La science, la cité

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La crise COVID-19 vue par des économistes de l'innovation

Qu’est-ce qu’il a manqué comme investissements dans la R&D pour être mieux préparés à la pandémie en cours ? Est-ce que les énormes investissements actuels et la réorientation de certains pans de la recherche vers le COVID-19 est la plus efficace, et quels peuvent être ses effets pervers (notamment les querelles de brevets en cours) ? Que peut-on attendre de l’après-crise en termes de politiques de recherche, et d’adoption de certaines technologies numériques ?

Des économistes de l’innovation, chercheurs ou doctorants du College of Management of Technology de l’EPFL (Suisse), ont publié le 14 avril une étude de 33 pages riches de réflexions théoriques, de pronostics tendanciels, mais aussi d’exemples. Pour faciliter la diffusion de ces résultats, je vous en propose une synthèse en français sous forme de mindmap.

De mon côté, j’ai également publié quelques réflexions et un peu de veille sur l’innovation ouverte pour faire face au COVID-19.

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Top 9 des romans à teneur scientifique lus en 2019

J’ai lu très exactement 22 romans en 2019, deux de plus qu’en 2018 ! De tous ces romans, goût personnel oblige, un nombre non négligeable est à consonance scientifique. Voici une sélection personnelle de ceux dont je recommande la lecture (et, pour mémoire, les listes de 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018) :

N° 8 : Galatea 2.2 de Richard Powers, 1995

Mon premier Richard Powers, l’auteur dont les romans abondent de réflexions sur la science et que Bruno Latour et Daniel Dennett adorent, m’est malheureusement tombé des mains. Les ingrédients avaient tout pour me plaire : un écrivain en résidence dans une université, un chercheur qui développe une intelligence artificielle… mais le style très recherché en VO a eu raison de moi.

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N° 7 : Dracula de Bram Stoker, 1897

Ce roman ultra-classique met en scène plusieurs personnages qui luttent contre le comte Dracula. Parmi eux, le Dr Seward et le Pr. Van Helsing ont recours à un mélange entre le savoir traditionnel des chasseurs de vampires, et la méthode médicale basée sur la symptomatologie et le raisonnement déductif.

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N° 6 : Project Unison: Mirador de la Memoria d’Ewa Miendlarzewska, 2018

Ce livre m’a été recommandée par une collègue de l’auteure, laquelle est chercheuse en neurosciences à l’université de Genève. Dans le genre de la neuroscience-fiction, ce premier roman met la barre très haut avec de vrais morceaux de science (comment se fabrique un souvenir, comment donner une personnalité à une IA, quelles hormones influent sur notre comportement…), un catalogue très fourni de trouvailles technologiques (un robot compagnon domestique, une machine pour oublier, le projet Unison du titre qui relie plusieurs consciences et télécharge leurs souvenirs dans le cloud…), et une narration non linéaire. Non traduit en français.

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N° 5 : Pfitz d’Andrew Crumey, 1995

Un Prince cherche l’immortalité en inventant des villes imaginaires, qu’il fait cartographier au millimètre par une administration rigoureuse : Service de la Cartographie, Service Biographique, Service des Belles-lettres… L’occasion de quelques considérations sur le travail du cartographe, l’accomplissement d’un rêve impossible : rendre le monde sur le papier.

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N° 4 : La Tristesse des éléphants de Jodi Picoult, 2014

Serenity, Jenna, et Virgil sont lancés à la recherche d’Alice, une ethologue spécialiste du comportement de deuil des éléphants, et s’est enfuie sans laisser d’adresse. La narration alterne entre leurs différents points de vue et les chapitres vus par Alice sont extrêmement documentés, relatant la vie facinante des éléphants en Afrique et dans une réserve aux États-Unis. On n’a qu’une envie après avoir refermé le livre : passer plus de temps avec ces pachydermes et découvrir ce qu’ils ont à nous dire !

