIIIe siècle, les spiritistes, les théosophes comme Saint-Germain et Cagliostro affirmaient être agés de plusieurs milliers d'années. Ils mentaient, sans aucun doute. Mais si beaucoup de gens mentent en prétendant connaître le Prince de Galles, peut-on en déduire que l'existence du Prince de Galles n'est qu'une superstition… Avec nos chémas de pensée actuels, nous ne pouvons pouvons plus saisir ces choses. (p. 125)

- revue Fiction n° 9. 2009 (Les Moutons électriques)
- Terry Pratchett. Carpe jugulum. 1998 (Pocket Fantasy)
- Jasper Fforde. Sauvez Hamlet !. 2004 (10/18)
- Shakespeare. Hamlet. 1603 (GF-Flammarion)


2008


- François Feer. Bestiaire amazonien. 2008 (Le Dilettante)
- revue Fiction n° 8. 2008 (Les Moutons électriques)
- Terry Pratchett, Ian Stewart et Jack Cohen. La Science du Disque-monde. 1999 (L'Atalante)

Parfois, la meilleure des réponses est une question plus intéressante encore. (p. 15)

Le plus important progrès technologique qu'ait apporté le Moyen ce fut un meilleur collier de cheval de trait. (p. 92)

La science ne cherche pas à construire un ensemble de "faits" connus. C'est une méthode qui consiste à poser des interrogations gênantes et à les soumettre à l'épreuve de la réalité, évitant ainsi la propension de l'homme à croire ce qui lui fait du bien. (p. 117)

Une université ressemble beaucoup à un récif de corail. Elle offre des eaux calmes et des particules alimentaires aux organismes délicats mais merveilleusement conçus qui seraient incapables de survivre aux coups de boutoir du ressac de la réalité, où les gens posent des questions comme : "Ce que vous faites, ça sert à quelque chose ?" et autres absurdités. (p. 197)

- Edgar Allan Poe. Marginalia. 2007 (Allia)

L'énorme multiplication des livres, dans toutes les branches de la connaissance, est l'un des plus grands fléaux de cet âge ; car elle constitue l'un des plus sérieux obstacles à l'acquisition d'un savoir positif. Le lecteur voit sa route encombrée d'un véritable fatras, au milieu duquel il doit chercher, à tâtons, quelques bribes de matériaux utiles éparpillés au hasard. (p. 111)

La théorie de la chance ou, comme disent les mathématiciens, le calcul des probabilités a cette particularité remarquable que sa vérité en général est en proportion directe de son inexactitude en particulier. (pp. 124-125)

Tous les hommes de génie ont leurs détracteurs ; mais ce serait faire une fausse distribution du terme moyen de déduire, partant de là, que tous ceux qui ont des détracteurs sont des hommes de génie. (p. 129)

- Bill Bryson. A short history of nearly everything. 2003 (Broadway Books)
- revue Fiction n° 7. 2008 (Les Moutons électriques)
- Terry Pratchett. Maurice et ses rongueurs savants. 2001 (Pocket)
- Alfred Schütz. L'étranger. 1975 (Allia)
- Jasper Fforde. Le Puits des histoires perdues. 2003 (10/18)
- Terry Pratchett. Le Dernier continent. 1998 (Pocket Fantasy)

— Pardon ? Est-ce que j'ai bien compris ? Vous êtes un dieu de l'évolution ? fit Cogite.
— Euh… c'est mal ? s'inquiéta le dieu.
— Mais elle s'exerce depuis une éternité, monsieur !
— Ah bon ? Mais j'ai commencé il y a quelques années seulement ! Vous voulez dire que quelqu'un d'autre s'en occupe ?
— Je le crains, monsieur, fit Cogite. On élève des chiens pour la férocité, des chevaux pour la vitesse et… ben, même mon oncle fait des prodiges avec ses noix, monsieur…
— Et tout le monde sait qu'une rivière et un pont, ça s'croise aussi, ahaha, dit Ridculle.
— Ah oui ? fit sérieusement le dieu de l'évolution. J'aurais cru que ça ne donnerait rien d'autre que du bois tout mouillé. Oh la la. (p. 174)

- revue Fiction n° 6. 2007 (Les Moutons électriques)


