La science, la cité

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Lecture hivernale : "Comment faire taire les grenouilles" de Christophe Recoura

L'an dernier à cette époque, je lisais un livre à mi-chemin entre le compte-rendu naturaliste et les miscellanées populaires. J'ai décidé d'approfondir cette veine avec Comment faire taire les grenouilles, un ouvrage courageux de Christophe Recoura paru aux petites éditions FYP. Pourquoi courageux ? Parce que republier des extraits d'encyclopédies naturalistes, illustré d'images rares servies par une belle photogravure et un beau papier, semble promis à un échec à la fois financier et intellectuel. Qu'est-ce que de vieux grimoires ont à nous apprendre sur les animaux aujourd'hui ?!

Ouvrir ce livre, c'est donc embarquer pour un voyage au pays des cabinets de curiosité, où connaissances savantes et contes populaires se mélangent allègrement. Christophe Recoura puise autant chez Albert le Grand (l'alchimiste) que Pline l'ancien (celui qui mourut près de Pompéi, en allant étudier l'éruption du Vésuve), mais aussi l'abbé Spallanzani (qui mit des culottes aux grenouilles) et Quatremère d'Isjnoval (qui fit d'excellentes prédictions météo en regardant les araignées tisser leur toile). Ces étranges savants sont aussi importants que les textes que Ch. Recoura a compilé pour nous, puisque comprendre les auteurs permet de comprendre les auteurs (et réciproquement) : nous sommes dans un monde où la connaissance n'est pas désincarnée mais se raconte.

Nous avons donc là un pot pourri de petites histoires, qui montre que le savoir a eu ses limites et qu'il en a toujours autant. L'auteur lui-même se trompe au moins une fois sur l'ornithorynque, quand il raconte que Wilhelm Haacke et William Caldwell ont découvert simultanément en août 1884 que l'ornithorynque pondait des œufs (comme on le lit un peu partout). En fait, Haacke (directeur du musée d'Adélaïde) avait découvert le premier œuf d'échidné. Comme il le raconte lui-même :

On the 3rd of August, 1884, a number of living specimens of Echidna hystrix were brought to Adelaide from Kangaroo Island, where they had been captured some days previously. I was unable to procure more of them than two, a male and a female, as the others had been disposed of before I heard of them. But those two afforded me the good fortune of making a discovery that, in our days, perhaps no naturalist would have expected to make. I found an egg in the mammary pouch of the female, and was thus enabled to prove that Echidna is really an oviparous mammal. This discovery was made on the 25th of August; it was announced, and the egg was exhibited at the meeting of the Royal Society of South Australia on the 2nd of September; the scientific society referred to being the first one on record, the members of which had an opportunity of examining an egg laid by one of the Monotremata.

Si l'époque des articles scientifiques qui se lisent comme des romans et des premières scientifique et naturalistes vous fascine (on montrait pour la première fois que les monotrèmes, des mammifères dont font partie l'échidné et l'ornithorynque, pondent des œufs : rendez-vous compte !), ce livre est fait pour vous. Vous saurez l'histoire de la découverte du magnétisme animal, du rhinocéros et du corail qui n'était pas une plante mais un animal… Et entre découvertes et pseudo-découvertes, votre esprit critique sera soumis à dure épreuve !

Nota bene : mon exemplaire m'a été offert par les éditions FYP lors du BookCampParis2 à la Cantine et je les en remercie.

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Passée la porte du laboratoire (2)

Lewis Wolpert écrivait en 1992 que le seul moyen de comprendre ce qu'est la science est sûrement de faire de la recherche[1], et on pourrait dire la même chose pour ce qui est de comprendre comment un chercheur voit le monde. Évidemment, c'est difficilement envisageable pour tout un chacun et nous voilà condamnés à projeter sur la figure du chercheur nos fantasmes les plus anciens : savant fou, professeur Nimbus etc.