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N° 3 : Botaniste de Marc Jeanson et Charlotte Fauve, 2019

C’est le livre scientifique dont tout le monde a parlé cette année. En tête de gondole : Marc Jeanson, devenu à 32 ans le responsable des collections de l’herbier national au Muséum national d’Histoire Naturelle à Paris (et accessoirement membre de ma promo à l’Agro Paris). Avec l’ingénieure et journaliste Charlotte Fauve, il rend un hommage (richement illustré d’anecdotes d’histoire des sciences) à ses prédécesseurs illustres et défend le métier de botaniste, l’importance de conserver nos herbiers, et d’étudier la flore en même temps que l’Homme modifie son environnement.

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N° 2 : Histoire du lion Personne de Stéphane Audeguy, 2016

Ce court roman de 160 pages suit le périple du lion Personne, abandonné par sa mère dans la savane et récupéré par un jeune garçon sénégalais, jusqu’à la Ménagerie du Jardin des plantes. Histoire vraie ou inventée ? À vrai dire peu importe tant on se laisse porter par une langue riche et érudite, un texte “à hauteur d’animal”, et l’authenticité des savants Buffon ou Bernardin de Saint-Pierre tels qu’ils apparaissent dans le roman.

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N° 1 : Le Météorologue d’Olivier Rolin, 2014

Tombé par hasard sur l’histoire d’Alexeï Féodossiévitch Vangengheim, Olivier Rolin nous amène sur les pas de ce météorologue sacrifié par le régime stalinien et exécuté sur dénonciation calomnieuse. Avec celui qui représentait l’URSS à la Commission internationale sur les nuages, participait à des congrès pansoviétiques sur la formation des brouillards, avait créé en 1930 le Bureau du tempsle socialisme s’édifiait dans le ciel aussi. Un roman puissant et passionnant.

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Journalisme scientifique, #NoFakeScience et idéologie

Je ne me suis pas exprimé sur la tribune #NoFakeScience, laquelle réclame un meilleur traitement scientifique des faits journalistiques, car j’étais gêné par ce texte dont je devrais pourtant partager les objectifs. Après tout, moi aussi j’ai ouvert ce blog pour corriger des erreurs manifestes des médias (voir par exemple ce billet de 2006) ! Mais au fil du temps, en observant le comportement des signataires voire des auteurs de la tribune, mon malaise s’est accentué et j’ai pu commencer à mettre des mots dessus.

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Top 10 des romans à teneur scientifique lus en 2018

J’ai lu très exactement 20 romans en 2018, en baisse continue depuis 2015 ! De tous ces romans, goût personnel oblige, un nombre non négligeable est à consonance scientifique. Voici une sélection personnelle de ceux dont je recommande la lecture (et, pour mémoire, les listes de 2014, 2015, 2016 et 2017) :

N° 9 : ReVISIONS coordonné par Julie E. Czerneda et Isaac Szpindel, 2004

Et si la découverte du laser ou de la génétique était arrivée plus tôt dans l’Histoire ? Et si l’on ignorait tout de la domestication du chien ou de la structure du système solaire ? Et si les Sumériens avaient inventé l’imprimerie et les Américains avaient rendu Internet illégal ? Ce recueil montre que l’uchronie, puisque c’est de ce genre qu’il s’agit, se marie bien à l’histoire des sciences. Mon goût personnel m’a porté particulièrement vers les nouvelles mettant en scène Nikola Tesla, ou Dr. Joseph Bell et Arthur Conan Doyle.

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N° 8 : Lab Girl de Hope Jahren, 2016

Ce récit autobiographique d’une géobiologiste et géochimiste américaine, encensé par la critique, m’a laissé sur ma faim. Les anecdotes se succèdent à un rythme effréné, la vulgarisation est réduite à la portion congrue, et le tout manque de poésie ou d’une vision singulière de la science. Dans ce genre, Seed to Seed reste indépassable. J’ai néanmoins apprécié de découvrir ces disciplines très transverses qui mèlent analyses chimiques et isotopiques, histoire de la Terre et de son climat, étude du sol et du sous-sol, et biologie des organismes ; et l’auteure a le mérite de ne rien cacher de son début de carrière très chaotique, semé d’embûches mais pas de financements.