2007


- J. K. Rowling. Harry Potter and the Deathly Hallows. 2007 (Bloomsbury)
- Terry Pratchett. Va-t-en guerre. 1997 (Pocket Fantasy)
- Iain Pears. Le Cercle de la croix. 1997 (Pocket)
- Thomas Kuhn. La Structure des révolutions scientifiques. 1983 (Flammarion, coll. "Champs")
- revue Fiction n° 5. 2007 (Les Moutons électriques)
- Terry Pratchett. Le père Porcher. 1996 (Pocket Fantasy)
- revue Fiction n° 4. 2006 (Les Moutons électriques)

(…) le gardien de chèvres s'était retrouvé aux prises avec une idée bouleversante. Et si les planètes ne se précipitaient pas sur leur orbite au milieu du néant, avec seulement la gravité pour les maintenir en place ? Et si elles étaient montées sur des sphères transparentes en rotation autour de l'axe de la Terre ? Et si le firmament était aussi mécanique qu'une clepsydre ? Et si les objets célestes étaient beaucoup plus proches et beaucoup plus petits que quiconque jusqu'à présent l'avait supposé ? Comment, en fin de compte, les gens allaient-ils pouvoir redéfinir leur propre importance dans l'univers global ? Ils ne seraient plus des éléments infinitésimaux placés par hasard dans un coin de l'immensité mais des points centraux, essentiels, de l'organisation cosmique. (Rhys Hugues, "Le Cosmos de cristal", pp. 141-142)


2006

- Giovanni Busino. Sociologie des sciences et des techniques. 1998 (PUF coll. Que sais-je ?)
- Isabelle Pailliart (dir.). La Publicisation de la science. 2005 (Presses universitaires de Grenoble)
- Marguerite Yourcenar. L'Œuvre au Noir. 1968 (Gallimard coll. Folio)
- Jean-Paul Dubois. Une vie française. 2004 (Le Seuil coll. Points)
- Jean-Marc Lévy-Leblond. La pierre de touche : la science à l'épreuve... 1996 (Gallimard coll. Folio essais)
- James Morrow. Le dernier chasseur de sorcières. 2003 (10/18 coll. Domaine étranger)
- Nicolas Witkowski. Une histoire sentimentale des sciences. 2003 (Le Seuil coll. Points sciences)

"Toujours, dans les questions douteuses, l'ignorant croit, le demi-savant décide, l'homme instruit examine." [Jean-Baptiste Biot]

"Mon cher enfant, j'ai tant aimé les sciences pendant ma vie, que cela me fait battre le cœur." [Jean-Baptiste Biot à son jeune discplie Louis Pasteur]

- Jasper Fforde. Délivrez-moi !. 2002 (10/18)
- Paolo Rossi. Aux origines de la science moderne. 2004 (Le Seuil coll. Points sciences)
- Marie-Pierre Demarcq, Jean de Préneuf et Sophie de Sivry (ed.). Mémoires de la mer : cinq siècles de trésors et d'aventures. 2005 (Gallimard coll. Folio)
- Kerstin Ekman. Les brigands de la forêt de Skule. 1988 (Le Seuil coll. Points fantasy)
- Georges Lochak. Défense et illustration de la science : le savant, la science et l'ombre. 2002 (Ellipses)

Journalistes (non scientifiques), historiens (pas ceux des sciences), philosophes (les moins scientifiques possible), sociologues, penseurs en tout genre, médecins, tous ont une opinion, basée sur une méconnaissance solidement assise sur des lectures de seconde main. Et une opinion sur quoi ? Pas sur des sujets techniques, bien sûr. Ce qui les intéresse, c'est l'univers (au moins), les rapports entre science et religion, le hasard, le désordre, la complexité, l'action à distance, tout ce qui incline à la magie.
Les sujets les plus courus sont des probabilités, le chaos, l'indéterminisme, les fractals, les incertitudes, l'ordre émergent du désordre, les états virtuels, le stochastique, la décohérence, la téléportation, les attracteurs étranges, le vide quantique, les catastrophes, l'intrication, l'effet papillon, les fluctuations, le paradoxe EPR... Plus des notions astronomiques qu'on adore ne pas comprendre : les quasars, les lentilles gravitationnelles, les pulsars, les trous noirs, la masse manquante, le sacro-saint big bang. Et quelques mots mathématiques comme les "résultats indécidables" qui fleurent bon l'impuissance. (p. 261)

- Raphaël Colson et André-François Ruaud. Science-fiction, une littérature du réel. 2006 (Klinsieck)
- Urs Widmer. Les Hommes jaunes. 1976 (10/18)
- João Caraço. Science et communication. 1999 (PUF coll. Que sais-je ?)