Enfin, c'était vrai avant Nicholas Harberd. Ce biologiste des plantes renommé de l'Université d'Oxford a tenu un journal de bord durant l'année 2004, pour à la fois suivre le développement d'un plant sauvage d'Arabette des dames (cette plante-modèle que la plupart des biologistes ne connaissent qu'au laboratoire, j'ai nommé Arabidopsis thaliana) et nous offrir une tranche de sa vie et de ses réflexions de chercheur. Les objectifs qu'il avait en tête en commençant étaient ceux-là : montrer que l'esprit scientifique procède en sautant d'une chose à l'autre au lieu d'être platement logique et canalisé, étudier une petite plante et sa place dans le monde pour sortir sa science du laboratoire et la mettre à l'épreuve de la réalité. Puis après le mois de juillet, un autre objectif apparaît : tenter de fusionner les esprits, de partager avec le plus grand nombre la vision touffue, colorée et riche du monde que lui offrent ses yeux de chercheur.

Avec ce constat, cette frustration qu'il fait le 3 mars, après un résultat expérimental enthousiasmant :

Comment communiquer cet enthousiasme ? Les raisons qui les sous-tendent, le contexte, sont cruciaux. Pourtant il est difficile de dépeindre fidèlement la profondeur et la résonance du contexte, car la langue avec laquelle ce tableau est peint n'est pas commune. C'est le problème de la spécialisation. Elle nous divise. Nous sommes séparés en cellules individuelles qui parlent du monde dans des langues différentes. Et bien que nous luttons pour comprendre notre monde, nous échouons à en former une vision collective.

Le résultat, Seed to Seed, est un des plus beaux livres de science qu'il m'ait été offert de lire. Harberd montre que derrière la technicité du travail de chercheur et des expériences de laboratoire (dont son équipe se charge le plus souvent) il y a très souvent un style scientifique, un questionnement singulier. Lorsque Harberd commence son journal, son travail scientifique est presqu'au point mort et il patauge avec une série de problématiques qui semblent mener nulle part. Il lui manque une vision d'ensemble, un cadre permettant de comprendre ce que dit la famille de protéines DELLA qu'il étudie. La réponse viendra en deux temps : d'abord en prenant du recul par rapport à son sujet de recherche, en essayant de changer de perspective, de s'élever. Il va alors faire une hypothèse biologique contre-intuitive, selon laquelle la croissance de la plante est réprimée par défaut, l'hormone giberelline étant indispensable pour activer la cascade de réactions qui donnera à la plante sa taille normale. Puis en posant la question "pourquoi ?" plutôt que "comment ?", que les biologistes posent rarement et qui change radicalement son cadre de pensée, avec un succès qui se révèle à la fin du livre.

En nous montrant comment cette nouvelle façon de pensée lui vient, il évite l'imposition par en haut de phénomènes abstraits et nous les rend concrets. D'ailleurs, c'est parce qu'on a assisté à cette genèse que l'on est si touché à la fin du parcours. Sortis de leur contexte, les paragraphes qui expliquent que les DELLA servent d'interface entre le monde intérieur et le monde extérieur de la plante nous laisseraient de marbre. Harberd lui-même s'étonne que ce qui semble si simple, si clair, ait mis autant de temps à prendre forme dans son esprit — et on réalise notre chance d'avoir été témoins de ce processus laborieux, un cheminement de la pensée qui restera un événement unique dans l'histoire du monde. Par le truchement du journal de bord, c'est bien une vérité sans artifice qu'offre Harberd. Le développement de ses réflexions au cours du livre semble presque trop beau pour être vrai mais il faut faire confiance à son honnêteté. Et probablement que le fait même d'avoir tenu ce journal lui a permis d'accoucher plus facilement de ses pensées, et de les faire rentrer en l'espace d'une année.

