Why blog?
Quelques réponses de chercheurs blogueurs... (voir aussi
ces économistes qui répondent à la question 
sans avoir vu passer le mème)
Le Doc'
Source :
http://www.le-doc.info/2008/09/04/547-why-blog
- Partager est le premier point qui est important à mes yeux. Parce que la science, c’est avant tout le kiff ultime, et que j’aime ce que je fais. J’essaie avant tout de transmettre les questions qui m’angoissent, et de faire partager mon envie de trouver une réponse. Edgar Allan Poe écrivait que ce n’est pas dans la science qu’est le bonheur, mais dans l’acquisition de la science. C’est ce qu’on ressent pendant qu’on acquiert la science, pendant qu’on trouve le moyen de répondre en partie, même infime, à une question, que j’essaie de faire partager.
- Au delà de cette plongée dans les sentiments du scientifiques plongé dans ses réflexions, j’essaie d’informer. La science a de plus en plus de place dans les débats de société, et elle est souvent malmenée — par des politiciens qui l’utilisent pour soutenir leur point de vue, par des journalistes qui ne voient pas les nuances, et par tous ceux qui manquent de formation en épistémologie, et oublient souvent de se poser les bonnes questions. Ainsi pouvait-on lire dans le 20 minutes d’il y a quelques jours, que les hommes diplômés avaient moins de cancers que les autres. Mais est-ce parce que les diplômes protègent contre le cancer, ou parce que les hommes diplômés sont dans un environnement moins hostile?
- Ensuite, il y a les à côtés de la science, parce que la science est produite par des humains. Qui passent du temps à la paillasse, qui rament pour parfaire leur protocole, qui se demandent si ça vaut le coup de continuer. Et tout ça, on ne le voit pas dans les publications. Le blog scientifique doit aussi être le blog du scientifique, ou il partage sa vie de tous les jours au labo.
- Enfin, ce blog n’est pas uniquement destiné à ceux qui le lisent. Il me sert aussi à prendre des notes, en écrivant des billets “de synthèse” sur un sujet, qui me forcent à aller faire un peu de biblio. Pour mettre à plat une hypothèse et ses implications, le blog est aussi un bon moyen de travailler. Si un sujet éveille mon intérêt, faire une note est un bon moyen d’en faire le tour rapidement, quitte à y revenir plus sérieusement plus tard.
Tom Roud
Source :
http://tomroud.com/2008/09/06/why-blog/
- Tenir un blog m’amuse d’abord. J’aime bien parler de sciences, j’aime bien faire joujou avec le HTML, les plug-in wordpress (oh regarde la jolie sphere de tags), j’aime bien discuter avec les gens sur le web; bref, tenir un blog satisfait à la fois mes tendances nerdy et procrastinatrices. Le côté scientifique (me) permet d’avoir le sentiment de perdre mon temps utilement.
- Le blog peut servir de bloc-notes, d’aide mémoire. Par exemple, il m’est arrivé de relire un billet parlant d’un papier plutôt que le papier lui-même pour me rafraîchir la mémoire (exemple 1, exemple 2; je m’aperçois d’ailleurs que certaines pages wikipedia mériteraient d’être améliorées …).
- Tenir un blog incite à faire de la bibliographie. On cherche toujours de nouveaux sujets de billets originaux, dans tous les domaines. C’est vraiment très utile, surtout quand on fait de l’interdisciplinaire…
- J’apprécie beaucoup le blog en tant qu’ expérience sociologique. Des clans se forment et se déchirent, des polémiques naissent et meurent, des stars montent et disparaissent … La blogosphère, c’est un peu un jeu de rôle grandeur nature, mais un jeu de rôle qui finit par interagir avec le réel : il suffit de voir comment les analyses d’Eolas par exemple se retrouvent de plus en plus dans les médias traditionnels. J’aime bien cette espèce de méritocratie blogosphérique aussi, qui fait que des gens émergent de l’internet; j’aime bien voir que le monde hors blogosphère est obligé de suivre le mouvement, j’aime bien voir les tentatives des uns et des autres pour se faire entendre, pour essayer de faire porter sa voix dans le bruit de fond. J’aime bien tout ça, et j’aime avoir le sentiment d’y participer, notamment par l’intermédiaire du collectif du c@fé des sciences.