La nécessité de divulguer les résultats et d'autres évènements scientifiques, ainsi que de faire connaître au public les opinions et les interrogations des scientifiques, le besoin d'évaluer les impacts des grands projets technologiques et, surtout, d'analyser les progrès scientifiques en termes d'implications futures, sont réels, urgents et sérieux. L'opinion publique, les segments spécialisés de la population, les acteurs et les agents économiques et politiques ne peuvent pas être étrangers ni s'aliéner des grandes questions de la science, pour la science, concernant la science. L'élargissement et l'approfondissement de la culture scientifique est une tâche primordiale dans toutes les sociétés qui souhaitent pouvoir continuer d'être avancées. (p. 103)

Cependant, le fait de conjecturer, comme il a été dit, n'est qu'une partie du processus de communication. L'autre partie, au moins aussi importante, correspond à la circulation, à la validation et à l'utilisation dans le langage des connaissances générées. Il semble donc facile de reconnaître que la circulation des connaissances scientifiques constitue une partie du processus consistant à faire de la science, c'est à dire, de l'activité scientifique reconnue en tant que telle. (p. 41)

- Terry Pratchett. Pieds d'argile. 1996 (Pocket Fantasy)
- Émile Guyénot. L'Origine des espèces. 1961 (PUF coll. Que sais-je ?)
- Charles Darwin. L'Origine des espèces. 1859 (GF Flammarion)

La croûte terrestre, avec ses restes enfouis, ne doit pas être considérée comme un musée bien rempli, mais comme une maigre collection faite au hasard et à de rares intervalles. (p. 545)

- Albert Camus. La Peste. 1947 (Le Livre de poche)

Ils pariaient en somme sur le hasard et le hasard n'est à personne. (p. 154)

- Peter Ackroyd. Le Golem de Londres. 1994 (10/18)

[Charles Dickens] expose encore plus nettement les idées de Babbage dans son roman inachevé, Le Mystère d'Edwin Drood, où la mort et le meurtre occupent une place centrale […]. (p.132)

- Connie Willis. Le Grand Livre. 1992 (J'ai lu SF)
- revue Fiction n°3. 2006 (Les Moutons électriques)
- Henri Cueco. Le Collectionneur de collections. 1995 (Le Seuil coll. Points)

L'esprit collectionneur donne un recul propice à des jugements scientifiques que l'on peut tenir pour proches de l'objectivité. (p.99)

- Peter Ackroyd. Londres, la biographie. 2000 (Stock coll. Les mots étrangers)

(…) on peut affirmer que le critère du cockney furent établis dans les années 1880, époque où l'on assista à l'émergence de ce qu'on peut appeler le cockney moderne. Sa représentante la plus flamboyante fut sans doute Elsa Doolitle, le personnage interprété dans la comédie musicale My Fair Lady par Julie Andrews sur scène et Audrey Hepburn dans le film. There's menners f'yer [That's manners for you] — "Ben, c'éti des manières, ça ?" ; Te-oo banches o' voylet [Two bunches of violet] — "Deux bouquets de violettes" ; Ow eez yee-ooa san, is 'e ? [Oh, he's your son, is he ?] — "Ah bon, c'est vot' fils ?" Cette dernière phrase témoigne du talent de Shaw dans le domaine de la reproduction phonétique, mais la chose n'est pas toujours facile pour l'oreille ou pour l'œil. (p. 190)

