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Notes sur les pirates

Pour le numéro 3 du e-zine "Utopies".

Les héritiers de L'Ile aux trésors

 Contents 


1. L'Ile aux trésors, œuvre précurseur

1. 1. Un livre établissant les règles du genre

Le XIXe siècle va voir nombre d’auteurs se consacrer à la littérature boucanière, et quels auteurs ! Walter Scott (Pirate), Eugène Sue (Kernock le pirate), Balzac (Argow le pirate), Victor Hugo (la Chanson du pirate, dans le recueil les Orientales) encore le Moonfleet de Faulkner, immortalisé au cinéma par Fritz Lang. En 1883, sort LE livre sur la piraterie, celui qui fit rêver et frémir des générations d’enfants, l’Île au trésor, de Robert Louis Stevenson. (A l'encre noire des frères de la côte external link L'Humanité)

1. 2. Des illustrations qui marqueront des générations d'artistes


2. Influences indirectes

2. 1. Michel Le Bris

Spécialiste reconnu de Stevenson

2. 2. Arturo Perez-Reverte

2. 3. Tous les récits de pirates

En roman comme en BD ou au cinéma, consciemment ou non !! (notamment Peter Pan, Isaac le pirate, Petrus Barbygère et même, transposition du roman dans l'espace par Walt Disney, Treasure planet)

Petrus Barbygère, scénarisé par l'elficologue Pierre Dubois et dessiné par Joann Sfar (2 tomes réunis en un, chez Delcourt), mêle mousquetaires, pirates, fééries et gastronomie !! Les pirates y sont très inspirés par Stevenson et convoitent des trésors... Les auteurs font même dire à un de leur personnage :
Voyez-vous, cette histoire de flibustiers et de galions m'a nostalgiquement remis en mémoire une lecture de quand j'étais petit : un livre emprunté à la bibliothèque de l'école des Acacias qui racontait les passionnantes aventures d'un garconnet à la recherche d'un coffre d'or enterré dans une île. Un affreux pirate "à la jambe unique" le convoitait aussi. Comme il me terrorisait, ce Long John Silver, avec son perroquet sur l'épaule. Un piaf exotique, tout vert, plutôt crétin, un peu comme le vôtre. Et qui répétait sans arrêt : "Pièce de huit ! Pièce de huit, capitaine Flint". Aah, quel flamboyant récit.

3. Influences directes : hommages et adaptations

3. 1. Björn Larsson

3. 2. Hayao Miyazaki

3. 3. Hugo Pratt


4. Plus qu'on modèle, un maître

Pour Pratt et Schwob, un modèle d'écriture mais aussi un maître à qui on se doit de rendre hommage en faisant un pélerinage à Samoa.

Hugo Pratt :
Quand je vais sur une tombe, c'est pour rendre hommage à quelqu'un qui a été important pour moi, c'est une sorte de pélerinage, un pélerinage laïc. J'ai une grande dette vis-à-vis de certaines personnes qui, par leur vie, par leur œuvre, m'ont fait tel que je suis aujourd'hui. Beaucoup d'autres que moi sont en moi, et aller sur leur tombe est un acte symbolique par lequel je veux témoigner de ma gratitude pour ce qu'ils m'ont apporté.
[…] J'aimerais aller à Upolu, sur les îles Samoa, là où est mort Robert Louis Setevenson, au milieu des Polynésiens, qui l'avaient surnommé "tusitula", c'est-à-dire "conteur". Il me semble qu'il y a entre lui et moi un rendez-vous que je dois honorer. Avant même ce jour où mon père m'a donné en cadeau d'adieu le livre Treasure Island dans une édition anglaise de chez Heinemann, en me disant "Toi aussi, un jour, tu trouveras ton île au trésor", Stevenson était un de mes maîtres. Un recueil de poèmes comme A Child's Garden of Verses - Le Jardin poétique des enfants - est certainement un des livres que j'ai le plus aimés. Dans le camp d'internement de Dirédaoua, sous une chaleur torride, j'ai beaucoup lu Stevenson. Certains de ces ouvrages étaient illustrés de gravures, de dessins faits à la plume par des Anglais, et cette technique m'a inspiré quand en 1965, en hommage à Stevenson et à mon père, j'ai adapté L'Ile au trésor en bandes dessinées.
Grâce aux livres de Stevenson et à des illustrateurs comme Rowlandson, mes mains se sont mises à dessiner d'une autre façon, j'avais l'impression qu'elles étaient détachées de mon cerveau […]. Pour définir plus précisément ce que m'a apporté Stevenson, je dirai qu'il m'a montré que l'on peut donner à un récit d'aventures une dimension poétique. Il a influencé ma technique narrative comme Milton Caniff, à travers sa bande dessinées Terry and the Pirates, a influencé mon graphisme. Stevenson a été un de mes grands modèles - il l'a d'ailleurs été pour de nombreux écrivains - et pour lui témoigner ma reconnaissance, et que sa tombe ne reste pas pour moi un endroit purement mythique, je voudrais faire ce pélerinage des îles Samoa. (Hugo Pratt. Le Désir d'être inutile. Souvenirs et réflexions. Robert Laffont (1991))
Hugo Pratt fit effectivement le pélerinage des îles Samoa en 1992, lors d'un périple dans le Pacifique. Il survola la tombe de Stevenson en hélicoptère, la route y menant ayant été rendue impraticable par un ouragan. Il mourra trois ans après, en 1995.

Marcel Schwob :
Mais le plus symptomatique avec Schwob, c'est que le jour où il a cherché à vivre son rêve en partant aux îles Samoa sur les traces de Stevenson, ça l'a complètement usé, et il en meurt peu de temps après son retour en France. (David B. in La Nouvelle bande dessinée. Entretiens avec Hugues Dayez. Niffle. 2002)
Marcel Schwob est né le 23 aout 1867. Il descend d'une famille de rabbins et de médecins. A onze ans, il écrit, dans le journal de son père, une critique du Capitaine de quinze ans de Jules Verne. Il savait tout, avait tout lu, et, comme le précise Edmond de Goncourt, était également curieux des coins d'humanité excentriques, mystérieux, et criminels. En 1889, il publia une Etude sur l'argot français. Il aimait Villon, Poe, Shakespeare, et Stevenson; d'ou la tonalité fantastique de ses contes. Continuellement malade, neurasthénique et morphinomane, il partit en 1901 aux iles Samoa à la recherche de la tombe de Stevenson, qu'il ne verra jamais. De fait, il ne vécu que par les livres et pour les livres. Selon Jules Renard, il avait l'air de sortir de l'un de ses contes.
Notons que Marcel Schwob est réputé être à l'origine de l'adoption de Stevenson en France, dès les années 1890, marquée notamment par une correspondance entre les deux auteurs...


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