Enroweb :: Humeur du moment

A la recherche de 1000 soleils

Je fais la collection des livres de la défunte collection "1000 soleils" de Gallimard, peuplée de classiques qui ont l'allure ci-dessous (ceux avec la jaquette — vous en avez forcément déjàvus !).

À ce jour, je possède 145 titres (en comptant chacun des tomes pour certaines œuvres volumineuses comme Le Seigneur des anneaux). La liste la plus complète que l'on ait pu trouver, établie en 1989, fait état de 151 titres. C'est àdire qu'il m'en manque six, savoir :

  • Sacrées sorcières de Roald Dahl ;
  • Oliver Twist de Charles Dickens ;
  • Trois hommes dans un bateau de Jerome K. Jerome ;
  • Croc-blanc de Jack London ;
  • 1984 de George Orwell ;
  • Les Raisins de la colère de John Steinbeck.

De fait, je sollicite mes chers lecteurs bibliophiles pour : 1) m'aider àtrouver ces tomes manquants et 2) me fournir une liste plus complète, voire exhaustive (que même Gallimard a été incapable/réticent àme communiquer !).

Merci d'avance pour toutes vos bonnes volontés ;-)

Collectionneur de collections

Le Collectionneur de collections est un excellent (petit) livre d'Henri Cueco, peintre et participant de l'émission "Des papous dans la tête". Il y décrit ses différentes collections, qui ont évolué avec le temps, dans une langue malicieuse. Voilàqui dit beaucoup àun collectionneur-né (et maniaque) comme moi.

Dans l'histoire de mes collections et de celles de mes parents, comme dans toutes les collections, il y a celles que l'on fait en dilettante (le sable de ma mère, ses ours ou ses boules àneige), celles qui nous passionnent (ma collection Boris Vian), celles qui nous suivent depuis longtemps (les toupies de mon père, mes livres Gallimard 1000 soleils), celles qui sont venues soudainement (la vaisselle Villeroy & Boch àmotifs Acapulco de ma mère, mes bandes-dessinées de Francis Masse) ou celles qui ont cessé tout aussi soudainement (les timbres et cartes téléphoniques de ma mère). Il y a les collections que l'on sait forcément inachevées et celles que l'on compte mener àleur terme si le nombre d'éléments àcollectionner est connu et fini (cas de mes livres 1000 soleils).

Alors oui, c'est beaucoup de temps passés àflâner chez les bouquinistes ou aux puces, mais aussi des joies renouvelées et la satisfaction d'avoir une étagère/placard qui se remplit... L'obsession du collectionneur s'apparente àl'exhaustivité du passionné, avec en plus la volonté de posséder pour s'en emplir le regard chaque jour...

Le choc des lectures

J'aime quand mes lectures s'entrechoquent, se percutent. Ainsi, après avoir fini La Part de l'autre, biographie uchronique très documentée d'Adolf Hitler, j'ai lu la première partie de la biographie de Fritz Haber, chimiste nobélisé, Juif allemand nationaliste, qui développa les gaz de combat de la première Guerre mondiale — ceux-làmême qui touchèrent Hitler et l'envoyèrent àl'hôpital où sa vie prit le tournant que l'on sait — et le zyklon B de funeste mémoire... En même temps, je regardais en DVD Lifeboat d'Alfred Hitchcock, film de 1944 qui se passe entièrement sur un bateau de sauvetage après le naufrage d'un navire américain, alors que des membres de l'équipage ont recueilli le capitaine du sous-marin allemand qui les a coulé. Ou : qu'est-ce que le mal et d'où vient-il ? Même problématique que dans La Part de l'autre, donc...

Dans quelques jours, en cette période de grippe aviaire, j'attaque un "cycle" sur la peste avec Journal de l'année de la peste de Daniel Defoe, La Peste d'Albert Camus, Le Grand livre de Connie Willis et Les animaux malades de la peste de Jean de la Fontaine !! Petit compte-rendu ici quand j'aurai fini...