- Tenir un blog permet de briller en société (si, si). Par exemple, imaginons qu’au détour d’une conversation mondaine, on se mette à parler des sondages, et bien, vous pouvez ramener votre science et raconter que vous avez lu une publi très intéressante sur les magouillages de sondages en 2007, et que vous avez mis le lien en résumé sur votre blog ! On parle du chat de mémé ? Racontez la généalogie des chats ! Des problèmes de raccourcis claviers ? Des débats sur le réchauffement climatique ? L’avantage du blog, c’est qu’on a toujours réponse à tout, car on a souvent écrit un billet relié dans le passé. Bon l’inconvénient c’est que les autres risquent de vous trouver un peu lourd avec votre blog.
- Tenir un blog permet, aussi, de faire de la science. Je profite de ce mème pour tenter de lancer vraiment une étude plus scientifique de propagation des mèmes blogosphériques, un peu plus motivée et construite que ce que j’avais fait prédédemment.
OldCola
Source :
http://coffeeandsci.wordpress.com/2008/09/06/why-blog/
Essayer de communiquer :
- D’abord avec soi même; c’est le genre de bénéfices qu’on a quand on note ses idées et réflexions dans un carnet papier, on est obligé de les exprimer sous une forme figée. Que ce soit en mots, schémas, dessins, l’essentiel est de formuler les idées, sous une forme claire, pour consultation immédiate ou postérieure.
- Puis viennent les copains, ceux qui savent qui est le blogger, non pas à travers son blog mais in-RL, avant qu’ils ne le découvrent autrement. Important de causer avec les copains pour garder le contact, surtout quand ils sont dispersés sur quatre continents.
- Puis avec des gens qui ont les mêmes intérêts et que l’on découvre à travers le blog, par les commentaires ou les e-mails.
- Surtout avec ceux qui n’ont pas le même point de vue sur un sujet et avec qui on pourrait quand même finir par s’entendre un jour, trouvant terrain commun.
Ferdinand Marlétaz
Source :
http://missingcluster.wordpress.com/2008/09/09/pourquoi-continuer-ce-blog/
Pourquoi continuer ce blog: sans doute parce qu’il me permet surtout d’évoquer des sujets que je n’ai pas forcément l’occasion de discuter dans ma vie scientifique, de faire des parallèles un peu plus osés, de retrouver un type d’écriture beaucoup plus spontané que celui auquel les publications scientifiques nous astreignent. Mais la raison majeure et l’engagement initial que je souhaitais était de faire connaître l’évolution comme une science vivante et non comme une sorte de pendant biologique à la gravitation universelle de Newton, un beau paragraphe de l’histoire des sciences qui n’a plus grand chose à voir avec la recherche d’aujourd’hui.
Je profite donc de cet interlude pour réaffirmer mon credo, discuter des trouvailles bibliographiques, tenter d’aller sur le terrain de l’essai, objectif plus ambitieux pour faire le lien entre évolution, société et faire des liens et préjugés et enfin, proposer quelques coups de projecteurs sur des choses qui me tiennent à coeur dans le domaine d’internet et de la recherche en général et de son contexte français qui s’annonce de plus en plus confus !
Denis Colombi
...qui n'est pas chercheur mais
qui écrit 
:
- Le fait d’être scientifique ou de travailler sur la science (comme le modeste enseignant que je suis) suppose une adhésion aux valeurs qui sous-tendent l’activité scientifique : recherche de la vérité, désintéressement, indépendance, utilité de la recherche, etc. – adhésion qui peut être plus ou moins fortes en fonction des personnes. Le bloging est parfaitement adapté à ces différentes valeurs : acte gratuit, indépendant car décentralisé, « public » dans le sens où il est tourné vers l’intérêt général… Bloguer, c’est respecter plusieurs des valeurs propres à l’activité scientifique. Faut-il s’étonner dès lors que les scientifiques bloguent ? Si les économistes sont nombreux à se plier aux exigences de l’exercice, c’est qu’ils ont une longue tradition d’intervention dans la sphère publique, d’expertise et de commentaires au nom de la science et de leurs compétences. La question, dans certains cas, dont celui des sociologues, est plutôt : why not blog ?