Les imbrications entre les différents niveaux de lecture qu'il propose (la vie de la plante et de la campagne environnante, son travail de biologiste et ses réflexions sur l'activité du chercheur) forment le gros de l'intérêt du livre et ce va-et-vient lui permet des analogies qui tombent toujours juste. C'est ainsi par exemple qu'il contraste l'archipelisation des sciences (spécialisation à outrance) avec la communauté des cellules dans un organisme. Ou que l'observation de la forme changeante des nuages l'interroge sur le fait qu'on ignore la forme que prend la protéine GAI dans les cellules. Ou encore qu'une sensation nouvelle au bord de la mer lui fait dire que c'est cela la science : la perception de choses auparavant inconnues ou imperceptibles.

L. Wolpert avait bien théorisé à quel point la nature de la science n'est pas naturelle, mais contre-intuitive. Et il proposait que l'éducation aux sciences devrait reconnaître plus explicitement combien la pensée scientifique est différente du "sens commun". Avec Nicholas Harberd, on est en plein dedans, et c'est une belle réussite.

Notes

[1] L. Wolpert (1992), The unnatural nature of science, Londres: Faber and Faber

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Lecture hivernale : le "Bestiaire amazonien" de François Feer

Paru en octobre dernier chez Le Dilettante, le Bestiaire amazonien de François Feer est un livre inclassable, à  la fois roman (illustré), recueil poétique et monographie. Cette galerie de portraits animaliers mérite son nom de bestiaire amazonien, mais offre bien plus : l'auteur nous fait entendre le son du singe hurleur (ou alouate), sentir l'odeur alliacée du pian et le frôlement du fer de lance à  lunettes (une chauve-souris)… Son ton poétique et tendre l'éloigne d'une Encyclopédie du savoir relatif et absolu façon Bernard Werber et le rapproche d'un Conrad Gessner et son Historia animalium. L'auteur, incontestablement, possède une vraie voix :

L'alouate est un singe dit "hurleur" comme la mouette est rieuse et le canard laqué. Hurler est sa vocation, sa vocalise première, une seconde nature, un cri primal, un sacerdoce incontournable, une mission sacrée. Les hurleurs hurlent, les vaches ruminent, les poules pondent et les moines font du fromage, c'est comme ça et personne ne peut rien contre. (p. 22)

François Feer écrit avec verve et met les images au service des concepts. Il présente des savoirs zoologiques et éthologiques établis mais nous fait aussi toucher du doigts des discussions de biologiste plus profondes, mentionne Freud (l'inventeur de la psychanalyse) et Darwin (l'inventeur de l'évolution) dans la même phrase, accumule les références à  Claude Lévi-Strauss, Alexander von Humboldt et le comte de Buffon et se paye quelques institutions du monde scientifique :

Le nombril ne sert à rien, comme l'appendice, les dents de sagesse ou l'Académie des sciences. (p. 48)

Comme dans l'équipage d'un navire de commerce, une hiérarchie basée sur l'âge et l'expérience en mer s'établit naturellement [chez Homo sapiens explorans]. Les vieux loups de mer transmettent à  la jeune garde les récits de leurs exploits ainsi que la saga des ancêtres, ce dont bien sûr ils se foutent complètement. (p. 184)

A peine né, l'explorans fermente dans la matrice chaude et humide de la forêt ; il commence à échafauder des théories sur le pourquoi et le comment des choses. Il le fait avec d'autant plus d'aisance que les données restent rares et qu'il n'y a pas grand monde pour aller vérifier. (p. 187)

On sent le scientifique incongru, mélange entre Jean-Henri Fabre (pour la marginalité des sujets de recherche) et Boby Lapointe (pour le côté scientifique et poète). Chercheur au CNRS et Muséum national d'histoire naturelle, nul doute qu'il sort ici des sentiers arides de la publication académique pour se faire plaisir et retrouver cet émerveillement qui caractérise tout chercheur.

Tout est parfaitement exact (pour autant que j'aie pu en juger), hormis une erreur malencontreuse (dessin intelligent au lieu de dessein intelligent). Le lecteur peut donc enrichir ses connaissances sur la faune amazonienne, tout en s'offrant un bon plaisir de lecture rehaussé par les illustrations évocatrices de Dupuy-Berberian, auteurs de bande dessinée fêtés à Angoulême à la fin du mois et habitués des éditions "Le Dilettante".