Barrie, intertextualité

Spécialement pour Holly G., un florilège des derniers fragments d'intertextualité qui sont venus àmoi ces derniers temps. A servir éventuellement pour ton futur site web sur James Barrie, l'auteur de Peter Pan...

Dans le film Funny Face, Fred Astaire chante la chanson du même nom àAudrey Hepburn ; en voici le premier couplet :

Frankly, dear, your modesty reveals to me
Self-appraisal often makes us sad
And if I add your funny face appeals to me
Please don't think I've suddenly gone mad.
You have all the qualities of Peter Pan
I'd go far before I'd find a sweeter Pan.

Dans la nouvelle Alice et ses reflets de René Reouven (in Bifrost 40, novembre 2005), James Barrie fait une apparition sous le pseudonyme de Gavin Ogilvy, aux côtés de Lewis Carroll, bien que la nouvelle soit tournée autour des personnages de Lewis Carroll et d'Alice Liddell ; en effet,

[Ogilvy] aussi rêve d'un monde différent qui serait situé de l'autre côté de sa propre réalité. Lui aussi imagine des personnages qui n'auraient pas leur place dans son terne quotidien.

Et Ogilvy de déclarer àLewis Carroll lorsqu'il le rencontre àune représentation d'Alice au Pays des merveilles au Globe Theater de Londres :

J'ai moi-même envisagé d'écrire l'histoire d'un petit garçon qui ne voulait pas grandir. Je le ferai sans doute un jour. Vous voyez comme nos thèmes sont voisins !

Enfin, toujours en lien avec Peter Pan, je conseille la lecture de la nouvelle In memoriam : Discoveryland de Sylvie Denis in Jardins virtuels...

Nouvelles de science-fiction préférées

Je signale un fil intéressant sur fr.rec.arts.sf : Quels sont vos 5 nouvelles préférées ? Cela rejoint un peu mon humeur du moment avec ma relecture du recueil L'Homme illustré...

Voici donc ma sélection personnelle :

  • "Tous smouales étaient les borogoves" de Lewis Padgett (traduit par Boris Vian)
  • "Nirvana, mode d'emploi" de Sylvie Denis (j'ai d'ailleurs eu l'occasion de le lui dire en personne dimanche dernier au Festival de l'imaginaire de Sèvres !)
  • "La pluie" de Ray Bradbury
  • "Une nuit interminable" de Pierre Boulle
  • "Escamotage" de Richard Matheson

Après coup, il s'agit plutôt de science-fiction soft ou poétique... J'avoue que je ne m'y attendais pas particulièrement... Bref, vous pouvez lire ces nouvelles les yeux fermés, c'est que du bon !! ;-)

Le Monde, irrégulomadaire (2)

Aujourd'hui, Philippe Didion explique :

Je ne suis pas un acharné de l'actualité […] : le mardi, je lis Le Monde du dimanche reçu le lundi, sorti le samedi àParis et contenant toutes les nouvelles du vendredi.

Une résonance de mes commentaires sur le rythme de parution du Monde...

Listes, inventaires, catalogues, énumérations

La manie des listes et inventaires se retrouve, quelque soit les époques, quelque soit les motivations. Rabelais pouvait y déverser son érudition et son riche vocabulaire. Georges Perec et les oulipiens y étaient passé maître, en entrouvrant notamment la dimension mathématique. Philippe Didion leur succède, nous offrant son Inventaire des aliments solides et liquides que j'ai avalés au cours de l'année 1997 et son Inventaire des lieux, faits, objets et personnes ayant occupé mon année 1996. Un de mes anciens professeurs d'Allemand, je viens de l'apprendre fortuitement, tient une liste de tous les films qu'il a vus depuis plus de 50 ans. Moi-même, modestement, je tiens ma liste des films vus au cinéma depuis 1997 et une liste de livres lus depuis le début de 2005.