- Décidément, je ne sais pas faire court. Mais c’est là une autre raison pour laquelle je blogue : celui me donne toute latitude et toute liberté pour écrire comme je le veux, quand je le veux et ce que je veux. Il ne faut donc pas négliger les capacités d’invention des blogs, en termes de formes et de dialogues entre scientifiques.
André Gunthert
Source :
http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2008/09/15/807-why-blog
- Du "nous" au "je". J'ai créé ARHV en 2005, dans la foulée de la fondation du Lhivic, comme un support des activités du laboratoire. Appuyé sur mon expérience d'éditeur de revues, mon premier réflexe a été de le concevoir comme un organe collectif. A cette époque, ouvrir un blog sous mon propre nom m'aurait paru bien trop prétentieux et narcissique. C'est l'usage de l'outil – et l'enthousiasme très relatif de mes camarades – qui m'a progressivement appris à me réapproprier cet espace, et à accepter de parler à la première personne. Pur produit des humanités hexagonales, j'avais parfaitement intériorisé la vieille culture de la discrétion et de l'objectivité savante, qui protègent l'individu d'une mise en avant trop manifeste.
Admettre cette exposition en solo m'a demandé un effort qui témoigne à lui seul du poids de cette culture. Outil auto-suffisant grâce auquel le chercheur peut s'adresser par ses propres moyens au monde extérieur, le blog court-circuite l'économie qui fait de l'institution le garant primordial de la légitimité d'une expression (pas complètement, car ARHV garde une trace de ce système: le logo de l'EHESS, qui m'a déjà valu bien des commentaires, et que je conserve désormais avec l'affection d'une relique).
Ce passage du "nous" au "je" – de la protection de l'institution à l'exposition solitaire du chercheur – est aussi un bouleversement de la relation éditoriale. Le blog fait voler en éclat l'ancienne contrainte de l'exclusivité, condition de l'économie des revues. L'acceptation désormais usuelle de la reproduction d'un article sur un blog sous la forme de "préprint" est une évolution radicale de la relation de l'auteur à ses lecteurs, qui peut pour la première fois leur proposer une véritable bibliothèque en accès libre de ses recherches.
Appliqué au monde académique, le "devenir-média" décrit par Olivier Blondeau permet de revenir à l'unité fondamentale de la recherche: le chercheur. S'il n'est pas question de remettre en cause le bien-fondé des pratiques collectives d'évaluation par les pairs ("peer-reviewed"), cette voie parallèle offre un rééquilibrage bienvenu, à un moment où le monde savant entame une course à la rationalisation inspirée par les regroupements industriels.
- Deadline is dead. Le chercheur doit publier (publish or perish). Or, jusqu'à l'arrivée des outils en ligne, sa maîtrise de l'espace de publication était proche de zéro. Dans les domaines dans lesquels j'évolue, publier suppose de savoir se plier aux choix thématiques ou disciplinaires d'une revue ou à l'agenda d'un éditeur. Dans tous les cas, la publication organisée impose un format prédéfini ainsi que l'impitoyable servitude du deadline – qui m'a coûté bien des nuits et des cheveux blancs. Dans cet univers d'autant plus contraint qu'on est prolifique, la liberté du blog apparaît comme une oasis. Elle est bien plus que cela. Dans son usage le plus répandu, le blog est une activité supplémentaire greffée sur l'existant. La condition de possibilité de l'exercice est donc qu'il ne soit contraint par aucune détermination externe. C'est parce que le blogging vient toujours en plus du reste, en toute gratuité, qu'il a tous les droits à l'inachèvement, à l'essai ou à l'erreur. Rédigé parce qu'on a une ou deux heures devant soi, un billet est toujours quelque chose plutôt que rien, une forme sauvée du néant.