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N° 7 : Le Sommeil de la raison de Juan Miguel Aguilera, 2006

Les sorcières étaient considérées par l’historien Jules Michelet comme des précurseurs médiévales des scientifiques, mues par le désir de savoir et s’occupant des naissances, de la mort et de la sexualité : La sorcière a péri, devait périr. Comment ? Surtout par le progrès des sciences mômes qu’elle a commencées, par le médecin, par le naturaliste, pour qui elle avait travaillé. Dans ce roman situé en Europe en 1516, nous suivons un membre du clergé, le jeune roi Charles Quint, un jeune intellectuel proche d’Erasme — Juan Luis Vives — qui élabore le premier traité de psychologie, et une sorcière donc… Détonnant croisement de visions du monde au début de la Renaissance.

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N° 6 : L’Agonie du globe de Jacques Spitz, 1935

Ce roman d’anticipation, qui m’a été recommandé par Alexandre Moatti, met l’humanité face à sa perte : alors que la Terre se scinde en deux, tous les regards se tournent vers les scientifiques pour expliquer ce qui arrive et prévoir ce qui va arriver. Alors, un curieux mouvement se fit jour dans l’opinion des foules : elles firent grief aux hommes de science de leur impuissance, de même que le malade en veut au médecin qui ne peut le guérir. Était-ce la peine, se disait-on, d’entretenir à grands frais des Universités, des Laboratoires, des Facultés, pour n’en tirer que des parlotes sans efficacité ? Le ressentiment de l’homme moyen peut s’évaluer au détail suivant : lors d’une journée des laboratoires qui, selon la coutume, fut organisée en Angleterre au profit de l’Université de Cambridge, l’appel fait à la charité publique, au lieu des milliers de livres sterlings attendus, ne donna que des shillings. En France on disait péremptoirement : “Le monde n’a pas besoin de savants”.

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N° 5 : The Need for Better Regulation of Outer Space de Pippa Goldschmidt, 2015

Inédit en français, ce recueil de nouvelles alterne entre les grandes figures historiques (Oppenheimer, Einstein, Turing…) et des récits contemporains de laboratoire. Toujours poétiques, toujours inventives, les histoires de Goldschmidt (qui est docteure en astronomie et a reçu plusieurs bourses d’écriture dans des laboratoires de recherche) parviennent à faire toucher du doigt la nature du travail scientifique sans s’interdire la métaphore, la rêverie… qui donnent un supplément d’âme à ce recueil.

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N° 4 : Le Rêve de Galilée de Kim Stanley Robinson, 2009

Dans ce roman, le grand auteur de SF Robinson jongle entre récit historique et space opera. La deuxième partie m’a laissé assez froid, par contre le travail historique est remarquable pour comprendre le caractère de Galilée et ses démêlés avec l’Inquisition jusqu’à sa condamnation en 1633. Le tour de force de Robinson est, notamment, de citer de longs extraits des écrits de Galilée (qu’on lit rarement, avouons-le) ! Apparemment la traduction française est truffée de mauvaises interprétations physiques, comme moi préférez donc la version originale en anglais.

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N° 3 : The Sky’s Dark Labyrinth de Stuart Clark, 2011

Stuart Clark est docteur en astrophysique et un des auteurs les plus renommés sur ce sujet en Grande-Bretagne. Dans ce premier roman d’une trilogie, non traduite en français, il se mêle d’histoire des sciences pour nous conter en parallèle les combats menés par Johannes Kepler et Galileo Galilei pour comprendre les astres et sortir d’une interprétation fantaisiste (celle d’Aristote) ou religieuse (celle de la Bible) de la voûte céleste. Le résultat est très réussi, avec le même souci de véracité historique que chez Kim Stanley Robinson, mais sans sa fantaisie et avec deux personnages historiques au lieu d’un. Les deux tomes suivants de la trilogie s’intéressent à Isaac Newton et à Albert Einstein, un bon moyen de parcourir plusieurs siècles d’histoire de la physique !