On a souvent tenté de relever la trajectoire de Londres par le biais de lignes de force qui relieraient certains sites suivant des alignements rectilignes. L'une d'elles relierait Highgate Hill au nord à Pollard's Hill (Norbury) au sud, en touchant au passage un nombre surprenant d'églises et de chapelles. On s'est efforcé de relier diverses églises construites par Nicholas Hawksmoor ou d'aligner St Pancras Old Church, le British Museum et l'Observatoire de Greenwich dans une topographie signifiante. Dans un sens, c'est un retour à la magie liée à la terre, jadis pratiquée par les tribus celtes de la région ; c'est aussi une reconnaissance du pouvoir du lieu. (p. 254)

Bien sûr, ce qui marqua à jamais l'East End et créa son identité aux yeux du monde extérieur, fut la série de meurtres attribués à Jack l'Éventreur, entre la fin de l'été et le début de l'automne 1888. La nature des meurtres, aussi soudains que brutaux, désigna en effet cette zone comme un quartier d'une incroyable violence et d'une incomparable dépravation, mais il était tout aussi symptomatique que les meurtres aient été commis dans l'obscurité de venelles malodorantes. Le fait que l'assassin n'ait jamais été capturé semblait confirmer l'impression selon laquelle le bain de sang émanait directement des rues infâmes, que l'Éventreur, en fait, ne faisait qu'un avec l'East End. (pp. 788-789)

- Eric-Emmanuel Schmitt. La Secte des égoïstes. 1994 (Le Livre de poche)

Teinté de philosophie anglaise, assez pour saisir les problèmes, trop peu pour les résoudre, [Gaspard Languenhaert] partait de quelques remarques acceptables, dont il tirait des conséquences invraisemblables. Ainsi, disait-il, soit que je m'élève jusque dans les nues, soit que je descende dans les abîmes, je ne sors point de moi-même, et ce n'est jamais que ma propre pensée que j'aperçois. Donc, le monde n'existe pas en soi, mais en moi. Donc, la vie n'est que mon rêve. Donc, je suis à moi seul toute la réalité… Au dire des contemporains, ce jeune homme passa allégrement du soupçon légitime porté sur les limites de notre connaissance à cette affirmation que les choses n'étaient qu'en lui, que par et pour lui.

- Daniel Defoe. Journal de l'année de la peste. 1722 (Gallimard coll. Folio classique)

De même que l'on fuyait à présent loin de la ville, je dois faire remarquer que la Cour était partie de bonne heure, dès le mois de juin, et s'était installée à Oxford, où il plut à Dieu de la préserver. La maladie n'en toucha, que je sache, aucun membre; mais il faut avouer que jamais on n'en vit le moindre faire montre de reconnaissance, et guère de réformation personnelle, en dépit de tous les avertissements signalant à tous ces gentilhommes — sans entorse à la charité — que leurs vices criants n'avaient sans doute pas peu contribué à attirer ce terrible jugement sur la nation entière. (p. 49)

- Bernard Lamarche-Vadel. Conférences de Bernard Lamarche-Vadel. La bande-son de l'art contemporain. 2005 (Institut français de la mode - Éditions du Regard)
- David Vandermeulen. Fritz Haber. Tome 1: L'Esprit du temps. 2005 (Delcourt coll. Mirages)
- Eric-Emmanuel Schmitt. La Part de l'autre. 2001 (Le Livre de poche)
- Colin Ronan. Histoire mondiale des sciences. 1983 (Le Seuil coll. Points sciences)
- Stephen Jay Gould. Le Renard et le hérisson. 2003 (Le Seuil coll. Science ouverte)

(…) aucune conclusion factuelle de la science (touchant à ce qu'"est" la nature) ne peut à elle seule déterminer une vérité éthique (touchant à ce que nous "devrions" faire).

(…) les chercheurs, spécialement depuis qu'ils ont acquis la puissance et l'autorité en tant que membres d'une institution désormais bien établie, se sont aventurés au-delà de leurs domaines d'expertise personnels et ont pris part à des débats éthiques en arguant — ce qui est illogique — de la supériorité de leur savoir factuel. (Ma connaissance technique de la génétique du clonage ne me confère aucun droit d'influencer des décisions légales ou morales de créer, par exemple, une copie génétique d'un enfant mort.) (p. 65)

Or je ne puis, en tant que chercheur, que considérer ce vaste champ d'étude de l'analyse sociale de la science comme non seulement important et respectable, mais aussi salutaire pour les scientifiques. Ils songent trop rarement aux fondements historiques et au contexte social de leur recherche, et bénéficieraient grandement d'une meilleure compréhension de ces influences non scientifiques sur leurs croyances et leurs pratiques. (p. 109)