L'aspect fondamentalement non contraint du blog en fait un formidable conservatoire et un accélérateur de la curiosité. C'est la modestie même de l'outil qui autorise qu'on lui confie la plus modeste note, l'hypothèse la plus hasardeuse, l'idée la plus farfelue. Il permet de la matérialiser en trois lignes, ou en quinze, ou en quatre feuillets si on le juge bon – et on est seul juge. On dira qu'on peut tout aussi bien noter ses idées sur un carnet spirale ou dans Word. Mais le blog n'est pas un carnet : c'est une base de données puissante qui organise son contenu dans le temps et dans l'espace avec une efficacité très supérieure à un traitement de texte. Les possibilités d'archiver, de retrouver ou de reclasser une information sont sans commune mesure avec les pauvres moyens des instruments bureautiques, tout en étant d'un usage infiniment simple, puisque structuré une fois pour toute sous la forme de la pile rétro-chronologique (dans ARHV, les billets sont empilés successivement, le dernier étant toujours le plus récent).
L'autre caractéristique qui différencie le blog du carnet est d'être un objet public. Plutôt qu'un griffonnage sur un coin de table, qui devient rapidement ininterprétable pour son auteur lui-même, le fait de savoir que des étudiants vont lire et utiliser mon billet m'encourage à le rédiger correctement et à soigner son appareil de références : les indispensables liens cliquables. Grâce à cet effort de formalisation minimale, la prise de note est d'une grande efficacité, et l'on peut souvent réutiliser le contenu d'un billet dans un article quelques mois plus tard, sans y toucher ou à peine.
- Le séminaire permanent. La grande liberté du blog peut effrayer. Si l'on cherche un modèle susceptible de guider son usage dans le cadre académique, je pense que le meilleur est celui du séminaire de recherche. Très vite, je me suis rendu compte que je pouvais transposer à l'espace du blog nombre des caractères de cet espace privilégié de l'expérimentation et de la discussion, avec ses à-côtés, ses digressions, ses clins d'oeil, son rapport à l'actualité, ses auditeurs libres et jusqu'à ses contributeurs invités.
Il y a une différence, qui à l'usage n'est pas mince: si le séminaire est un rendez-vous régulier, le blog est ouvert jour et nuit, et accessible même le dimanche. Cette présence modifie le rapport avec mon public principal, qui sont mes étudiants. Il permet notamment d'approfondir, de préciser ou de rebondir sur des sujets abordés en séminaire, ou bien de préparer de nouvelles questions qui en deviendront la matière. Grâce à l'aspect non contraignant de l'outil, auquel le lecteur peut recourir quand il le souhaite, cette poursuite du travail collectif s'effectue de manière plaisante et sereine. Je pense que je fais aujourd'hui travailler mes étudiants deux fois plus qu'autrefois sans qu'ils s'en aperçoivent.
Le séminaire permanent a d'autres vertus. Au lieu que la science n'ait lieu qu'à heures fixes, il montre à ses lecteurs le travail en train de se faire et témoigne concrètement de la disponibilité et du zèle du chercheur. Se lever la nuit pour noter une idée laisse une trace sur le billet impitoyablement daté. On aurait tort de croire que les étudiants ne remarquent pas ce détail. Traduction de la disponibilité du chercheur, cette empreinte élargie a également le bénéfice de rendre son activité apparente: on voit littéralement le travail en train de se faire – ce qui n'est pas une mince façon d'en attester, à un moment où la société nous demande des comptes.
Le blog apporte évidemment un élargissement public du séminaire. Attaché à la tradition de l'EHESS d'accueil des auditeurs libres, je suis ravi de voir cet instrument créer un deuxième cercle plus étendu, qui me permet soit de dialoguer avec d'autres chercheurs de disciplines et d'univers plus éloignés, soit d'accueillir des curieux, lecteurs de passage ou habitués du zinc, qui m'apprennent beaucoup sans le savoir.