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Lecture hivernale : Terry Pratchett

Les geeks, mais aussi les amateurs de romans humoristiques, connaissent bien les Annales du Disque-monde, la série de Terry Pratchett qui est best-seller au Royaume-Uni. Terry Pratchett n'a pas spécialement de formation scientfique (il a été publicitaire au début de sa carrière) mais les allusions scientifiques abondent dans ses livres, avec toujours une fraîcheur bienvenue. Exemple dans cet extrait de dialogue tiré du Dernier continent (p. 174 de l'édition Pocket) :

— Pardon ? Est-ce que j'ai bien compris ? Vous êtes un dieu de l'évolution ? fit Cogite.
— Euh… c'est mal ? s'inquiéta le dieu.
— Mais elle s'exerce depuis une éternité, monsieur !
— Ah bon ? Mais j'ai commencé il y a quelques années seulement ! Vous voulez dire que quelqu'un d'autre s'en occupe ?
— Je le crains, monsieur, fit Cogite. On élève des chiens pour la férocité, des chevaux pour la vitesse et… ben, même mon oncle fait des prodiges avec ses noix, monsieur…
— Et tout le monde sait qu'une rivière et un pont, ça s'croise aussi, ahaha, dit Ridculle.
— Ah oui ? fit sérieusement le dieu de l'évolution. J'aurais cru que ça ne donnerait rien d'autre que du bois tout mouillé. Oh la la.

Ridculle et Cogite, ces savants un peu maladroits, sont en fait des mages de l'Université de l'invisible, celle qui établit les règles de fonctionnement de l'étrange Disque-monde (quand elle ne les dérègle pas). Lesquelles lois, a pensé Pratchett, mériteraient un livre à  part. Il s'est alors rapproché des fameux scientifiques Ian Stewart et Jack Cohen pour écrire un livre original dans sa forme et son contenu, intitulé La Science du Disque-monde : un chapitre sur deux relate les aventures des mages de l'Université de l'invisible et leur tentative de créer un univers à  partir de rien, et un chapitre sur deux approfondit les pistes ainsi évoquées pour nous offrir une meilleure compréhension de l'univers qui est le nôtre.

J'ai mis ce livre sur ma liste de lecture en même temps que celui de Bill Bryson, et ce n'est pas pour rien : tous deux sont des sommes abordables sur l'état des connaissances, et de très bons vademecums de culture scientifique. Mais il y a des différences flagrantes (au-delà  de l'omniprésence du Disque-monde, qui risque d'ennuyer les novices de cette oeuvre littéraire) : là  où Bill Bryson raffole des petites histoires et des vies épicées des découvertes et scientifiques, Terry Pratchett et ses collaborateurs versent plus dans la philosophie... et l'humour anglais. Ainsi, les deux livres s'ouvrent sur l'origine de l'univers, le big bang et le reste. Mais quand Bill Bryson tente de décrire l'événement colossal que cela représente et la difficulté à  en saisir la substance (que signifie exactement un univers en expansion ? "Dans quoi" est-il en expansion ?), nos auteurs dissertent sur ce qu'est un commencement et si l'univers n'est pas un processus plutôt qu'une entité.

Quelques passages de La Science du Disque-monde m'ont spécialement marqué, comme l'excellente présentation du débat sur la nature du notre compréhension du monde (réalisme vs. idéalisme), cette définition de la science comme méthode qui ne cherche pas à  construire un ensemble de "faits" connus mais consiste à  poser des interrogations gênantes et à  les soumettre à  l'épreuve de la réalité, évitant ainsi la propension de l'homme à  croire ce qui lui fait du bien ou cette réflexion sur notre propension à  remarquer des coïncidences et à  y voir des signes là  où il n'y a que biais de "déclaration sélective". On trouve aussi quelques bonnes tranches de logique à  l'anglaise :