Or, de ce point de vue, Wikipédia est un réel bonheur. On y trouve une liste des listes àfaire pâlir de jalousie l'inventaire de la Bibliothèque d'Alexandrie. Evidemment, réflexivité et méta-listes y sont àl'honneur. Plus anecdotique, on trouve une liste des listes d'animaux de fiction qui contient une liste des animaux de fiction n'ayant pas de liste. On sent la patte des bibliothécaires et autres maniaques de la catégorisation, très actifs au sein de Wikipédia. Et tant mieux !!

MàJ 25/07/05 : Délice et bonheur, je viens de découvrir Echolalie, le site de toutes les listes !! Lecture incontournable, ce site possède notamment un wiki qui permet àchacun d'ajouter ses propres listes ou ses propres éléments àdes listes existantes... Il ne faut pas s'en priver ! Sur le site lui-même, on retiendra la Liste de quelques maladresses commises lors de la Guerre de Troie, la Liste d'élements d'une table générale et universelle de conversion des monnaies, valable uniquement pour le 22 janvier 1998 ou encore la Liste des dix stations de métro de la ligne 13 dont le nom comporte un tiret !!

Le Monde, irrégulomadaire

Je sais pas vous, mais moi j'ai mis du temps àcomprendre comment les parutions du Monde fonctionnent, surtout que c'est différent entre Paris et la province. Mais là, ça y est, j'ai pigé. Sauf que hier les choses se corsaient :

En raison du caractère férié du jeudi 5 mai (jeudi de l'Ascension), nos abonnés recevront Le Monde 2 le samedi 7 mai (avec Le Monde daté dimanche 8 - lundi 9 mai) et non le vendredi (avec Le Monde du samedi) comme d'ordinaire.

Heureusement qu'ils préviennent !! ;-)

Pensée pré-week-end

Nous aimons, nous buvons sec, nous courons de par le monde comme des moutons affolés. Et vient le moment où l'on se demande, quand tout est accompli, si l'on n'aurait pas mieux fait de rester àla maison, devant la cheminée, et d'être heureux àse contenter de réfléchir.

Robert Louis Stevenson, "Walking Tour" in Virginibus Puersique (1881)

Jean-Henri Fabre et la phyllotaxie

On pouvait lire dans le numéro de Mars 2005 du magazine Cosinus un excellent article de la plume de Pascal Boisson sur la phyllotaxie et l'architecture des plantes. Cela m'a remis en tête un passage des Souvenirs entomologiques de Jean-Henri Fabre (connu sous le surnom de "Virgile des insectes"), présent dans la Dixième série parue en 1907. Le naturaliste y fait preuve, comme àson habitude, d'un remarquable sens de l'observation et de la narration.

Dans ce passage, Jean-Henri Fabre évoque la disposition des pièces florales de la rose, ses cinq sépales étant irréguliers : deux sont munis de prolongements foliacés, deux sont totalement dépourvus d'appendices et le dernier est un mélange des deux modèles précédents.

Ce ne sont pas làdes accidents fortuits, variables d'une fleur àl'autre ; toutes les Roses présentent le même dispositif, toutes ont leurs sépales répartis en trois catégories de barbiches. C'est une règle fixe, conséquence d'une loi qui régit l'architecture florale, de même que l'art d'un Vitruve régit nos édifices. Cette loi, d'élégante simplicité, la botanique la formule ainsi : dans l'ordre quinaire, le plus important du monde végétal, la fleur échelonne les cinq pièces d'un verticille sur une spirale serrée, presque l'équivalent d'une circonférence ; et cet arrangement se fait de telle façon que deux tours de spire reçoivent la série des cinq pièces.

Et Jean-Henri Fabre de conclure ainsi, après une démonstration mathématique :

Ainsi s'explique l'énigme de la Rose. La disparité des cinq pièces calicinales, en apparence structure irrationnelle, capricieuse anomalie, est en réalité le corollaire d'une loi mathématique, l'affirmation d'une immanente algèbre. Le désordre part de l'ordre, l'irrégularité témoigne de la règle.

A méditer, et àrelire !!