- Culture de l'expérience. Là où la pratique du blog est la plus proche de l'activité savante, c'est probablement dans la promotion d'une culture de l'expérience. Contrairement à toutes les formes de publication scientifique classiques, qui visent l'achèvement et l'excellence, le blog offre cette capacité rare: le droit à l'essai, à l'erreur et au remords. Cette caractéristique est un dopant pour l'imagination. Elle crée les conditions d'une expérimentation permanente, que ce soit du point de vue des objets abordés, de la façon de les aborder ou de celle d'en débattre.
La forme "peer-reviewed" s'applique à la perfection au registre de l'excellence. Rien n'empêche de s'adonner une fois ou l'autre à cet exercice haut de gamme sur un blog. Mais ce qu'il permet est autrement précieux: la simple prise de note, la publication d'un article moyen, le régime de l'interrogation et du test – parfaitement adaptés pour accompagner les premiers pas d'un étudiant, auquel l'exercice apprendra beaucoup.
Le blog m'a donné l'occasion de mille expériences. Déplacements thématiques, dérapages stylistiques, débordements politiques: à chaque fois, c'est sous la forme d'un pas de côté, d'un petit coup de canif dans le contrat. Si l'essai est concluant, on s'enhardit, on pousse l'avantage. S'il déçoit, on efface, on abandonne ou on tente de comprendre ce qui n'a pas marché. La bienveillance du blog est immense et la souplesse des formats n'a de limites que celles de notre imagination.
- Qui lit les Annales ? Pas mes étudiants. Mais ils lisent mon blog. Trouvera-t-on cette formule provocatrice? Editeur d'une revue peer-reviewed depuis douze ans, je ne suis pas suspect de vouloir la mort des revues. Mais je suis bien placé pour me rendre compte que le type d'essai que je suis en train de mener avec ARHV est une vraie expérience éditoriale. Qu'avec d'autres, nous sommes en train de créer non seulement un nouveau type d'organe, particulièrement bien adapté au travail savant, mais une nouvelle énonciation scientifique, à la croisée de la vulgarisation, de l'enseignement et de la recherche.
Car en plus de ses autres qualités, le blog est viral: il engage à reproduire et à disperser son modèle. J'ai encouragé la création ou l'alimentation d'autres sites par des collègues, comme ViteVu ou le Bhicc. Plusieurs blogs ont déjà été ouverts par mes étudiants, notamment Afrique in Visu ou l'Atelier du Lhivic. Des outils d'agrégation comme le Planet histoire visuelle ou le groupe Flickr du Lhivic viennent encore élargir ces possibilités. Petit à petit, un réseau se tisse, qui est un laboratoire de la revue de demain: un organe souple et liquide, toujours en évolution, ouvert à tous.
Avec trois ans de recul, cette expérience n'a jamais déçu mes attentes. Elle m'a au contraire porté bien au-delà de ce que j'espérais. Ses conséquences pour moi sont d'ores et déjà considérables. Elle m'a permis d'optimiser mon travail d'enseignant et de chercheur. Elle m'a montré les coulisses du web 2.0 et fait pénétrer dans les arcanes de la participation et de la viralité. Elle a fait évoluer mes méthodes, mes approches, mon énonciation, mon style et jusqu'à ma vision de la science. Elle a accompagné le déplacement de mon domaine de recherche. Elle a favorisé des dizaines de rencontres et d'échanges de haut niveau. Elle m'a ouvert la porte à des colloques ou à des participations à des projets éloignés de ma discipline. Elle m'a permis de participer au débat public et m'a offert une notoriété que je ne cherchais pas. Elle m'a appris à mieux appréhender l'art difficile du dialogue et m'a rendu plus tolérant. Elle ne m'a rien coûté, qu'un peu de temps, qui est du temps sauvé de l'oubli.