A première vue, tout oppose mages et scientifiques. Assurément, un groupe de gens bizarrement vêtus, vivant dans leur propre réalité, parlant un lagage spécialisé et dont les déclarations entre régulièrement en contradiction flagrante avec le bon sens n'a strictement rien à  voir avec un groupe de gens bizarrement vêtus, vivant dans leur propre réalité, parlant un langage spécialisé et… euh… (p. 11)

Parfois, la meilleure des réponses est une question plus intéressante encore. (p. 15)

On peut regretter par contre au moins une erreur ou imprécision (peut-être due à  la traduction), à  savoir l'utilisation de la notation °K pour le Kelvin (au lieu de K, comme l'explique bien Benjamin Bradu). Dommage aussi que les auteurs, 140 pages après s'être épanché sur le principe anthropique, écrivent (p. 483) : A de nombreux titres, il est stupéfiant que la vie terrestre ait résisté si longtemps à  tout ce que l'univers lui a lancé à  la figure.

Au final, le livre de Terry Pratchett et ses acolytes est un un outil pratique grâce à  son index et un plaisir de lecture qui ravira encore plus les initiés du Disque-monde (une population quand même relativement large, qui va de Tom Roud à  Pénélope Jolicoeur). Et un bon cadeau de Noà«l, même si le livre de Bill Bryson le surpasse selon moi…

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Mes lectures de sociologie des sciences

Je suis fasciné par les bibliothèques, je ne vous le cache pas. Alors j'aime cette idée de partager avec vous mes livres consacrés à  la science et les questionnements qui la concernent. Une sorte de témoignage personnel sur mes lectures mais également, je l'espère, un guide de lecture pour les plus novices. On commence avec les livres déjà  lus :

De droite à  gauche :

  • Les Dossiers de La Recherche, "Sciences à  risque", février-avril 2007, n° 26
  • Bruno Latour, L'espoir de Pandore, La Découverte, coll. "Poche", 2007 (1ère édition 1999)
  • Catherine Allamel-Raffin et Jean-Luc Gangloff, La raison et le réel, Ellipses, coll. "Champs philosophiques", 2007 ” un livre de philosophie par deux enseignants de mon Master
  • Bruno Latour, Nous n'avons jamais été modernes, La Découverte, coll. "Poche", 1997 [1991]
  • Bruno Latour, Le métier de chercheur, Inra éditions, coll. "Sciences en question", 2001 ” dont Fr. écrit : excellentissime, de loin son texte qui m'a le plus marqué
  • Bruno Latour, Pasteur : guerre et paix des microbes suivi de Irréductions, La Découverte, coll. "Poche", 2001 [1984]
  • Pascal Lapointe et Josée Nadia Drouin, Science, on blogue !, Editions Multimondes, 2007 ” le premier livre sur le sujet, incontournable
  • Michel Callon (dir.), La science et ses réseaux, La Découverte, coll. "Textes à  l'appui", 1988

  • Valérie Peugeot, Pouvoir savoir, C&F éditions, 2005 ” un livre que j'ai lu quand je m'intéressais à  la question des droits de propriété intellectuelle
  • Daniel Raichvarg, Sciences pour tous ?, Gallimard, coll. "Découvertes", 2005
  • Alan F. Chalmers, Qu'est-ce que la science ?, Le livre de poche, coll. "Biblio essais", 1987 [1976] ” un livre qui a reçu l'assentiment de Pablo : la meilleure présentation que je connaisse des théories épistémologiques
  • Terry Shinn et Pascal Ragouet, Controverses sur la science, Raisons d'agir, coll. "Cours et travaux", 2005 ” je le citais dans mon billet sur l'affaire Sokal
  • Nicolas Witkowski, Une histoire sentimentale des sciences, Editions du seuil, coll. "Points sciences", 2003 ” un très beau livre pour mettre la science en culture
  • Colin Ronan, Histoire mondiale des sciences, Editions du seuil, coll. "Points sciences", 1988 [1983] ” une référence classique mais utile
  • Bruno Latour, Petites leçons de sociologie des sciences, Editions du seuil, coll. "Points sciences", 1996 [1993] ” j'en offrais un extrait dans ce billet
  • Nelson Goodman, Manière de faire des mondes, Gallimard, coll. "Folio essais", 2006 [1978] ” une comparaison entre les approches de l'artiste et celles du scientifique, qui m'a tenu relativement en échec
  • Paolo Rossi, Aux origines de la science moderne, Editions du seuil, coll. "Points sciences", 2004 [1999] ” un excellent vademecum sur la naissance de la science moderne et ses institutions, pratiques