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N° 2 : Samedi de Ian McEwan, 2005

Ian McEwan, habitué de ce classement, apparaît pour la troisième fois après Délire d’amour et Solaire. Ce roman met en scène un neurochirurgien réputé, qui devrait se tirer de situations compliquées au cours d’une seule et même journée. Encore une fois, l’auteur se documente le plus possible, en l’occurrence sur la technique chirurgicale et les concepts scientifiques. Extrait : il reste en partie dans son rôle de praticien capable de diagnostiquer un manque de maîtrise de soi, une émotivité excessive, un tempérament explosif sans doute dû à un taux insuffisant de GABA sur les récepteurs spécifiques de certains neurones. D’où, certainement, une incidence négative sur la présence de deux enzyme dans le corps strié et le pallidum latéral — l’acide glutamique décarboxylase et l’acétylcholine. Pour une large part, les rapports humains se jouent au niveau moléculaire.

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N° 1 : Le Traquet kurde de Jean Rolin, 2018

Le Traquet kurde nous entraîne dans une exploration ornithologique, à la recherche de l’oiseau du même nom. De la Turquie au Banc d’Arguin en passant par le Puy de Dôme et la Jordanie, le lecteur découvre tout l’exotisme de ces observations documentées, le scandale de quelques voleurs et faussaires notoires, et le folklore des revues et ouvrages spécialisés. En voici un extrait significatif : Dans le compte-rendu de ce séjour, s’étendant sur les mois de mars, avril, mai et juin 1959, qu’à son retour il publie dans la revue Alauda (et dans lequel plusieurs notes, relatives par exemple à la reproduction du goéland railleur dans le golfe Persique, renvoient au chef-d’œuvre de Mainertzhagen, Birds of Arabia), le père de Naurois, malheureusement, se conformant aux usages des revues scientifiques, ne dit rien de ses conditions matérielles d’existence – que mangeait-il, où dormait-il, comment disait-il la messe, car il est certain qu’il la disait, dans cet environnement –, même s’il mentionne une “vedette”, sans doute mise à sa disposition par l’administration, qui dut faire office de camp de base pendant la durée de l’expédition.

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Top 7 des romans à teneur scientifique lus en 2017

J’ai lu très exactement 27 romans en 2017, en baisse continue depuis 2015 ! De tous ces romans, goût personnel oblige, un nombre non négligeable est à consonance scientifique. Voici une sélection personnelle de ceux dont je recommande la lecture (et, pour mémoire, les listes de 2014, 2015 et 2016) :

N° 7 : Some of us glow more than others de Tania Hershman, 2017

En 140 pages, ce recueil livre 41 histoire courtes souvent empreintes de science. Je retiens notamment Switchgirls raconté du point de vue des rats de laboratoire ; The Plan or You Must Remember This qui décrit en quelques chapitres antéchronologiques une expérience sur cobaye humain, de son terme à son début ; The Party où des biochimistes sont l’attraction d’une soirée réunissant des physiciens, mathématiciens… et même un prix Nobel ; et There is No-One In the Lab Tonight But Mice qui décrit avec ironie une grève surprise des chercheurs du monde entier, pendant un an : A simpler time, we said, who needs constant novelty? Besides, we wrote, who really undrstood what the scientists were doing anyway? We couldn’t read their journal articles, their reports. We’re better off like this, we said cheerfully.