- Une science aimable. Pour toutes les raisons décrites ci-dessus, on comprend que la pratique du blog contribue à modifier la sociologie des sciences, les équilibres établis et les hiérarchies patinées par les ans. L'avenir nous dira si c'est en profondeur. A titre personnel, je sais ce que cet outil m'a apporté de féconde liberté.
La science qu'on m'a donné à connaître lorsque je faisais mes humanités était arrogante, dominatrice et sûre d'elle. Celle que j'ai aimé plus tard, aux côtés de mon maître Louis Marin, n'avait rien à voir avec cette morgue d'un autre âge. C'est celle-là que donne à voir le blog, plus proche de la réalité de mon travail, de mes doutes, de mes erreurs et de mes hésitations, de mes bonheurs de chercheur devant la trouvaille ou le plaisir de comprendre. A ceux-là, le blog a ajouté la joie du partage, qui comble mon appétit de pédagogue. Pas de regrets? Oh si! Un seul: celui de ne pas avoir disposé de cet outil depuis vingt ans.
Fabrice Gabarrot
Source :
http://gabarrot.free.fr/?p=178
Parcourant le web dans le but de voir ce qui pouvait se faire en termes de vulgarisation, j’ai aussi pu constater que, à la différence de certaines Universités américaines, anglaises, ou canadiennes, les Universités françaises ne disposent pas réellement de “service presse” leur permettant notamment de mettre en avant les recherches menées en leur sein. J’ai alors décidé d’utiliser ce blog, d’une part, pour mettre en avant mes propres recherches, et d’autre part, sur le modèle de
Coffee and Science, pour discuter de recherche en psychologie sociale en général. C’est à ce moment que le blog est devenu Panopticon. Le blog n’est plus, à ce moment, une interface avec mes étudiants, mais une interface avec le monde (francophone). Sa fonction n’est plus uniquement éducative, mais également une fonction de "surveillance" de la recherche psycho-sociale.
C. H.
Source :
http://rationalitelimitee.wordpress.com/2008/09/14/why-blog/
- En fait, l’essentiel des raisons relève du personnel et de l’égocentrique. Premier motif, j’aime bien écrire. Le blog permet d’assouvir ce besoin dans un registre bien plus libre que la publication scientifique, très exigeante tant sur la forme que sur le fond. Deuxième raison, ce blog est l’occasion pour moi de tester mes idées, qui sont parfois très floues au moment d’entamer la rédaction d’un billet (peut-être cela se voit-il d’ailleurs !). Le fait de se savoir être lu confère une incitation à essayer de ne pas raconter n’importe quoi et surtout à structurer clairement le raisonnement. En fait, rédiger des billets m’aide à construire mes raisonnements et ma pensée sur nombre de points qui autrement resteraient vagues. Même si ils ne concernent pas forcément directement mon travail de recherche, c’est toujours utile. Troisième motif : le blog comble en fait un vide dans mon activité intellectuelle. Pendant 2 ans (de 2005 à 2007 - eh oui, je n’ai pas eu le concours du premier coup, même si c’est pas passé loin la première fois), j’ai à la fois préparé une thèse et un concours de l’enseignement. J’ai donc jonglé entre la spécialisation dans un domaine précis et la polyvalence requise par un concours. Ce blog me permet de continuer à sortir la tête de la thèse et à voir un peu autre chose.
- Sur un plan plus “altruiste”, j’ai également ouvert ce blog dans l’optique de contribuer modestement à la vulgarisation du savoir économique académique. Mais, en fait, mon objectif en la matière était très peu ambitieux.
Baptiste Coulmont
Source :
http://coulmont.com/blog/2008/09/23/why-blog/
Ce qui me pousse à écrire aujourd’hui sous le mode du “blog” ? C’est principalement pour stabiliser des morceaux de pensée, que de toute manière je doit stabiliser par écrit avant toute rédaction finale. Accessoirement, c’est pour diffuser certaines informations (comme l’immonde saleté des toilettes du bâtiment B de Paris 8).