- Philip K. Dick. Nouvelles. Tome 1 (1947-1953). 1987 (Denoël coll. Lunes d'encre)

Ainsi, ce monde [Lilliput] existe vraiment. Les deux existent. Et peut-être aussi les autres. Le Pays des Merveilles, Oz, Pellucidar, Erewhon, toutes les contrées imaginaires, tous les rêves… ("Le vaisseau arraisonné", p. 577)

"Voyez-vous, Larry, je sais une chose que personne d'autre ne sait dans ce monde-ci. Je l'ai apprise quand j'étais petite. Une chose qui…
— Minute. Que voulez-vous dire par "dans ce monde-ci" ? Qu'il y en a de plus beaux ? De meilleurs ? Comme chez Platon ? Que ce monde-ci n'est qu'une…
— Pas du tout !" Allison fronça les sourcils. "Nous vivons dans le meilleur des mondes, Larry. Le meilleur des mondes possibles. (…) C'est mon monde ; il n'appartient qu'à moi. Avec tout ce qu'il contient. Les gens, les choses… tout y est à moi. (…) Vous ne saisissez donc pas ? Tout cela est à moi. Toutes ces choses sont là pour moi, pour mon bonheur exclusif."
Larry s'écarta imperceptiblement. "Ah bon ? Vous savez, comme principe philosophique, ça reste difficile à soutenir. Je l'admets, Descartes a dit que seuls nos sens nous permettaient de connaître le monde, et que ces sens reflètent notre propre…" ("Le monde qu'elle voulait", p. 817)

"On a toujours classé la paranoïa parmi les maladies mentales. Mais c'est une erreur ! Elle n'entraîne pas de perte de contact avec la réalité — bien au contraire, le paranoïaque est en prise directe avec le réel. Empiriste ultime libéré des inhibitions éthico-culturelles, le paranoïaque voit les choses telles qu'elles sont vraiment ; il est en fait le seul homme sain d'esprit. J'ai lu Mein Kampf, déclara Lemuel. Ce qui m'a fait découvrir que je n'étais pas le seul." Il récita mentalement sa prière d'action de grâces : Je ne suis pas le seul. Il y en a d'autres. ("Non-O", pp. 1362-1363)

- revue Fiction n°2. 2005 (Les Moutons électriques)


2005


- Eric-Emmanuel Schmitt. Mes évangiles. 2004 (Albin Michel)
- Moissons futures (anthologie). 2005 (La Découverte)
- Ray Bradbury. L'Homme illustré. 1951 (Folio SF)
- Terry Pratchett. Masquerade. 1995 (Pocket Fantasy)
- revue Fiction n°1. 2005 (Les Moutons électriques)
- Charles Dickens. De grandes espérances. 1861 (Le Livre de Poche)
- Ian R. MacLeod. Les Îles du Soleil. 2005 (Folio SF)
- Terry Pratchett. Les Tribulations d'un mage en Aurient. 1994 (Pocket Fantasy)
- Jasper Fforde. L'Affaire Jane Eyre. 2001 (10/18)
- Jerome K. Jerome. Three Men in a Boat. 1889 (Penguin Classics)

In later years, Reading seems to have been regarded as a handy place to run down to, when matters were becoming unpleasant in London. Parliament generally rushed off to Reading whenever there was a plague on at Westminster; and in 1625, the Law followed suit, and all the courts were held at Reading. It must have been worth while having a mere ordinary plague now and then in London to get rid of both the lawyers and the Parliament. (p. 144)

The river — with the sunlight flashing from its dancing wavelets, gilding gold the grey-green beech-trunks, glinting through the dark, cool wood paths, chasing shadows o'er the shallows, flinging diamonds from the mill-wheels, throwing kisses to the lilies, wantoning with the weirs' white waters, silvering moss-grown walls and bridges, brightening every tiny townlet, making sweet each lane and meadow, lying tangled in the rushes, peeping, laughing, from each inlet, gleaming gay on many a far sail, making soft the air with glory — is a golden fairy stream. (p.163)