  • Jean-Paul Gaudillière, La médecine et les sciences, La Découverte, coll. "Repères", 2006 ” une synthèse indispensable par un des meilleurs chercheurs contemporains en histoire des sciences médicales
  • Dominique Pestre, Introduction aux Science Studies, La Découverte, coll. "Repères", 2006 ” une autre synthèse indispensable par un autre chercheur de référence
  • Giovanni Busino, Sociologie des sciences et des techniques, PUF, coll. "Que sais-je ?", 1998 ” un livre qui joue son rôle dans cette collection bien connue, ni plus ni moins
  • Emile Guyénot, L'origine des espèces, PUF, coll. "Que sais-je ?", 1961 ” une trouvaille de bouquiniste, assez vieillotte, qui a utilement complété ma lecture de Darwin
  • Joà£o Caraça, Science et communication, PUF, coll. "Que sais-je ?", 1999 ” un livre méconnu qui aborde des thématiques qui me sont chères, que j'ai cité abondamment dans ce billet
  • Harry Collins et Trevor Pinch, Tout ce que vous devriez savoir sur la science, Editions du seuil, coll. "Points sciences", 2001 [1993] ” un livre de deux fameux sociologues des sciences qui gagnerait à  être enseigné dans tous les lycées, que j'ai cité dans ce billet et qui m'a bien servi dans mon billet sur les preuves de la relativité
  • Jean-Marc Lévy Leblond, La pierre de touche, Gallimard, coll. "Folio essais", 1996 ” un autre livre qui m'est cher, par son érudition et sa diversité (c'est un recueil), dont je me suis servi pour ce court billet
  • Jà¼rgen Habermas, La technique et la science comme "idéologie", Gallimard, coll. "Tel", 2005 [1968] ” une recommandation de Fr., dont je n'aurai pas la prétention de dire que j'ai tout compris mais qui m'a fourni la matière à  un "Trouvez l'auteur"
  • Georges Lochak, Défense et illustration de la science, Ellipses, 2002 ” le livre d'un physicien vieille école qui m'a profondément énervé, même si cela ne se voit pas dans ce billet !
  • Jean-Marc Lévy-Leblond, La science en mal de culture, Futuribles, coll. "Perspectives", 2004 ” très cher pour pas beaucoup d'idées neuves
  • Pierre-Gilles de Gennes, Petit point, Le Pommier, 2002 ” un petit livre touchant sur le milieu de la recherche, dont j'ai fait l'éloge chez David Monniaux
  • Frédérique Marcillet, Recherche documentaire et apprentissage, ESF éditeur, coll. "Pratiques & enjeux pédagogiques", 2000 ” ce livre et les suivants m'ont servi pour mettre au point mon atelier sur la science dans la bibliothèque
  • L'Ecole des lettres des collèges, "Quel CDI voulez-vous ?", numéro spécial, 1996
  • L'Ecole des lettres des collèges, "Les textes documentaires au collège", n° 12, avril 1999
  • Isabelle Pailliart (dir.), La publicisation de la science, Presses universitaires de Grenoble, coll. "Communication, médias et sociétés", 2005 ” seule la contribution de Joà«lle Le Marec, que je citais dans ce billet sur la co-construction des savoirs, m'a vraiment marqué
  • Thomas Kuhn, La structure des révolutions scientifiques, Flammarion, coll. "Champs", 1983 [1962]

On reprend avec deux minces brochures :