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N° 6 : Les Veilleurs de Connie Willis, 2015

Cette anthologie d’une auteure que j’ai déjà cité sur ce blog nous emmène dans une science-fiction simple, loin des vaisseaux spatiaux et des civilisations post-apocalyptiques. Deux nouvelles en particulier méritent de figurer dans ce classement : “Au Rialto” raconte un congrès de physique quantique complètement loufoque, où les choses ne sont pas ce qu’elles semblent. Effet du principe d’incertitude, du paradoxe EPR ?… “Infiltration” est un texte zététique qui s’amuse à démasquer les spirites et autres médiums, dans un hommage appuyé à H. L. Mencken (le fameux “procès du singe” est même mentionné).

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N° 5 : Intrusion de Ken MacLeod, 2012 (non traduit en français)

Dans un futur proche, la biologie de synthèse fournit des améliorations pour la santé et l’environnement… que la surveillance généralisée et la pression sociale (“transparence”) a rendues obligatoire. Que devient la liberté individuelle, du libre arbitre ? L’intrigue tourne autour d’un médicament à prendre, ou pas, pendant la grossesse pour modifier le génome du fœtus et éviter les tares, les maladies infantiles… En prime, un des personnages mène une thèse en sociologie des sciences intitulée “Convergent agent-constitutive discursive practices in emergent technological networks: the case of a dry-lab synthetic biology team”. L’auteur ironise même quelque peu sur cette discipline

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N° 4 : L’Homme qui mit fin à l’histoire de Ken Liu, 2011

Un couple de chercheurs, lui historien, elle physicienne, invente un moyen emprunté à la physique quantique des particules pour retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée, pour une seule et unique personne, et sans aucune possibilité pour l’observateur d’interférer avec l’objet de son observation… Première destination : les exactions perpétrées par l’unité 731 de l’armée japonaise dans la Mandchourie occupée. (À noter que la nouvelle peut être lue gratuitement en anglais sur le site de l’auteur.)

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N° 3 : Jamais avant le coucher du soleil de Johanna Sinisalo, 2000

Finlande. Ange rentre d’une soirée où il a un peu bu, aperçoit une bande de jeunes qui malmène un enfant petit, mince, et pelotonné dans une posture étrange, comme totalement désarticulé : un troll d’un an, dix huit mois tout au plus. Ange va le recueillir chez lui, et apprendre à l’apprivoiser. Entremêlé d’extraits de contes et légendes, d’ouvrages zoologiques et de faits divers tirés de la presse, ce roman nous émeut, nous fait réfléchir, et nous secoue les tripes quand les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu !

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N° 2 : La recherche de l’Absolu d’Honoré de Balzac, 1834

Un riche Flamand se prend de passion pour la chimie : Balthazar se passionna pour la science que cultivait Lavoisier et devint son plus ardent disciple. Pour découvrir le secret de l’Absolu, c’est-à-dire l’unité de la matière, il va ruiner et mettre à l’épreuve sa famille : Je le vois, la science est plus puissante en toi que toi-même, et son vol t’a emporté trop haut pour que tu redescendes jamais à être le compagnon d’une pauvre. Une vision balzacienne de l’hubris du scientifique, abandonnant la vie domestique pour une quête démesurée. Selon Jacques Bergier, Balzac se passionnait pour les merveilles de la chimie et on retrouve dans ce roman des échos de Frankenstein.

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N° 1 : Le Roman du mariage de Jeffrey Eugenides, 2011

Ce roman met en scène un trio d’étudiants en études littéraires, en théologie et en biologie. Du coup, l’auteur de Virgin Suicides nous offre des scènes très réalistes en labo de recherche, avec le coup de théâtre d’un Prix Nobel attribué à un personnage inspiré par Barbara McClintock : Depuis trente-cinq ans, elle inspectait son maïs avec une patience mendélienne, sans que personne ne l’encourage ni ne lui donne son avis sur son travail. Elle se contentait de venir travailler chaque matin, guidée par son processus de découverte, oubliée du monde et s’en moquant. Et aujourd’hui, brusquement, la consécration : le Nobel, la justification d’une vie de travail. Elle avait l’air heureuse mais on voyait que ce n’était pas après ça qu’elle courait.

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