- Valérie Peugeot (sous la direction de). Pouvoir savoir. Le développement face aux biens communs de l'information et de la propriété intellectuelle. 2005 (C&F Éditions)
- Charlotte Brontë. Jane Eyre. 1847 (Le Livre de Poche)

Je repris mon livre l'Histoire des Oiseaux de Grande-Bretagne de [Thomas] Bewick. D'une façon générale, je me souciais peu de son texte, et pourtant, tout enfant que j'étais, il y avait certaines pages de l'introduction que je ne pouvais me dispenser de lire : celles qui décrivent les repaires des oiseaux de mer, les « rocs et promontoires solitaires » qu'ils sont seuls à habiter, la côte de Norvège, parsemée depuis son extrémité méridionale, le cap Lindeness ou Naze, jusqu'au Cap Nord. […] Je ne pouvais non plus passer sans m'y attarder sur l'évocation des rivages déserts de Laponie, de Sibérie, du Spitzberg, de la Nouvelle-Zemble, de l'Islande, du Groenland, avec les « vastes étendues de la zone arctique, ces régions désolées aux mornes espaces, ces réservoirs de gel et de neige où des champs de glace compacte amoncelée pendant des siècles d'hiver, véritables sommets alpestres vitrifiés, entassés les uns sur les autres, entourent le pôle et concentrent les rigueurs accumulées de l'extrême froid ».

- Christophe Lambert. Clone connexion. 2002 (Mango Jeunesse)
- J. K. Rowling. Harry Potter and the Half-Blood Prince. 2005 (Bloomsbury)
- Dan Brown. Anges et démons. 2000 (Lattès)
- Philippe Aigrain. Cause commune. 2005 (Fayard coll. Transversales)
- Martin Lunn. Da Vinci Code Decoded. 2004 (Disinformation)
- Dan Brown. The Da Vinci Code. 2003 (Corgi Books)
- Octave Uzanne et Albert Robida. “La Fin des Livres” in Contes pour les bibliophiles. 1895 (Projet Gutenberg external link)

Il faut que les livres disparaissent ou qu’ils nous engloutissent; j’ai calculé qu’il paraît dans le monde entier quatre-vingts à cent mille ouvrages par an, qui tirés à mille en moyenne font plus de cent millions d’exemplaires, dont la plupart ne contiennent que les plus grandes extravagances et les plus folles chimères et ne propagent que préjugés et erreurs.

- Neal Stephenson. Cryptonomicon (3 tomes). 1999 (Le Livre de Poche SF)
- Alberto Manguel. Journal d'un lecteur. 2004 (Actes Sud)
- Robert Louis Stevenson. Le maître de Ballantrae. (Gallimard 1000 soleils)
- Rafael Sabatini. Captain Blood. 1922 (Phébus libretto)
- Marcel Schwob. Vies imaginaires. 1896 (GF Flammarion)
- Robert Louis Stevenson. L'île au trésor. 1883 (Gallimard 1000 soleils)
- Patrick Süskind. Das Parfum. 1985 (Diogenes)
- Sophie Lepeau. Il faut désobéir à Bové. 2005 (Éditions de La Martinière coll. Doc en stock)
- Jane Austen. Orgueil et préjugés. 1813 (10/18)
- Herman Melville. Moby Dick. 1851 (Gallimard 1000 soleils)

Les Français sont des gars faits pour peindre l'action. Regardez toutes les peintures de l'Europe ; où trouvez-vous une telle suite d'actions vivantes et comme respirantes sur la toile ailleurs que dans cette triomphale galerie de Versailles, où le spectateur poursuit son chemin à travers les grandes batailles de la France ; chaque épée y semble être une lueur de l'aurore boréale et, successivement, les divers rois armés et empereurs s'élancent comme une charge de centaures couronnés.

Car les petites constructions peuvent être achevées par les architectes qui les ont conçues ; mais les grandes, les vraies, laissent toujours leur couronnement à la charge de la postérité. Dieu me garde de jamais compléter quelque chose à la mienne. Ce livre entier n'est qu'une esquisse. Même pas ! Rien que l'esquisse d'une esquisse. Oh Temps, Force, Argent et Patience !
There is no comment on this page. [Display comments/form]