  • François Briatte, "Un stigmate épistémologique. Le relativisme dans le strong programme de David Bloor" et "Entretien avec David Bloor", Tracés, n° 12, 2007 ” tiré à  part offert par l'auteur ;-)
  • Edgar Pisani, Ingénieurs, Hommes, Citoyens, discours de remise des diplômes des élèves de l'Institut national agronomique Paris-Grignon, 2005
  • Daniel Raichvarg, Louis Pasteur, l'empire des microbes, Gallimard, coll. "Découvertes", 2003 [1995]
  • René Dubos, Louis Pasteur, franc-tireur de la science, La Découverte, 1995 [1950]
  • Bruno Latour, Chroniques d'un amateur de sciences, Presses des Mines de Paris, coll. "Sciences sociales", 2006 ” voir mon compte-rendu de lecture
  • Alliage, "L'écrit de la science", n° 37-38, 1998
  • Francis Agostini (dir.), Science en bibliothèque, Editions du cercle de la librairie, coll. "Bibliothèques", 1994
  • Sciences de la société, "Sciences et écriture", n° 67, 2006
  • Genesis, "Ecriture scientifique", 2003
  • Cahiers pédagogiques, "Expérimenter", n° 409, 2002

Puis viennent les livres à  lire ou relire :

  • Bruno Latour, La science en action, Gallimard, coll. "Folio essais", 1995 [1987]
  • Jacques Bouveresse, Prodiges et vertiges de l'analogie, Raisons d'agir éditions, 1999
  • Alan Sokal et Jean Bricmont, Impostures intellectuelles, Le livre de poche, coll. "Biblio essais", 1997
  • Helen E. Longino, Science as social knowledge, Princeton University Press, 1990
  • Joseph E. Harmon et Alan G. Gross, The scientific literature, The University of Chicago Press, 2007
  • Dominique Lecourt, Dictionnaire d'histoire et philosophie des sciences, PUF, coll. "Quadrige", 2006 [1999]
  • Marianne Doury, Le débat immobile, Editions Kimé, 1997
  • Jean-Michel Berthelot, Figures du texte scientifique, PUF, coll. "Science, histoire et société", 2003
  • Luc Boltanski et Laurent Thévenot, De la justification, NRF, coll. "Essais"

  • Observatoire des sciences et des techniques, Les chiffres clés de la science et de la technologie, Economica, coll."Economie poche", 2003
  • Michel Cotte, De l'espionnage à  la veille , Presses universitaires de Franche-Comté, 2005
  • Jean-Michel Berthelot, Olivier Martin et Cécile Collinet, Savoirs et savants, PUF, coll. "Science, histoire et société", 2005
  • Bernadette Bensaude-Vincent, La science contre l'opinion, Les empêcheurs de penser en rond, 2003 [1999]
  • Jean-Pierre Astolfi et Michel Develay, La didactique des sciences, PUF, coll. "Que sais-je ?", 2005
  • Pierre Laszlo, La découverte scientifique, PUF, coll. "Que sais-je ?", 1999
  • Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes suivi de Discours sur les sciences et les arts, GF Flammarion, 1992
  • Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, GF Flammarion, 1996
  • Bruno Latour et Steve Woolgar, La vie de laboratoire, La Découverte, coll. "Poche", 1996 [1979]
  • Jean Fourastié, Les conditions de l'esprit scientifique, Gallimard, coll. "Idées NRF", 1966
  • Martine Comberousse, Histoire de l'information scientifique et technique, Armand Colin, coll. "128", 2005 [1999]
  • Michel de Pracontal, L'imposture scientifique en dix leçons, Editions du seuil, coll. "Points sciences", 2005 [1986]
  • Stephen Jay Gould, Darwin et les grandes énigmes de la vie, Editions du seuil, coll. "Points sciences", 1997 [1977]

Tous ces livres devraient être à  l'honneur lors du salon littéraire "Science et société" prévu les 15 et 16 novembre à  Sucy-en-Brie, même si les informations détaillées se font attendre…

Surtout, ce billet vient un peu refermer la porte de cette bibliothèque : après avoir soutenu mon Master de sociologie des sciences, je vais enfin pouvoir varier les lectures !

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